Wiki Guy de Rambaud
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                                               Teresa Cabarrús 

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École française du XIXe - Portrait de Teresa Cabarrús, Princesse de Chimay.

La fille du comte-ministre Francisco Cabarrús, Teresa Cabarrús est plus connue du grand public que lui.

Francisco Cabarrús, ministre et comte espagnol, fondateur de la Banque San Carlos.

Portrait de Teresa Cabarrús(1773 - 1835) jeune par Jean-Baptiste Isabey, dont elle est un temps l'élève.

La Tallien, la Terreur à Bordeaux.

Thérésia / Robespierre – la femme qui tua la terreur.

Les Trois Grâces, par Antonio Canova : Teresa Cabarrùs et ses amies Joséphine de Beauharnais, Juliette Récamier.

Son mari, le Prince François-Joseph-Philippe de Riquet de Caraman.

Marie-Thérèse de Cabarrus, à l'âge de 23 ans. Fille du Docteur Tallien de Cabarrus et une de ses cousines Lesseps, petite-fille de Teresa de Cabarrus et Ouvrard.

Teresa (ou Thérésia) Cabarrús (Juana María Ignacia Teresa Cabarrús y Galambert), Madame Tallien, surnommée Notre-Dame de Bon Secours, l'ange de Bordeaux, L'Ange de la Terreur ou Notre-Dame de Thermidor, Notre-Dame de Septembre, la reine du Directoire, la Bonne Dame de Chimay, la mère des pauvres... est Marquise de Fontenay, comtesse puis Princesse de Chimay. Elle est née le 31 juillet 1773, officiellement au palace de San Pedro, à Carabanchel Alto, près de Madrid, dans la réalité à l'ambassade de France à Madrid[1]. Elle est baptisée à San Pedro Apóstol de Carabanchel et morte le 15 janvier 1835 au château de Chimay, dans la province de Hainaut. Teresa Cabarrús repose avec le Prince à Chimay dans la sacristie de l'église. Bien qu'elle soit connue sous le nom de Thérésia, ses vrais prénoms de baptême révèlent son origine : Juana María Ignacia Teresa. L'Espagne a tellement donné à sa famille qui est aussi la mienne que j'ai préféré lui conserver son vrai prénom de baptême.


On trouve dans Histoire et navigation à Bordeaux un Algydisa Caberutz (Cabarrús), ancêtre baleinier, qui découvre, vers 1392, Cap-Breton au Canada. La famille Cabarrús est originaire de la Navarre espagnole et vient au début du XVIIe siècle se fixer à Capbreton. Par son dynamisme dans le commerce elle acquiert une grande fortune. Teresa (ou Thérésia) Cabarrus est la fille du financier Francisco Cabarrús, né à Bayonne le 15 octobre 1752, mort à Séville le 17 août 1810. Il est à l'origine d'une expérience réussie : le papier monnaie (1779). Il fonde et dirige la banque San Carlos (ancêtre de la Banque centrale espagnole), en 1782. Il est ministre des Finances de deux rois espagnols et de l'usurpateur Joseph Bonaparte. Il est fait en 1789 à la fois vicomte de Rabouilhet (en Languedoc et pas Rambouillet) par Louis XVI et comte par le roi Charles IV d'Espagne. Une grande partie de sa famille vit en Espagne et sont merveilleusement bien intégrés à une frange de l’aristocratie espagnole libérale. Les Cabarrús sont des parents proches à la fois des Lesseps, des Dubernad, de la future impératrice Eugénie de Montijo... Son entourage est aussi impliqué dans les affaires du monde[2].

Sa mère, Maria Antonia Galabert y Casanova est la fille d'un industriel et négociant languedocien établi à Valencia et d'une Espagnole.

Élevée en Espagne, par une nourrice, jusqu’à l’âge de trois ans, Teresa Cabarrús est ramenée par son grand-père maternel à Carabanchel. Elle ne reste que deux ans au milieu de sa famille. Elle est élevée par des religieuses en France de 1778 à 1783, d’où peut-être son hostilité aux ecclésiastiques. À l’âge de 10 ans, elle se retrouve dans la pension fondée par Mme Leprince de Beaumont qui fait des jeunes filles des familles fortunées des dames de société et de salons.

En 1785, Francisco Cabarrús envoie à Paris toute sa famille. Vivant dans des hôtels particuliers elle est l'élève d’Elisabeth Vigée-Lebrun (~1785/86), et Jean-Baptiste Isabey. Elle apprend à jouer de la harpe, chanter, danser...

Son père alterne les voyages entre Madrid et Paris et réalise d’excellentes opérations financières dans un contexte où la France comme l’Espagne sont très largement endettés. Il profite d’ailleurs de sa présence à Paris pendant 6 mois pour renforcer sa position par un beau mariage de sa fille Teresa, avec des milieux suffisamment proches de la finance pour que le placement des titres de sa banque et ses sociétés soient favorisés[3]. Le candidat retenu est issu d’une famille appartenant à la meilleure magistrature et à la haute bourgeoisie de Paris, fils du président de la chambre des comptes de Paris, secrétaire du roi de 1754 1768, ne veut du contrôleur général des finances Laverdy et cousin germain du financier du Molay. Il s’agit donc de Jean Jacques Devin de Fontenay dont les parents sont issus d’une dynastie de financiers anoblis par la robe. Le contrat est signé en 1788, et la dot de la future mariée est fixée à 500.000 livres, avec plusieurs maisons sur les Champs-Élysées. Difficile d’imaginer de plus heureux auspices[4].

Mais Teresa Cabarrús est mariée à 14 ans et se rend compte que son mari, le marquis Devin de Fontenay, est un un financier dépravé. Elle s'affilie à la loge maçonnique huppée Olympique (1789). La plupart des membres de sa famille sont des francs-maçons (Vénérables, Député, Orateurs...). Comme elle est partisane active des idées nouvelles, elle devient membre du Club 1789[5]. Elle donne une fête en son château de Fontenay-aux-Roses pour honorer Rousseau et participe à la fête de la Fédération.

En 1793, elle doit néanmoins se réfugier à Bordeaux quand les Montagnards instaurent la Terreur. Son mari l'abandonne et elle n'arrive pas à passer en Espagne. Thérèse Charles-Vallin s’interroge à ce sujet d’un épisode datant de 1793, lorsque la jeune femme part s’exiler pour Bordeaux. Elle voyage avec un jeune garçon au sujet duquel des spécialistes se sont interrogés : s'agit-il de Louis XVII, le fils du roi décapité en début d’année ?[6].

Comme sa famille, et ses amis Girondins, elle est arrêtée. Libérée par Tallien, le représentant de la Convention dans la ville, son futur éphémère mari, elle use de de son charme auprès de lui pour sauver de la guillotine de nombreux Bordelais, d’où son surnom de Notre-Dame de Bon Secours.

Lors de la fête en l'honneur de la reprise de Toulon (le 19 décembre 1793), à Bordeaux, elle fait un discours important sur lequel Maïté Bouyssy écrit dans Thérésia Cabarrus, de l’instruction des filles et de la Révolution (Annales historiques de la Révolution française) :

Thérésia Cabarrus (1773–1835), a suscité un ensemble de textes et d’images propres à rendre inintelligible son rôle, et même ce qu’elle a dit ou signé en nom propre. Épouse d’un marquis d’assez fraîche date et fille d’un banquier espagnol comte de plus fraîche date encore (1789), compagne de Tallien venu contrôler Bordeaux au nom de la politique du Comité de Salut public, puis maîtresse du banquier Ouvrard et merveilleuse en vue avant de finir princesse de Chimay, elle incarne « la femme manquante », celle qui se situe précisément au cœur de configurations de pouvoir. De là à discuter sa production du texte sur l’éducation de l’enfance qu’elle aurait prononcé (ou pas) lors de la fête pour la reprise de Toulon en l’église Notre-Dame de Bordeaux, puis à quasiment ignorer sa pétition de l’an II en faveur de la participation civique des jeunes filles à l’assistance dans les hôpitaux. Les mécanismes de cette historiographie faite de plaidoyers contradictoires et d’occultations diverses méritent constat puis analyse. Rigoristes ou fascinés, tous, universitaires et publicistes laissent tout entrevoir, sauf une autonomie de femme constamment sur la brèche, toujours proche de la banque, socialement adaptée aux jeux de pouvoirs, mais forte de sa liberté d’interprétation quand elle s’implique dans les débats en cours[7].

En juillet 1794, soupçonné de mollesse, Tallien est convoqué à Paris et Teresa est arrêtée. Alors qu’elle va être guillotinée, elle exhorte son amant à agir, elle le traite de lâche. Il se décide alors à entrer dans une conspiration qui se dessine contre Robespierre et, le 9 Thermidor, il prend une part décisive à l’Assemblée dans l’affrontement qui fait tomber le grand révolutionnaire. Teresa devient alors Notre-Dame de Thermidor. Teresa est une femme d'esprit qui joue un rôle politique non négligeable avant et après Thermidor. Le Premier ministre Pitt le jeune s'enthousiame pour elle :

Cette femme serait capable de fermer les portes de l'enfer[8].

C'est la fin du régime de la Terreur. La réaction thermidorienne redonne aux femmes la même place qu’au XVIIIe siècle. Avec leurs salons elles font le lien entre les anciennes élites de la noblesse et celles nées de la Révolution, au coeur de la vie politique, intellectuelle et mondaine. Cette femme d'esprit, amie de nombres artistes devient une sorte de reine des Merveilleuses et du Directoire, avec Joséphine de Beauharnais, Fortunée Hamelin et Juliette Récamier. Après avoir refusé les avances de Bonaparte, vécu et eu des enfants avec Barras et Ouvrard, elle est chassée de la cour par l'Empreur.

Teresa Cabarrús rencontre dans les salons de sa grande amie Madame de Staël, opposante à Napoléon, François-Joseph Philippe Riquet de Caraman-Chimay, comte de Caraman, 16e Prince de Chimay (1771 - 1843). Ils se marient en 1805 et pendant 30 ans Teresa va être une épouse très fidèle et une excellente mère de famille nombreuse. Elle vit dans ses châteaux au milieu d'un cercle restreint de vrais amis et de parents. Le Prince toutefois est Grand-Chambellan de la Cour de Hollande (1816). Donc Les visiteurs à la belle saison se pressent pour venir saluer Notre Dame de Chimay, dont les plus grands artistes. Teresa continue aussi à aider les victimes de toutes les injustices. Françoise Gaudelet d'Armenonville, épouse de Georges de Rambaud, devenue l'une des premières libraires femme, demeure un temps dans le château de Fontenay-aux-Roses appartenant à son illustre cousine.

Caraman est un excellent musicien et artiste, ex professeur de violon pour survivre en exil pendant la Révolution. Il fonde en 1823 le Conservatoire de Musique de Bruxelles, met en scène l'opéra Jean de Chimay, où il participe au chant avec sa femme, qui est aussi musicienne et très bonne danseuse.


Teresa (ou Thérésia) Cabarrús a une grande et belle descendance pas seulement avec le Prince de Chimay. Le portrait de l'une de ses petites-filles, Marie-Thérèse de Cabarrus, n'est pas le sien, comme il est écrit sur bien des sites.

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Teresa Cabarrús du temps du Directoire.

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Sommaire

SA FAMILLE[]

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Teresa Cabarrús est d'une famille de grands navigateurs, d'habiles négociants, financiers et diplomates. Ses parents sont à la fois Français et Espagnols.

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SES ANCÊTRES[]

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Blason des Cabarrús.

Un capitaine de navire nommé Gabarrus (prononciation de Cabarrus en basque), Algydisa Gaberutz, découvre vers 1392, Cap Breton au Canada. Sur la gravure la baie Cabarrus au Canada.

Jehan Cabarrus est capitaine chargé d'entraîner les gardes gramontoises (le duc de Gramont au XVIIe siècle.

Sa soeur, Catherine Martine, est mariée à un Haraneder de Saint-Jean-de-Luz, propriétaire de la Maison dite de l'Infante.

Son cousin, Mathieu de Lesseps, est diplomate et négociant en Espagne. Au niveau d'Eugénie de Montijo elle est donc parente proche des Cabarrus et des Lesseps.

Son cousin germain Stephen Cabarrus est très célèbre aux USA.

Son grand-père, Dominique-Eugène Cabarrús (1716 - 1799), est écuyer, bourgeois, négociant, banquier, corsaire aux Antilles et en Amérique du Nord, armateur avec son frère (dont traite négrière, dit commerce triangulaire). Il est chevalier (mai 1759), Échevin de Bayonne, Conseil de la Bourse, Président de la Chambre de Commerce. Vice-consul d'Espagne à Bordeaux, il figure comme tel dans l'Almanach Royal de 1766 et reçoit des lettres de noblesse et règlement d'armoiries en 1789[9]. Il est négociant, mais le négoce avec l'outre-mer ne déroge point[10][11]. Ce riche négociant et savant est un défenseur de la doctrine des solitaires de Port-Royal. Il est le fondateur des loges maçonniques La Zélée de Bayonne et Amitié à l'Orient de Bayonne. Pendant la Terreur, il est arrêté comme Girondin et détenu à Tarbes (du 12 octobre 1793 au 04 octobre 1794), et sa famille assignée à résidence.

Dominant le commerce mondial de la laine, mais ne négligeant en rien d’autres opérations, la maison de la famille de sa grand-mère, une Lalanne, est l’une des premières familles de la ville de Bayonne.

François Cabarrús, son père, a un frère et deux sœurs :

¤ Pierre Étienne (1753 - 1819), comte de Cabarrús, banquier à Bordeaux, négociant et consul de la bourse de Bordeaux, Directeur de la Chambre de commerce de Bayonne, Conseiller-Général des Basses-Pyrénées, propriétaire à Capbreton.


¤ Jeanne, dont le fils est le négociant et homme politique français François Faurie.


¤ Catherine Martine, mariée à un Haraneder, de Saint-Jean-de-Luz, propriétaire de la Maison dite de l'Infante. C'est la demeure d'Anne d'Autriche (1601 - 1666), où l'Infante Marie-Thérèse loge quelques nuits. Le nom initial de la maison est Joanoenia, c'est-à-dire la maison de Jeannot de Haraneder[12], d'une famille d'armateurs enrichis au XVIIe siècle, anoblie au XVIIIe.


Son cousin germain Stephen Cabarrus est un franc-maçon très célèbre aux USA. Il est président de la Chambre des communes de Caroline du Nord et administrateur de l'Université de Caroline du Nord.


Les Fourcade, les Dubernad, les Lesseps et les Cabarrús, sans oublier les familles qui leur sont alliées vont tous se retrouver en Espagne à la tête d’importantes sociétés de négoces et diplomates[13][14].


On trouve dans Histoire et navigation à Bordeaux un Algydisa Caberutz (Cabarrús), ancêtre des baleiniers, qui découvre, vers 1392, Cap-Breton au Canada. La famille Cabarrús est originaire de Caparroso, dans la Navarre espagnole[15], et vient, à la fin du XVIe siècle, se fixer à Capbreton, puis à Bordeaux, car les bourgeois de Bayonne ne paient pas de droit sur les marchandises qui entrent dans le port[16]. Le port franc de Bayonne devient l'entrepôt général du commerce entre la France & l'Espagne. Puis la ville connaît un grand déclin économique[17].

Le blason des Cabarrús est : De gueules, au chevron d'or, accompagné. de 2 étoiles d'argent, en chef, et d'une ancre de même en pointe (Navarre, Languedoc, Guyenne, Espagne)[18].


¤ Jehan Cabarrús est capitaine chargé d'entraîner les gardes gramontoises casernées au Château-Vieux à Bayonne (réside au lieu-dit Tosse à Bayonne), en 1616. Il est mort à Bayonne en 1618.


¤ Bertrand Cabarrús (ca 1610 - 1673), bourgeois et marchand au Capbreton en 1649, est disparu en mer en 1673[19].


¤ Bertrand II Cabarrús (1638 - 1714) est armateur, capitaine de navire, 1er Jurat de Capbreton (cité dans un combat contre les Hollandais en 1680 sur la frégate L’Amazone qu’il commande), célèbre corsaire[20].


¤ Barthélémy Cabarrús (1681 - 1733) est marchand, bourgeois, armateur, capitaine de navire, commande le Jésus-Marie-Joseph en 1703, puis La Concorde de Bayonne, un navire de traite armé le 14/02/1709, puis le Français en 1713, le Charles (1723), la Vierge de Grâce (dès 1725, 150 tonneaux, 18 hommes d’équipage, pour 1/4 du capital, mais dont il finit en 1733 propriétaire), corsaire du Roi. Une baie et un cap sont baptisés en 1720 du nom de Cabarrús, dans l’Île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, au Canada, à l’embouchure du Saint-Laurent (depuis Gabarus). Il se marie le 4 mai 1707 à Bayonne avec Marie de Fourcade (1689 - 1772), dont une des sœurs est l'ancêtre des Lesseps et l'autre de Joseph Dubernad et de ma famille .


Voir article détaillé : Les liens entre les familles Dubernad, Fourcade, Cabarrús, Lesseps...

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Vue générale de Caparroso, en Navarre espagnole, dont sont originaires les Cabarrús.


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SES PARENTS[]

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Francisco Cabarrús peint par son ami et client Goya.

Le ministre des finances Musquez. Son décès en 1785 et la mort du roi Carlos IV, en 1788, font que cette période est un tournant dans la vie de Cabarrúsref>Regureiro Ovidio Garcia, Francisco de Cabarrús, Un personaje y su epoca, Madrid : Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.</ref>.

Portrait de Francisco Cabarrús, vicomte de Rabouillet et 1er comte de Cabarrús.

Action del Banco de Saque de San Carlos.

Le canal Cabarrús.

Maria Antonia Galabert Casanova, mère de Teresa Cabarrús.

François Cabarrús ou Francisco Cabarrús, comte de Cabarrús (1789) et vicomte de Rabouillet (1789), est né à Bayonne le 15 octobre 1752, mort à Séville le 17 août 1810. Son corps est déposé au Panthéon de Séville, sur ordre du Roi[21], puis jeté dans une fosse commune dans l'église de Sainte-Marie.

Descendant d’une famille de négociants avec l’outre-mer et de marins du Pays basque, Francisco Cabarrús est envoyé à Saragosse en 1771, fort du soutien de la loge maçonnique à laquelle appartient son père[22]. Il est formé au commerce en Espagne, chez son futur beau-père, Dominique Antoine Galabert, à Valence. Il dirige un temps la savonnerie de l’aïeul de la fille de son patron devenue son épouse à Carabanchel (1772 - 1779), mais il crée rapidement ses propres maisons[23].

Francisco Cabarrús est membre de la Grande Loge Indépendante d'Espagne. Il devient vite un financier et économiste célèbre. Le ministre des finances Musquez le remarque, et le consulte sur les moyens de rétablir le crédit de l'état, extrêmement obéré alors par la guerre de l'indépendance des Américains et la privation des ressources du Mexique. Cabarrús devient le principal conseiller du roi Charles III d'Espagne pour les questions économiques, selon Richard Herr et il sait employer l'or et l'argent des Amériques[24]. Il est le fondateur de la banque San Carlos, ancêtre de la banque centrale espagnole. François Cabarrus prête au Roi d’Espagne et réussit à créer le premier papier-monnaie. Il contribue à la création de la Compagnie des Philippines (1785). Un îlot des Philippines est baptisé Cabarrús.

Naturalisé espagnol (1781), Francisco Cabarrús est accusé par Mirabeau d’agiotage et dénoncé à l'Inquisition, puis arrêté (juin 1790) et incarcéré à La Corogne (24 septembre 1790), en grande partie du fait de ses origines françaises. Après 1789, les ilustrados (hommes des lumières) sont écartés des postes de responsabilité, voire emprisonnés ou se renient. Il n’est libéré que grâce à Godoy, en 1792. Il est Ministre plénipotentiaire, en 1797, au Congrès de Rastatt, Ministre des Finances du Roi Fernando VII. Cabarrús est fait comte, Grand d’Espagne, vizconde de Rambouillet et Gentilhomme de la Chambre par le roi d’Espagne Carlos IV.

Joseph Bonaparte, devenu Roi d'Espagne (1808), en fait son ministre des finances, fonction qu’il occupe jusqu'à sa mort[25]. Francisco Cabarrús est aussi ambassadeur du Roi d’Espagne en France, ministre à La Haye.

Cabarrús tient une place au premier rang parmi les Espagnols du siècle des Lumières, du fait de son caractère volontaire, de ses immenses capacités de travail, de la variété de ses centres d’intérêts intellectuels, de sa volonté de changer la société, et pour ses écrits[26]. Jean Sarrailh le cite parmi les hommes illustres espagnols de cette fin de XVIIIe siècle avec les conseillers du roi : Campomanes, Floridablanca et Aranda ; les écrivains : Cadalso, Meléndez Valdés, Jovellanos ; les savants comme Cavanilles ; et les économistes comme Capmany, Asso et Olavide[27]. Le grand hispaniste, le décrit comme le meilleur économiste de son temps et un Rousseau espagnol[28][29].

Francisco Cabarrús laisse aux Espagnols le souvenir d'un homme avec beaucoup d'esprit, doué pour les affaires et travailleur infatigable. Cependant ils lui reprochent de n'avoir pas le jugement solide ni le caractère nécessaire pour mener les affaires dans des conjonctures difficiles.

Connaissant bien les finances d'Espagne qu'il aurait probablement conduites avec habileté sous l'ancienne monarchie, il est incapable de les faire marcher dans le bouleversement qui suivait la conquête. Il ne sait pas se dégager des liens de l'ancienne routine dans laquelle il s’est élevé, et n'a étudié, ni apprécié le système de la France qu'on veut et qu'on introduit en Espagne. C'est particulièrement à ce défaut qu'il faut attribuer les erreurs dans lesquelles il tombe depuis le moment de son entrée au ministère[30].

Gaspar Melchor de Jovellanos écrit :

C'est un homme exceptionnel, chez lui les talents rivalisent avec les faiblesses et les qualités les plus nobles avec les vices les plus extraordinaires.

Ses Cartas sobre la felicilad publica, adressées à Jovellanos, sont publiées après sa mort (1813) et plusieurs fois réimprimées. Mais François de Cabarrús (1752 - 1810) écrit aussi à Jovellanos d'autres lettres. Ses autres Cartas sont éditées et rééditées de nos jours.

Pour Pedro Tedde de Lorca, le personnage illustre une position intermédiaire entre le monde financier ancien et le capitalisme moderne naissant[31].


En raison de son soutien à Joseph Bonaparte, juste avant son décès, Francisco Cabarrús est considéré comme un afrancesado. On prétend même que ses restes sont enlevés de sa tombe dans la cathédrale de Séville et jetés dans le Guadalquivir. D’après le comte de Melito, en réalité son corps est déposé dans l'église de Sainte-Marie.


Article détaillé : Francisco Cabarrús


Francisco Cabarrús va faire un stage chez l'un des correspondants de son père. Galabert l'accueille comme un fils et – toujours en vertu de la morale très stricte de l'époque – Francisco Cabarrús le remercie. Cet industriel et négociant languedocien, Antoine Galabert, établi à Valencia, est marié à une Espagnole, Vicenta Casanova. Cabarrús séduit leur fille. La mère de Teresa, Maria Antonia Galabert y Casanova (1755 - 1827) a 14 ans lors de son mariage et les deux familles s'opposent à ce mariage.

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Son père, Francisco Cabarrús sur un billet.

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AVANT 1789[]

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SA JEUNESSE[]

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Teresa Cabarrús dès sa naissance doit aller sans cesse d'un lieu à un autre (ambassade-château-sierra-château-chez des religieuses-pensionnat chic-hôtel particulier madrilène-Paris... mais aussi Bordeaux, Bayonne et Capbreton... ).

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Petite enfance en Espagne[]

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Acte de baptême de Teresa Cabarrús à San Pedro Apóstol de Carabanchel.

Le palais de Quinta de Miranda est remanié vers 1780 par Francisco Cabarrús. Il est racheté aux Cabarrus, à la fin du XVIIIe siècle. Le père d'Eugénie de Montijo en hérite, car sa soeur est mariée avec le petit-fils de Cabarrus.

La naissance de Teresa se passe dans des circonstances peu communes. Sa mère, une écervelée, est arrivée au dernier terme de sa grossesse mais est néanmoins en train de virevolter en juillet 1773 au bal de l'Ambassade de France, malgré l'interdiction de son époux à qui elle donne décidément bien du fil à retordre. Elle n'a pas le temps de regagner leur château et accouche, assure la petite histoire, dans l'antichambre de l'Ambassade de France à Madrid. L'acte de naissance du bébé est rédigé dans l'église Saint-Pierre de Caravanchel de Arriba[32]. Cela n'a rien à voir avec le nom du château de ses parents. C'est certainement celui de la famille de la future impératrice Eugénie de Montijo qui est alliée aux Cabarrús.

Teresa nait donc dans une famille extrêmement fortunée et occupant le premier plan dans la société espagnole. Cependant elle est mise en nourrice, comme c'est la tradition à son époque dans la noblesse. Elle est confiée à des petits paysans d’un village misérable d'une Sierra à la limite de l'Andalousie et l'Extramadure, avec pour meilleure amie un chèvre, Tita, qui la nourrit de son lait. Elle coure à moitié nue, sans chaussure. Elle a une tenue et un langage de petite sauvageonne[33][34]

Indigné de ne pas la trouver chez ses parents, son grand-père, Galabert, va la chercher alors qu’elle a trois ans dans la sierra (1776). Elle passe alors deux ans dans sa famille à Carabanchel (1776 - 1778), avec d'excellents précepteurs et Mademoiselle, une Française qui lui enseigne notre langue. Seule son éducation religieuse est laissée de côté.

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De 1778 à 1785[]

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Sophie de La Valette (1776-1852), future Madame Gay, va rester son amie toute sa vie.

Domingo de Cabarrús y Galabert est très proche de sa soeur.

Teresa Cabarrús est envoyée à Paris, de 1778 à 1783, d'abord chez des religieuses de 1778 à 1783, d’où son hostilité aux ecclésiastiques. C'est un choix surprenant venant de son père, lui-même victime des Oratoriens.

Heureusement pour elle à 10 ans elle entre au pensionnat créé par Madame Leprince de Beaumont, établissement réputé qui fait d’elle une jeune fille accomplie selon les règles de la haute société de l’Ancien Régime. Aquarelle, dentelle, tapisserie, leçons de danse et de maintien vinrent donc parfaire son éducation. Elle y rencontre Sophie de La Valette (1776 - 1852), future Madame Gay, qui restera son amie toute sa vie. La fille de Sophie, Delphine Gay (1804 - 1855), épousera plus tard Emile de Girardin et sera une égérie du mouvement littéraire romantique[35].

En 1785, elle peut regagner le domicile familial. Depuis 1780 Francisco Cabarrús est domicilié dans un hôtel particulier de la rue Hortaleza de Madrid. Teresa a deux frères, François et Dominique, qu’elle retrouva à Madrid à son retour en 1785. Domingo de Cabarrús y Galabert est très proche de sa soeur. Son fils, Domingo de Cabarrús Quilty, se marie avec Enriqueta Kirkpatrick, tante de l'impératrice Eugénie de Montijo et de la duchesse d'Albe[36][37].]

Comme elle est déjà très belle et de très grande taille pour son âge un jeune frère de sa mère demande sa main à Francisco Cabarrús. Elle n'a que 12 ans. Son père, scandalisé, chasse son beau-frère de chez lui et envoie Teresa à Paris pour y parfaire son éducation et se marier, mais cette fois-ci sa mère l’accompagne[38].

Pour Teresa, cette demande en mariage a un effet bénéfique. Son père décide qu’il est temps de l’expédier à nouveau à Paris, en compagnie de sa mère, non dans le but uniquement de parfaire son éducation mais pour y trouver un mari digne d’elle et sa famille dans la société parisienne, c’est-à-dire dans l’aristocratie fortunée[39][40].

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Teresa Cabarrús n'est pas née dans un château Saint Pierre de Caravanchel, mais baptisée dans l'église San Pedro Apóstol de Carabanchel.

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SON PREMIER MARIAGE (1783)[]

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Teresa n’a que 12 ans, mais cette fois-ci sa mère et ses frères l’accompagnent pour parfaire son éducation et la surveiller[41].

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Avant son premier mariage[]

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Teresa arrive à Paris quai Bourbon chez les Boisgelin.

Portrait miniature de Teresa Cabarrús, gouache sur ivoire.

Francisco Cabarrús sentant bien quel tempérament bouillonne dans sa fille, pressent que le plus petit scandale dans sa famille risque d'unir ses ennemis, les conseillers très religieux du Roi d'Espagne .... et adieu sa position à la Cour ! Etablir Teresa ne suffit pas pour conjurer cette menace. Il faut l'éloigner au plus vite ! Du reste ; pour lui, Madrid est provincial par rapport à Paris. C'est la seule ville qui peut offrir à sa fille un foisonnement de beaux partis. Il est d'ailleurs résolu, de surcroît, à la bien doter.

Marie-Antoinette, son épouse ; leurs deux fils, le précepteur et Teresa, sont attendus à Paris par Madame de Boisgeloup qui doit leur offrir l'hospitalité en son hôtel de l'Ile Saint-Louis. Nos voyageurs arrivent à bon port au début du mois de mai 1785. Donc la canicule dont parlent certains romanciers est totalement inventée. L'inconfort aussi ! En 1785, du fait de Turgot la poste dispose alors de relais tous les 15 à 20 km, le long d'un réseau routier de qualité nettement plus homogène que par le passé. Ne parlons pas de la route du carrosse Paris-Bordeaux. Il en est de même pour la route de Madrid à la Bidassoa et soi-disant canicule en avril/mai dans le nord de l'Espagne.

Au 29 quai de Bourbon, dans l'Ile Saint-Louis (et pas quai d'Anjou), l'hôtel de Boisgelou, doit son nom au Conseiller aux enquêtes Louis Roualle de Boisgelou qui l'habite au XVIIIe siècle. Il est mort en 1777 - et pas à leur arrivée en 1785. Ce n'est pas cet ami de Francisco Cabarrús qui loge sa famille ce printemps là, c'est sa veuve[42].

La vie mondaine étourdissante grise la jeune Teresa qui collectionne les admirateurs et est élève d’Elisabeth Vigée-Lebrun (~1785/86), qui fait un tableau d'elle.

Après leur séjour à l'hôtel de Boisgelou, Marie-Antoinette Cabarrús loue un appartement meublé, non loin de l'église Sainte-Eustache, jusqu'à l'arrivée de son époux. Francisco Cabarrús trouve ce logement indigne d'un ministre du Roi d'Espagne et transporte toute la famille dans un bel hôtel particulier de la Place des Victoires qu'il meuble avec magnificence.

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Les frères Laborde[]

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Jean-Joseph de Laborde (1724 - 1794)

L'hôtel particulier de la Place des Victoires demande des travaux. Francisco Cabarrús entretient d’excellentes relations avec une famille très lancée, les Laborde. Issu du même monde de la finance et du négoce, Jean Joseph de Laborde (1724 - 1794) est un des hommes les plus riches de France et de plus il est marquis, de fraîche date certes, mais marquis tout de même[43]. Il achète en 1784 le petit château de Méréville. Son ami et partenaire commercial y accueille les Cabarrús.

Le chevalier de Méréville, en 1787, est selon Forneron, auteur d’une Histoire Générale des émigrés, la première aventure amoureuse de Teresa. Les deux adolescents se plaisent beaucoup, mais, bien que leurs deux pères soient originaires de Bayonne et financiers, le marquis Jean-Joseph de Laborde n’accepte pas ce qu’il considère comme une mésalliance. Il faut dire que sa fille Pauline, va être duchesse des Cars et sa fille Mathilde épouse de Charles de Noailles, duc de Mouchy. Le chevalier, lui, ne se marie pas. Contrairement aux titres de ducs ou de princes des deux empires ceux de l'Ancien régime sont rares. À l'origine, duc est une charge militaire puis politique et militaire associée au commandement dans une région frontalière de l'Empire romain.

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Marquise de Fontenay[]

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Jean-Jacques Devin de Fontenay, âgé de 5 ans, et ses parents. Il est déjà petit, maigre, roux, laid, grêlé.

Teresa Cabarrús, marquise de Fontenay.

Teresa Cabarrús habite hôtel de Chenizot, dans l'île Saint-Louis de 1788 à 1793.

Teresa Cabarrús adhére en 1788 à la Société olympique, issue de la Loge l'Olympique de la Parfaite Estime. Le sceau de l'Olympique de la Parfaite Estime (Fichier Bossu).

Portrait de Teresa Cabarrus.

Cabarrús s'est alors arrangé pour que sa fille épouse un aristcrate français riche et puissant afin de renforcer sa position en France. Le 21 février 1788 Thérésa se marie à Jean Jacques Devin (1762 - 1817), marquis de Fontenay, un riche aristocrate mais décrit comme petit, maigre, rouge, grêlé ... laid ! La mariée a quatorze ans et très belle, mais son mari est conseiller à la troisième chambre des enquêtes du conseiller au parlement de Paris, fils d’un président de la Chambre des comptes et petit-fils d’une Lecoulteux, de la très riche et puissante famille de ce nom. Et de leur côté les Lecoulteux comptent sur ce mariage pour retrouver en Espagne son influence qui s’est dégradée. Le mari a des biens estimés à 800.000 livres et sa charge lui en rapporte 60.000. La dot de la mariée est de 500.000 livres.

Le jeune ménage s’installe dans un hôtel particulier de l’île Saint-Louis. La jeune femme séduit ses hôtes avec un aménagement très à la mode, tout comme par son style vestimentaire que la reine Marie-Antoinette a lancé, en recherchant une simplicité affectée, qui libère les corps des pesanteurs des robes à l’espagnole qui ont marqué les règnes précédents[44].

Le mariage n’est pas très heureux, l’époux de Teresa est infidèle, et très vite la jeune femme tient salon, d’abord avec les amis de son père qui cherche toujours à placer des fonds dans la banque d’Espagne, mais aussi elle se lie à des milieux de la bourgeoisie de robe dont les idées sont très avancées. Son salon reçoit Barnave, le prince de Broglie, Madame de Clermont-Tonnerre, François de Jaucourt, le général Mathieu Dumas... Robespierre vient également y dîner[45].

Dès le début des années 1780, Teresa a commencé à s'intéresser au libéralisme, au régime parlementaire britannique, ou aux idées des philosophes des lumières. Elle est néanmoins présentée à la cour du roi Louis XVI. Puis, les jeunes mariés visitent la cour royale d'Espagne, où l’accueil chaleureux que fait la famille royale à Teresa pousse le soi-disant marquis de Fontenay, qui est dans le même temps méprisé, à écourter leur voyage. Les Devin sont entrés au Parlement de Paris avec le grand-père de Jean-Jacques et tentent en vain depuis deux générations de s'agréger au second ordre. L’attitude de la vraie aristocratie européenne contribue à renforcer ses idées pro-révolutionnaires de ce sale individu. Ce Devin de Fontenay est un débauché et la marquise, quand il ramène une fille de boutique, chez eux décide que leur union ne sera plus que de façade. Il perd la moitié de la dot de sa femme au jeu.

Le couple semble très ouvert puisque le journal de la cour et de la ville attribue à Teresa une longue liste d’amants. Thérèse Charles Vallin doute de la véracité de cette série, les beaux-parents exerçant sur la jeune femme une surveillance plutôt rigoureuse. En tout cas, le 2 mai 1789, Teresa met au monde un petit garçon, Théodore[46].

Francisco Cabarrús, le grand-père paternel du bébé - et pas Dominique Cabarrús - est anobli par lettres patentes[47] avec le titre de comte.

Il n'est pas du tout certain que le père de Théodore Devin de Fontenay (1789-1815), soit Félix le Peletier de Saint-Fargeau, frère de Louis-Michel le Peletier de Saint-Fargeau. Des courriers montrent que malgré leur mésentente le couple a régulièrement des relations sexuelles. Les amours de Teresa, contrainte à se marier et vivre quelques temps avec Tallien, sont l'objet de rumeurs qui en gênèrent d'autres. Son mari obtient le divorce en raison de ses relations extraconjugales alors qu’elle n’a que 19 ans, mais fait à ce triste sire un prétexte.

Teresa réside hôtel de Chenizot, un hôtel particulier situé sur l'île Saint-Louis, avec son premier mari M. de Fontenay, de son mariage en 1788 à son exil à Bordeaux en 1793[48]. Teresa Cabarrús est l'ornement de la bonne société du Marais. Elle reçoit dans ses salons le général La Fayette, les trois frères Lameth, Félix Lepeletier de Saint-Fargeau, Antoine de Rivarol, Dominique de La Rochefoucauld, et Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau. Elle s'enthousiasme pour les idées à la mode et participe à la fête de la Fédération.

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Notre-Dame de Fontenay (1790)[]

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Le château de Fontenay en 1900 (avec en premier plan un bâtiment de l’École Normale).

Le Devin du Village, opéra dont le marquis de Fontenay a écrit le livret.

Au printemps 1790 Teresa Cabarrús donne une fête champêtre dans son château de Fontenay-aux-Roses (aujourd'hui remplacée par l'ENS) en hommage à Jean-Jacques Rousseau. Des jeunes filles toutes de blanc vêtues, aux frais de la marquise, offrent des fleurs aux invités, à leur descente de voiture[49].

Parmi ces invités, il y eut Chamfort (1740-1794) le poète moraliste, Mirabeau (1749 - 1791) le tribun, Barnave (1761 - 1793) le monarchiste révolutionnaire modéré, Robespierre (1758 - 1794) le futur tyran, Camille Desmoulins (1760 - 1794) le brillant orateur, Florian (1755 - 1794), l’auteur à la mode, venu en voisin [50].

On joue des airs du Devin du Village, opéra dont le marquis a écrit le livret, Richard Coeur de Lion, opéra comique composé par André Grétry, Castor et Pollux  de Rameau.

Puis on dîne dans le parc. C'est une vraie fête d’Ancien Régime, dont les invités sont pourtant les acteurs principaux du drame qui vient de commencer. Un coup de vent, parait-il, frise les perruques, dont celle de Robespierre. Dans ses mémoires, Thérésia écrit :

Ce jour-là, j’étais Notre-Dame de Fontenay[51].

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Hôtel de Chenizot appartenant au couple Devin de Fontenay-Cabarrús (source Monumentum).

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DE 1789 À THERMIDOR[]

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Le père de Teresa Cabarrús est le premier arrêté, le 21 juin 1790, par l'Inquisition, et interné à La Coruña (Fichier Bossu).

Un premier malheur ne tarde pas à la frapper. Son père subit à ce moment les inconstances de la haute fortune. Iil retrouve, à la mort du roi Charles III d'Espagne, deux implacables ennemis, le nouveau ministre Lerena et l'Inquisition. Il est arrêté le 21 juin 1790, et détenu avec une extrême rigueur à La Coruña (selon le Fichier Bossu). Teresa dit à La Fayette dans un moment de boutade :

Donnez-moi donc vos gardes nationales, que j'aille à la délivrance de mon père ![52].

En novembre 1792, son mari a dépensé la moitié de sa dot et doit émigrer. Ses parents sont persécutés. Le 30 novembre 1793, sont brûlés en place publique les titres féodaux que possède et que remet lui-même à la commune le citoyen Devin, ci-devant président de la Chambre des Comptes et seigneur en partie de la commune[53]. Le fils indigne émigre laissant sa famille répondre de ses actes.

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BORDEAUX (1793)[]

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Teresa Cabarrús est l'élève à Bordeaux du célèbre peintre miniaturiste Jean-Baptiste Isabey, qui fait d'elle son portrait et un autre par la suite moins dénudé avec ses enfants[54].

Teresa est arrêtée début décembre 1793, car elle est noble, proche des girondins et a de la famille parmi les riches négociants avec l'outre-mer. Elle réussit entre décembre 1793 et ​​mars 1794, à réduire le nombre d'exécutions de près de moitié[55].

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Emprisonnée (décembre 1793)[]

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Même le grand-père de Teresa Cabarrús est arrêté en 1793, à l'âge de 78 ans (Fichier Bossu).

L’Hôtel Franklin au 23 cours de Verdun à Bordeaux, où vit Teresa en 1793.

Emprunt pour l'achat de subsistances nécessaires à l'approvisionnement de la cité de Bordeaux (16 septembre 1793, l'an second de la république françoise).

Le fort du Hâ.

Le 21 février 1793, le marquis de Fontenay fait un don patriotique de 20.000 livres et d'objets en nature. La marquise donne 9.000 livres. Cependant, malgré la popularité dont les Devin jouissent à Fontenay, le ménage de Teresa est suspect. Les anciens parlementaires sont traqués par les partisans de Robespierre.

Une instance en divorce est commencée. Cependant, la marquise ne veut point abandonner son époux. Elle part avec lui pour Bordeaux. Là-bas les Girondins et sa riche famille sont bientôt pourchassés. Pourtant elle ne veut pas émigrer en Espagne du fait de son patriotisme. Elle a juste l’intention de revoir Francisco Cabarrús, son père, emprisonné par l'Inquisition et les jaloux de sa réussite. Il vient de sortir de prison et à nouveau un personnage riche et important.

Teresa se rend vite compte que sa situation n’est plus tenable… Elle est, elle-même, sans doute impliquée et trop liée aux milieux constitutionnels[56]. Thérèse Charles-Vallin s’interroge à ce sujet d’un épisode datant de 1793, lorsque la jeune femme part s’exiler pour Bordeaux. Elle voyage avec un jeune garçon au sujet duquel des spécialistes se sont interrogés : s'agit-il de Louis XVII, le fils du roi décapité en début d’année ?[57].

Mais à Bordeaux Fontenay qui a été, un moment, conseiller au parlement de Bordeaux et qui y a participé aux orgies du maréchal de Richelieu, est bien vite reconnu. Le 11 mars, il se fait donner un passeport pour la Martinique et, le jour même, il s’embarque, laissant en France sa femme et son fils. Elle lui fait cadeau de ses bijoux et il les abandonne, après avoir divorcé d’elle le 5 avril 1793[58].

Teresa reste seule et sans argent. Elle voit en plus, avant sa détention, la guillotine installée sur la place principale de Bordeaux décimer les rangs des girondins ses amis. Puis elle plane sur les riches négociants, dont une partie d’entre eux sont ses parents. En un jugement les ennemis supposés des révolutionnaires sont envoyés au supplice[59].

Bordeaux est alors le théâtre des rigueurs de la Montagne, qui poursuit avec acharnement les restes des Girondins. Elle intervient auprès des révolutionnaires pour faire libérer sa famille ou d’autres premières victimes de la Terreur, comme les Boyer-Fonfrède. Début décembre 1793, elle est arrêtée à son tour et détenue dans des conditions lamentables au château du Hâ, une des prisons de Bordeaux pour avoir fait libérer des suspects.

La famine s'étant déclarée dans la ville, la cause en est attribuée aux accapareurs, et sert de prétexte à un redoublement de sévérité. Madame de Fontenay se doute qu’elle ne va pas être épargnée. Sans trop d’illusions, il lui vient dans l'esprit d'écrire à Tallien, Représentant en mission, pour réclamer sa liberté ou l'intéresser à son sort. Il l’a déjà aidé par le passé. Elle le séduit, comme elle séduit tous ceux qui l’approchent. Lamartine écrit :

C’était une de ces femmes dont les charmes sont des puissances et dont la nature se sert comme Cléopâtre ou de Théodora, pour asservir ceux qui asservissent le monde et pour tyranniser l’âme des tyrans. Madame de Fontenay avait horreur du sang. Elle n’en résistait pas à une larme. Elle croyait que la générosité était l’excuse de la puissance.

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Notre-Dame de Bon Secours (1794)[]

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Reprise de Toulon par les troupes françaises. Le 18 Décembre 1793 : ou 28 Frimaire An 2ee de la République.

Discours sur l'éducation, par la citoyenne Thérésia Cabarrus-Fontenay, lu dans la séance tenue au temple de la Raison de Bordeaux, le 1er décadi du mois de nivôse, jour de la fête nationale, célébrée à l'occasion de la reprise de Toulon, par les armes de la république.

Charlotte Corday en prison, par Granger.

Portrait de femme à la couronne d'oeillets bleus, par Teresa Cabarrús peintre, ancienne élève d’Elisabeth Vigée-Lebrun (~1785/86) et de Jean-Baptiste Isabey.

Tallien, proconsul de Bordeaux en 1793, séduit par sa beauté, la fait libérer et s'installe avec elle. Elle use de son influence pour protéger tous ceux qu'elle peut. Sous l'influence de sa passion amoureuse, le proconsul apporte moins de sévérité dans l'exécution des décrets du comité de salut public. Son dévouement va lui valoir le surnom de Notre-Dame de Bon Secours. Elle n’a que 20 ans !

La femme de plaisirs, de modes et de fêtes se transforme transformée en citoyenne, en femme des pauvres, en dame de charité, en garde-malade, en austère institutrice, le tout au service de la Convention. Elle n’a que 20 ans !

Mais, en sauvant des vies elle risque à nouveau la sienne. Cette liaison d'un conventionnel avec une riche aristocrate fait scandale. Tallien doit revenir à Paris pour se justifier. Thérèse Charles-Vallin nous dit qu'avant cela :

Tallien se sait mal vu de Robespierre en raison de son amitié avec Réal, proche des Girondins et Roederer, trop attaché à Louis XVI, et fera paraître une Adresse aux Citoyens où il l’attaque violemment sur ses méthodes[60].

Elle écrit en décembre 1793 : Discours sur l'éducation, par la citoyenne Thérésa Cabarrus, lu dans la séance tenue au temple de la Raison de Bordeaux, le 1er décadi du mois de nivôse, jour de la fête nationale, célébrée à l'occasion de la reprise de Toulon, par les armes de la république. Selon Maïté Bouyssy :

Thérésia Cabarrus (1773–1835), a suscité un ensemble de textes et d’images propres à rendre inintelligible son rôle, et même ce qu’elle a dit ou signé en nom propre. Épouse d’un marquis d’assez fraîche date et fille d’un banquier espagnol comte de plus fraîche date encore (1789), compagne de Tallien venu contrôler Bordeaux au nom de la politique du Comité de Salut public, puis maîtresse du banquier Ouvrard et merveilleuse en vue avant de finir princesse de Chimay, elle incarne « la femme manquante », celle qui se situe précisément au cœur de configurations de pouvoir. De là à discuter sa production du texte sur l’éducation de l’enfance qu’elle aurait prononcé (ou pas) lors de la fête pour la reprise de Toulon en l’église Notre-Dame de Bordeaux, puis à quasiment ignorer sa pétition de l’an II en faveur de la participation civique des jeunes filles à l’assistance dans les hôpitaux. Les mécanismes de cette historiographie faite de plaidoyers contradictoires et d’occultations diverses méritent constat puis analyse. Rigoristes ou fascinés, tous, universitaires et publicistes laissent tout entrevoir, sauf une autonomie de femme constamment sur la brèche, toujours proche de la banque, socialement adaptée aux jeux de pouvoirs, mais forte de sa liberté d’interprétation quand elle s’implique dans les débats en cours[61].

Parmi ces vies figure celle de Madame Tour du Pin, qui laisse une trace écrite de la beauté de sa bienfaitrice, confessant qu'...

... il était difficile de penser que tant de jeunesse, tant de beauté, et toute sa grâce et son ingéniosité étaient données à une homme qui tous les matins envoyait à la mort tant d'innocents[62].

Teresa est une femme qui a un rôle important de 1785 et 1835. Cela dérange ! Elle cristallise toutes les haines des historiens et romanciers mysogines de droite, comme de gauche qui colportent les pires rumeurs contre Notre-Dame de Bon Secours qui sauve des vies, puis carrément nous débarasse de la Terreur. Mais n'est pas non plus une femme pétrie par la morale et la religion judéo-chrétiennes.

Le comte Armand François d'Allonville, dans Mémoires tirés des papiers d'un homme d'État sur les causes secrètes qui ont déterminé la politique des cabinets dans la guerre de la Révolution, depuis 1792 jusqu'en 1815, s’étonne que Bordeaux ne lui est pas élevée une statue, comme d’ailleurs le comte de Paroy.

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À nouveau la prison (1794)[]

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Le film Madame Tallien est réalisé en 1916 par Enrico Guazzoni d’après le scenario de Victorien Sardou.

L'aristocrate est détenue dans une cellule de la prison de La Force. Ses cheveux ont été coupés courts et elle tient ses mèches dans ses mains.

Le 5 mai 1794, Teresa quitte Bordeaux pour se rendre à Orléans. Elle est devenue interdit de séjour à Bordeaux après le décret du 16 avril interdisant aux ci-devant nobles de séjourner à Paris et dans les ports. A Orléans, elle se fait donner un passeport pour Fontenay-aux-Roses. Tallien vient l’y voir, mais en secret.

Le rapport établi par le général Boulanger dit que, depuis 15 mois, époque de son divorce, on l’a vue à Boulogne-sur-Mer, à Paris, à Bordeaux, à Fontenay-aux-Roses où Tallien est venu souvent, à Chaillot. En dernier lieu, elle loge à Paris chez le citoyen Demousseau, ami de Robespierre et de Duplay. Demousseau l’a engagée, ajoute le rapport de Boulanger, à faire le voyage de Versailles, soit pour se débarrasser d’elle, soit plutôt dans l’espérance que d’anciennes liaisons projetées entre le Peletier et la marquise de Fontenay pourraient se renouveler et détruire les inconvénients de celle avec Tallien.

Robespierre, réfractaire à ses charmes et redoutant son influence, ordonne, le 3 prairial de l’an 11, au Comité de Salut Public, à Collot d’Herbois et Prieur de la Côte d’Or[63] de la faire arrêter. L’arrestation a lieu, dans la nuit du 11 au 12 prairial, à Versailles, tandis qu’à Fontenay, la femme de chambre de Teresa, nommée La Frenelle, qui essaie de se faire prendre pour sa maîtresse afin de la sauver, est arrêtée au même moment.

La marquise est à nouveau arrêtée et enfermée à la prison de la Force, puis à la prison des Carmes, où elle rencontre Joséphine de Beauharnais. Son amie écrit de sa main un message qui est contresigné par Teresa sur un mur :

Liberté, quand cesseras-tu d’être un vain mot ? Voilà dix-sept jours que nous sommes enfermées. On nous dit que nous sortirons demain, mais n’est-ce pas là un vain espoir ?

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Le 9 Thermidor (1794)[]

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L’exécution sur la place de l'église à Maîche (Doubs) de 19 jeunes gens ayant participé à l'insurrection paysanne de la Petite Vendée en 1793.

A la prison des Carmes, Mme d'Aiguillon, Joséphine Tascher, veuve du général Beauharnais, et la belle et jeune Teresa Cabarrús.

La nuit du 9 au 10 thermidor an II.

Tallien ne peut l'aider, du moins publiquement, et la désavoue :

Je ne souhaite m'en mêler en aucune façon. Les autorités qui ont arrêté ces personnes ont leurs raisons. Ils se précipiteront pour rendre la justice qu'ils méritent. Un représentant du peuple trahirait son devoir et salirait son caractère s'il intervenait pour défendre des suspects[64].

Robespierre a une antipathie instinctive voire de la haine pour les femmes qui prétendent diriger les hommes, comme Manon Roland ou Lucile Desmoulins. L’arrestation de Teresa est la faute la plus grave de toutes celles qu’a commises l’Incorruptible. De sa prison de la Force, menacée chaque jour de la guillotine, Teresa surveille son ennemi. Elle correspond en secret avec Tallien. Un jour, au lieu de la lettre habituelle, elle lui envoie un poignard. Le conventionnel comprend.

Sur le point de passer en jugement, c'est-à-dire à la guillotine, Teresa envoie aussi à Tallien ce mot :

Je meurs d'appartenir à un lâche.

Comme Tite-Live, Teresa considère qu’en tuant le tyran, on rend au peuple sa liberté :

Cette religion du poignard est celle de tous les Résistants au despotisme, à la tyrannie et à l’oppression, qui furent les héros de la Résistance à l’occupant nazi, celle de tous ceux qui, aujourd’hui, opposent la vertu à la corruption politique, écrit Michel Onfray. Mais à la future Teresa ne peut-on rappeler ces mots de Shakespeare, dans Cymbeline, King of Britain (Act III, Scene 4) : Where is thy knife ? Thou art too slow ? (Où est ton couteau ? Tu tardes trop !).

Tallien, exclu du Club des Jacobins, prépare le renversement de Robespierre avec d'autres conjurés, comme Fouché, responsable d'innombrables morts à Lyon, et Barras, de bien d'autres à Marseille et Toulon[65].

La missive de Teresa détermine Tallien à entrer dans la conjuration contre Robespierre et à s'illustrer le 9 Thermidor à la Convention nationale, où il empêche l’Incorruptible de prendre la parole. Robespierre, à son tour, y monte... puis est porté, tout sanglant déjà, sur l’échafaud.

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Notre Dame de Thermidor (1794)[]

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Tallien et Teresa.

Notre-Dame de Thermidor.

L’ancienne marquise de Fontenay est sauvée et, trois jours après, elle sort de sa prison, aux acclamations d’une foule en délire qui la salue, ce jour là, du beau titre de Notre Dame de Thermidor, car la révolution thermidorienne sauve de nombreuses vies. Arsène Houssaye écrit :

Que de fois cette belle tête avait changé de diadème. De la couronne de bluets de la jeune fille de Caravenchel au chapeau de fleurs de Fontenay-aux-Roses. De la couronne d’orangers au bonnet rouge. Du chapeau à plumes de l’Amazone à la couronne de diamants de la Merveilleuse. Le village de Fontenay avait toutes les raisons pour prendre sa part de joie dans cette journée qui sauvait la France de la plus sanglante des tyrannies.

Le Premier ministre Pitt le jeune s'enthousiasme pour elle :

Cette femme serait capable de fermer les portes de l'enfer[66][67].

Sa voiture est souvent enveloppée par la foule, ne pouvait plus marcher qu'au pas. Alors les cris de :

Vive Barras ! Vive Tallien ! Vive madame Cabarrus ! Vive Notre Dame de Thermidor !

éclatent.

Après trois semaines de détention, sans pouvoir se laver et se peigner, elle se met à porter les toilettes les plus extravagantes qui font sensation. Elles ne cachent rien de sa beauté. Térésa lance la mode néo-grecque. Son salon, dans sa maison des Champs-Elysées, devient célèbre. Elle épouse Tallien le 26 décembre 1794 et l'influence grandement dans son parcours politique pendant la Convention thermidorienne, mais l'abandonne bientôt, quand il est rejeté à la fois par les montagnards et par les modérés, le jugeant dépassé.

Tallien et Teresa ont un fille appelée Thermidor Tallien (1795 - 1862) qui se mariera au comte Félix de Narbonne-Pelet en 1815.

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Notre-Dame de septembre ??? (1795)[]

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Rapport fait a la Convention nationale, par Tallien, dans la séance du 9 Thermidor sur les massacres de PRISONNIERS à Quiberon.

Son mariage avec Tallien lui vaut le surnom auprès de quelques journalistes particulièrement injustes de Notre-Dame de septembre. Si Tallien, dit le septembriseur est en partie responsable des massacres de septembre, Teresa les a condamnés et certains de ses proches en ont été les victimes .

D'ailleurs quand à Quiberon, 6.332 Chouans et émigrés sont faits prisonniers, ainsi que des membres de leurs familles, quand quelques jours après la bataille, les soldats sont mis en accusation par le commissaire Jean-Lambert Tallien et 750 fusillés à Auray, Teresa toujours mariée avec Tallien ne lui pardonne ni sa médiocrité, ni son attitude envers des prisonniers. Elle confie à une amie :

Trop de sang dans les mains de cet homme. Je fus à jamais dégoûtée de lui[68].

La Chartreuse d'Auray conserve la liste gravée en hâte et un caveau contenant les restes de 952 prisonniers de l'armée royale passés par les armes du 1er au 25 août 1795 après la défaite du débarquement des émigrés à Quiberon.

Elle se sépare de lui en 1795. Elle va avoir d’autres enfants, mais avec différents amants et son troisième époux. Ils ne divorceront que le 8 avril 1802, après la naissance de trois d’entre eux.

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Villaret de Joyeuse affirme que tous nos meilleurs officiers de Marine sont morts à Quiberon[69].

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DE ND DE THERMIDOR À Pcesse DE CHIMAY[]

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De 1794 à 1799, Mme Tallien devient la femme la plus puissante, la plus enviée et la plus critiquée de France.

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REINE DU DIRECTOIRE (1789 - 1799)[]

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Le Directoire est un régime politique français de type directorial en place durant la Première République, du 26 octobre 1795 (4 brumaire an IV) au 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII). Elle incarne cette métamorphose d’une république à cinq têtes dont elle est incontestablement la première dame[70].

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La fin de la Convention[]

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Chaumière de Teresa Cabarrús, reine de Directoire, vers 1795.

Juliette Récamier et Teresa dans un tableau de Marguerite Gérard. Teresa est de très grande taille.

Tallien ne lui refuse rien. Voitures, toilettes, bijoux, concerts, dîners, rien n’est assez beau pour elle, et elle sait obtenir tout ce qu’elle désire. Les salles de spectacle acclament le couple dès qu’il parait dans sa loge. La France n’a plus de roi mais le nouveau couple au pouvoir reçoit des hommages quasi royaux. Il faut dire que pour ceux qui ont survécu à la tourmente, aucune occasion ne doit être manquée pour remercier ceux à qui ils doivent enfin la liberté[71].

Teresa est enceinte. Son fils Théodore est venu la rejoindre et habite avec elle. La petite Rose-Thermidor Tallien nait en mai 1795. Sa marraine est la nouvelle grande amie de sa mère, Rose Tascher de la Pagerie, veuve du vicomte de Beauharnais, qui elle aussi a connu les affres de la prison. Elles se sont connues, mais peu fréquentées, durant la Révolution et avant leur incarcération. Tallien a pris sous son aile les deux enfants Beauharnais, Hortense et Eugène, alors dans un dénuement complet, avant la libération de leur mère[72].

Teresa a besoin d'être entourée d'admirateurs. Préoccupée par la satisfaction de ses instincts amoureux, elle évolue, nue dans un nuage de mousseline. Les tuniques qu'elle porte sont très simples mais laisse apercevoir la beauté du corps nu se dessinant en transparence. Le peintre Gérard qui la représente telle une déesse antique couronnée de fleurs, dans un décor théâtral, dit :

Les belles statues antiques ne sont qu'une idée imparfaite de sa beauté[73].

La beauté et le charme de Teresa font des ravages. Ses soirées sont très recherchées, on y croise le marquis de Sade, Garat, fardé comme un pharaon, chante Plaisir d'amour ne dure qu'un moment. Cherubini joue du piano et Talma dit des vers.

A la chute de Robespierre, Tallien devient une figure majeure de la réaction thermidorienne, mais avec le Directoire, l'influence de Tallien décline. Il est rejeté par les Montagnards. En 1795, bouleversée par la mort du petit Louis XVII et par les massacres de prisonniers à Quiberon, Teresa Cabarrús se sépare de Tallien.

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Notre Dame de la paix (1795)[]

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Teresa Cabarrús est très influente à Paris, en 1795.

La fille de Francisco Cabarrús, n’est pas étrangère à la conclusion de la paix avec la France en 1795.

Francisco Cabarrús peint par son ami et client Goya.

Attaque britannique sur Santa Cruz de Tenerife repoussée par les Espagnols en 1797.

Tallien est assez disposé à prêter une oreille favorable aux propositions de l'Espagne, concernant la paix. Il doit ses dispositions pacifiques à l'heureuse influence de Teresa. Le noble usage qu'elle fait de l'influence acquise par sa beauté merveilleuse aurait dû la préserver de l'oubli où la laissent d'abord l'hypocrisie du gouvernement consulaire et impérial, et plus tard l'ingratitude des Bourbons.

Le père de Teresa, Francisco Cabarrús, homme clé du parti français, emprisonné par l'Inquisition, est sorti de prison certainement du fait que sa fille est devenue Madame Tallien. Cabarrús est transporté à Madrid, où il est encore retenu comme prisonnier lorsque, d'après les instances de la comtesse de Galvez, le comte d'Alcudia consent à le charger de faire des ouvertures à la République française[74].

Cela se fait au moyen de la correspondance qu'il entretient avec sa fille. Cabarrús s'acquitte si bien de toutes les missions dont on l'a chargé, que le ministère espagnol admet des arriérés de rétributions qu'on lui a contestées. Il touche de cette façon une somme de six millions de réaux[75].

On consulte Francisco Cabarrús sur les termes de la paix, et sa fille contribue à faire conclure le traité (oeuvre bien digne de son aimable esprit) qui, à la grande surprise des gouvernements anglais et autrichien, est signée le 22 juillet 1795 à Bale, en Suisse[76]. La fille de Francisco Cabarrús, épouse du Conventionnel Tallien, et maîtresse de Barras, n’est pas étrangère à la conclusion de la paix avec la France en 1795.

Godoy profite de leurs liens avec la France pour se faire appeler le prince de la paix. La signature du traité de Bâle (22 juillet 1795) va entraîner la réhabilitation de Cabarrús et son indemnisation pour ses trois années passées dans les geôles espagnoles[77].

Le gouvernement espagnol a obtenu par le traité de Bâle, de pouvoir jouer un rôle de médiateur entre la France d'une part et le Portugal et la papauté d'autre part. Dans les deux cas, Cabarrus va se prononcer pour une politique consistant à laisser les mains libres à la France, même s'il comprend la répugnance du Roi à accepter cette politique[78].


Vers l'époque de son mariage Godoy consulte Francisco Cabarrús sur la formation d'un nouveau ministère. Cet ami judicieux lui recommande les Espagnols les plus capables de faire honneur à son choix en travaillant au bien du pays : don Francisco Saavadra et don Gaspar Melchor de Jovellanos[79].


Le 18 mars 1798, Cabarrús rencontre Barras pendant deux heures. Celui-ci propose que le traité d'août 1797 sur l'intervention au Portugal soit définitivement ratifié, en ajoutant à l'indemnité déjà prévue une somme de dix millions de francs. Francisco Cabarrús envoie à Paris son fils Domingo négocier[80].


Cabarrús, négociateur secret du traité de Bâle, établit une succursale de sa maison à Paris et se charge des opérations particulières du Trésor dans ses relations avec l'Espagne[81].

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BARRAS (1797)[]

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Teresa devient l’une des reines de ces Merveilleuses qui célèbrent la fin de la rigueur révolutionnaire par leurs tenues et leurs mœurs légères.

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Teresa Cabarrús reçoit en reine[]

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Au château de Grosbois et au palais du Luxembourg, résidence directoriale, Teresa reçoit telle une reine.

La coupe à la Titus de Teresa est l'illustration de l'émancipation des femmes et n'est portée que par une petite fraction de la société.

En 1796, les biens des époux Devin de Fontenay sont vendus[82].

En 1797, Teresa Cabarrús est l’amie vraiment très inséparable de Hoche et de Juliette Récamier[83].

Barras, devenu l'homme fort du nouveau régime, devient son amant à la même époque. Elle l'a soufflé à Joséphine de Beauharnais. Avec les deux récentes veuves, Madame de Beauharnais et Madame de Custine, sauvées grâce à Teresa Cabarrús, Barras va mener le jeu politique. Dans leur château de Grosbois, Teresa fait office de maîtresse de maison et a un salon éblouissant. Elle accueille Joséphine de Beauharnais, Madame de Mailly, Madame de Chateaurenaud, Cambacérès, Talleyrand, Fouché, Savary]], le financier Gabriel Julien Ouvrard, Choderlos de Laclos, Benjamin Constant, Madame Récamier, le peintre David, mais aussi des filles, des musiciens, des acteurs... dans une ambiance des plus libertines.

Au palais du Luxembourg, résidence directoriale – l’Élysée appartient encore à Bathilde d’Orléans, duchesse de Bourbon –, et au château de Grosbois, acheté par Barras en 1797, Teresa Cabarrús reçoit en reine[84].

Teresa Cabarrús reconstitue les collections de musique de Marie-Antoinette et de Mesdames, filles de Louis XV. Et, à l’instar de Mme de Pompadour, elle s’érige en protectrice de la manufacture de Sèvres. Elle obtient, par ailleurs, la radiation de nombreux nobles inscrits sur la liste des émigrés. La plupart ne lui en sont même pas reconnaissants et boudent ses réceptions[85].

Comme on l'a vu Teresa et son père, Francisco Cabarrús, font signer des traités de paix avec l'Espagne et dirigent la politique du royaume ibérique.

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Déchainement de la presse[]

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Les trois grâces du Directoire.

La Révolution dénie aux femmes, par définition ambitieuses et licencieuses, toute intrusion dans le domaine du pouvoir. Ce sont elles qui ont conduit l’Ancien Régime à sa perte. La réaction thermidorienne redonne aux femmes la même place qu’au XVIIIe siècle. Maîtresses de la mode, elles sont aussi, par leur beauté, leur esprit et leurs capacités à faire le lien entre les anciennes élites de la noblesse et celles nées de la Révolution, au coeur de la vie politique, intellectuelle et mondaine. Cela indigne la presse révolutionnaire qui se déchaîne alors contre les bacchanales du cinquième sultan et de la plus grande putain de Paris[86].

Parmi les premiers adversaires de Cabarrus d'extrême-gauche on trouve Gracchus Babeuf, qui en 1794 la compare, ainsi que d'autres femmes de son entourage, à Mme de Pompadour et Mme du Barry, toutes deux maîtresses de Louis XV, ou à Marie-Antoinette, dames qui sont à l'origine de nouvelles lois[87].

Teresa Cabarrús n’a aucune influence politique Barras, qui déteste que les femmes sortent de leur rôle traditionnel et qui n’admire que Mme de Staël, tout en avouant qu’il n’a jamais su à quel sexe elle appartenait…[88].

Teresa Cabarrús a un enfant avec Paul Barras, qui naît le 20 décembre 1797 au château de Grosbois, mais il meurt à la naissance.

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Nabulione Buonaparte[]

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En 1797, Paul Barras est diverti par la danse nue de deux de ses maîtresses, Teresa et Joséphine Bonaparte. Bonaparte observe.

Joséphine et Bonaparte à leur mariage civil.

Acte de mariage de Bonaparte et Joséphine, avec comme témoins : Tallien, Barras, Cabarrus.

Teresa laisse Bonaparte à Joséphine qui est âgée et pratiquement sans revenus de ses plantations.

Bal dans un des salons de Teresa Cabarrús.

C'est Barras qui, un jour, amène chez Teresa un tout petit général, noiraud, maigrichon, renfrogné, qui, non content de ne pas payer de mine, est affublé d'un nom pas possible : Nabulione Buonaparte. Notre Dame de Thermidor, est la reine du Directoire et Bonaparte n’est encore qu’un jeune Général sans affectation, qu’elle prend quelque peu sous sa protection. Elle dédaigne la cour empressée de ce jeune officier. Mais elle doit lui faire fournir du drap par l’intendance car son uniforme est en très mauvais état.

Le jour où, entrant dans la chaumière, Nabulione entend Teresa claironner à travers son salon :

Eh bien, mon ami, vous les avez vos culottes !

La plaisanterie qui fait rire tous ses futurs ennemis n’est pas du goût du Général alors sans affectation.

La jolie femme de très grande taille, et d'un naturel moqueur, s'amuse à l'affoler comme tous les autres hommes. Elle y réussit à merveille. Bien des années plus tard, à Sainte-Hélène, Napoléon dira à Las Casas :

Mme Talllien était alors jolie à croquer ; on baisait volontiers ses bras et ce qu'on pouvait ....

Il ne peut pas baiser grand chose d'autre. Bref, Bonaparte va jusqu'à la supplier de divorcer d'avec Tallien pour l'épouser. Et là, elle lui rit au nez ! Les blessures d'amour-propre sont les pires. Il lui en gardera toujours une rancune jusqu'à sa mort. Et voici pourquoi Teresa ne finit pas Impératrice. Napoléon doit se contenter de Joséphine (1763 - 1814) qui est déjà une femme âgée et stérile.

Parti en Italie il ne manque pas alors de la saluer quand il écrit à Barras :

Un petit baiser à Mme Tallien et Chateaurenaud à la première sur la bouche, à la seconde sur la joue[89].

Il existe une caricature de l’Anglais James Gillray, où elle est représentée dansant nue avec Joséphine de Beauharnais devant Barras, à l'hiver 1797, tandis que le général Bonaparte, dans un arrière-fond qui rappelle la campagne d'Égypte, lève discrètement un voile pour apercevoir le tableau. Cette caricature est d'ailleurs éditée par Hannah Humphrey le 20 février 1805, sous l’empire.

Tallien et Barras sont les témoins des mariés et bien entendu Teresa est présente à cette cérémonie. Le coup d'Etat du 18 Brumaire met un terme à la carrière publique de Thérésa. Bonaparte, qui l'a autrefois beaucoup aimée, ne l'admet pas à sa cour, ni sous le Consulat, ni sous l’Empire. Les rapports de Teresa avec Bonaparte sont très tendus. Il écrit un jour à Joséphine :

Je te défends de voir madame Tallien, sous quelque prétexte que ce soit. Je n'admettrai aucune excuse. Si tu tiens à mon estime, ne transgresse jamais le présent ordre.

Devenu empereur, il lui refuse une invitation pour le bal des Tuileries, au prétexte qu'elle avait eu 2 ou 3 maris et des enfants de tout le monde. Mais pas de lui !

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Membres du Directoire. Barras est au centre.

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OUVRARD (1798)[]

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La postérité l’a retenue sous le nom de son deuxième mari, Tallien, bien qu’ils ne sont que vaguement liés pendant trois ans. Mais si l’on y ajoute les deux années de sa liaison avec Barras, quel quinquennat ! Avec Ouvrard ils ont trois enfants et avec le Prince de Chimay ils sont mariés 30 ans ensemble (1805 - 1835) et ont quatre enfants.

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Une relation d’affaires de son père[]

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Jean-Baptiste Isabey (1767 - 1855). Bildnis der Madame Tallien, 1800.

L’hôtel de Chanaleilles acheté par Teresa et pas par Ouvrard.

Hôtel de Chanaleilles.

Le château du Raincy est loué par Ouvrard.

Teresa lui préfère Ouvrard, banquier et richissime fournisseur des Armées. C'est à la chaumière Tallien que Bonaparte et Ouvrard se rencontrent. Ouvrard écrira plus tard dans ses Mémoires :

J'étais loin de prévoir qu'il tiendrait dans ses mains les destinées du monde et que son inimitié aurait une si funeste influence sur ma vie.

Le financier Gabriel-Julien Ouvrard est d’abord une relation d’affaires de son père. A l'époque du traité de Bâle (22 juillet 1795), Ouvrard et Francisco Cabarrús s’entraident.

Le ministre espagnol parle à Ouvrard de la situation difficile que la guerre avec les Anglais fait à l'Espagne, La cour de Madrid a dans ses hôtels de la monnaie à Mexico, Lima, Porto-Rico, Manille, pour plus de 100 millions de piastres, en lingots ou argent monnayé.

Comment les faire venir en Europe ? Il n'a plus de galions parcourant les mers, car repérés par les Anglais, ils tombent tous en leurs mains. Ces valeurs restent donc inertes pour l'Espagne. Ouvrard propose un moyen simple, facile, celui des lettres de change établies d'abord sur l'échelle de 20 millions de piastres qu'on pourrait étendre en cas de succès jusqu'à 100.

Après le coup d’État du 18 Fructidor (4 septembre 1797), Térèse quitte Barras.

À l'automne 1798, Notre-Dame de Thermidor et le richissime financier Ouvrard se rencontrent au cours d'une chasse donnée au château de Grosbois. Le Directeur Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux prétend qu'elle aurait fait l'objet d'un marché honteux entre Paul Barras et Gabriel-Julien Ouvrard. Mais cet hypocrite petit bossu, être vaniteux lors du coup d'État du 30 prairial an VII, doit démissionner sous la pression de Barras et de Sieyès. D'où cette haine contre Barras et certainement que cet affreux l'adule, l'envie, puis repoussé le déteste…

La belle Teresa reçoit tout ce qui compte alors à Paris. Femme de pouvoir et d'argent, elle n'a pas besoin de Barras pour devenir la maîtresse d'une relation d’affaires de son père. D'ailleurs son amie Joséphine de Beauharnais entretient un temps une brève liaison avec Ouvrard qui a la délicatesse de régler ses dettes. Rose-Joséphine n'a certainement pas eu besoin de Barras pour devenir la maîtresse du financier. Teresa rend visite en prison à Barras, preuve qu'elle n'aime pas voir souffrir ceux qui essaient de la rabaisser[90].

Quoiqu'il en soit, à partir de cette date, Teresa est fréquemment vue aux côtés du fournisseur des armées. A peine six mois après leur rencontre, il ne lui offre pas l’hôtel de Chanaleilles, près de la rue de Babylone, c'est Teresa qui l'achète 50.000 francs. Ouvrard l'installe au château du Raincy, mais il ne l'achète pas il le loue en 1799.

Teresa est riche et elle va considérablement enrichir Ouvrard, comme Francisco Cabarrús, son père, avant elle. Le banquier est plutôt connu pour un trafic effréné de biens d’Eglise et d’émigrés.

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Les portes du Directoire[]

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Le ministre Bruix qui succède à Georges Pléville Le Pelley, mon arrière-arrière grand-oncle.

Le financier s'est ainsi vu ouvrir les portes du Directoire. Ouvrard est nommé en 1798 fournisseur des vivres de la Marine et fournisseur de l’escadre espagnole, du fait des liens unissant Teresa au ministre et amiral Étienne Eustache Bruix.

Dans ses Mémoires il fait l’aveu d’affaires fantastiques grâce à elle. En particulier lorsqu’il réalise, avoue-t-il, 15 millions de bénéfice dans les affaires des 25 vaisseaux que l’amiral Bruix conduit à Cadix où il rallie la flotte espagnole pour aller vers Gênes[91].

Déjà, de son temps, en démontrant que la nation peut et doit être son propre banquier, Mirabeau démolit la combinaison Necker-Cabarrús. Mais plus tard cette combinaison est reprise par Ouvrard (amant de la fille de Cabarrús) pour le compte de l'Angleterre et de la Restauration.

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Quatre enfants d'Ouvrard[]

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Gabriel-Julien Ouvrard.

Teresa Cabarrùs.

Le 28 mai 1800, Teresa écrit dans une lettre à l'ancien député Pierre-Paul Royer-Collard (1763 - 1845), que le Coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) l’a temporairement éloigné de la politique. Dans ce courrier elle affirme être intervenue auprès d'un ministre, dont elle attend la réponse, et accepte avec joie l'invitation de son épouse :

Je pense qu'elle aura la bonté de ne recevoir que moi... son cœur m'est trop connu pour craindre qu'elle veuille m'exposer à un entretien pénible ce jour là... .

De fait, elle doit craindre qu'on la voit enceinte, alors que son mari est en Égypte et qu'elle vit avec le banquier Ouvrard.

Le financier Gabriel-Julien Ouvrard, qui lui fait quatre enfants, enfants adultérins, ceux d’Ouvrard qui ne quitta point sa femme, laquelle accouchait simultanément d’enfants légitimes[92]. Teresa semble ne pas avoir d'amants pendant cette période, du fait de ses nombreuses grossesses en si peu de temps.

Dans ses Mémoires, Ouvrard, qui tait sa liaison avec Teresa et ses quatre enfants adultérins, synthétise ainsi la situation thermidorienne, à peine quelques mois plus tard :

Parmi les femmes qui contribuèrent à mettre en rapport les hommes marquants de l’époque et à faire reparaître l’urbanité et l’esprit de salon au milieu de nos mœurs nouvelles, aucune ne jeta plus d’éclat que Madame de Fontenay, depuis Madame Tallien ; à la beauté, à l’esprit, elle joignait un caractère qui ne s’était point démenti dans les épreuves auxquelles, avant la Révolution, on croyait les femmes peu capables de résister[93].

Le coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) met un terme à la carrière publique de Teresa. Napoléon oublie que sa femme est aussi une ancienne merveilleuse. Reine du Directoire, Teresa ne peut devenir celle de l'Empire.

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PRINCESSE DE CHIMAY (1805 - 1835)[]

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Teresa Cabarrús se remarie avec le prince de Caraman-Chimay. Ils sont les auteurs de cette dynastie. Elle est appelée pourtant par bien des romanciers Madame Tallien alors qu'au bout de quelques mois ils ne vivent plus ensemble et qu'elle le déteste. La princesse a quatre enfants de plus, avec lesquels elle mène une vie exemplaire jusqu’à sa mort en 1835.

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CABARRUS DE CARAMAN (1805)[]

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Les salons de Madame de Staël[]

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Conférence de Madame de Staël, dessin de Philibert-Louis Debucourt.

Le coup d'Etat de Brumaire met un terme à la carrière publique de Teresa. Elle divorce de Tallien le 8 avril 1802 et quitte Ouvrard.

Repoussée de la cour impériale, Teresa Cabarrús devient alors l’amie de Madame de Staël, romancière, épistolière et philosophe genevoise et française. La fille du célèbre ministre des finances de Louis XVI Jacques Necker. Celui-ci fait des affaires avec les Cabarrus par l'intermédiaire de leurs cousins Joseph Dubernad et Salvat Dubernad qui sont d'origines protestantes et financiers. Madame de Staël est la maîtresse de Benjamin Constant, écrivain et homme politique. Ses œuvres fictionnelles majeures, dans lesquelles elle représente des femmes victimes des contraintes sociales qui les enchaînent, sont Delphine (1802) et Corinne ou l'Italie (1807). Après le coup d'État du 18 Brumaire et la promulgation de la Constitution de l'an VIII, elle devient l'une des pierres angulaires de la résistance contre le régime de plus en plus dictatorial de Bonaparte. Beaucoup d'intellectuels doivent opter pour une vie dans la clandestinité, et c'est dans l'interdit qu'elle poursuit son œuvre de philosophie politique. Plutôt que de se réfugier dans le silence, elle publie les romans qui lui valent une grande célébrité, mais ne tardent pas à lui valoir un exil – de Paris d'abord, puis de France.

Cela lui vaut, en revanche, un immense succès dans toute l'Europe — également des critiques, virulentes, attisées par l'hostilité de l'Empereur à son encontre. De la fin de l'année 1803 au printemps 1804, Madame de Staël fait avec Benjamin Constant un voyage de plusieurs mois en Allemagne, où elle est reçue dans les cours princières comme un chef d'État.

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Son mariage[]

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François Joseph Philippe de Riquet de Caraman-Chimay.

Teresa Cabarrús, Princesse de Chimay en 1805, par le Baron Gérard.

C'est dans les salons de Madame de Staël avec laquelle elle mène une relation passionnée que Teresa fait la connaissance du prince de Chimay. Celui-ci s'en éprend, et elle se remarie le 9 août 1805.

François-Joseph-Philippe de Riquet est officier dans un régiment de dragons au moment où éclate la Révolution française, le jeune aristocrate émigre avec ses frères. Il va être colonel, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, et de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, lieutenant de la louveterie, membre de la chambre des députés des départements de 1815 à 1816. François Joseph Philippe de Riquet de Caraman-Chimay est l’arrière-arrière-petit-fils du constructeur du Canal du Midi, Pierre-Paul Riquet (1609 - 1680). Il est le fils de Victor Maurice de Riquet, marquis de Caraman (1727 - 1807) et de Marie Anne Gabrielle Josèphe Françoise Xavière d’Alsace de Hénin-Liétard, fille du XIIe prince de Chimay et du Saint-Empire. Si son père est le marquis de Caraman, il est lui le XVIe prince de Chimay depuis le 28 juillet 1804. En effet à la mort sans enfant du frère de sa mère, Philippe Gabriel Maurice Joseph d’Hénin-Liétard, XVe prince de Chimay, François-Joseph hérite de la principauté et de la fortune des Chimay.

Napoléon qui est trompé par toutes les femmes qu'il fréquente, et a voulu se marier avec Teresa, traite le Prince de Chimay de :

Misérable qui l'a épousé avec huit bâtards[94].

Le prince est beau, très épris de Teresa et il va braver l'opposition de sa famille devant une déshonorante mésalliance. Il faudra attendre la mort du Prince régnant pour que son fils héritier puisse épouser Teresa, d'abord civilement puis, Tallien étant mort et le premier mariage annulé par un bref du pape Pie VII, ils auront un office religieux.

Madame Tallien est représentée en tableau par le peintre Gérard, telle une déesse antique, couronnée de fleurs dans un décor théâtral.

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Princesse de Chimay[]

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Gouache sur parchemin réalisée entre 1598 et 1602 par le peintre Adrien de Montigny - Le château des princes de Chimay.

Teresa Cabarrús et François-Joseph-Philippe de Riquet sont à l'origine de la dynastie des Princes de Caraman Chimay[95].

Princesse de Chimay.

Le salon du château des Princes de Chimay.

Plus rien n'attache Teresa à Paris. Princesse de Chimay, elle s'installe dans cette ville belge. Quand le couple s'installe au château de Chimay (Pays-Bas, puis Belgique ) c'est pour y mener une vie familiale paisible. Encore 4 enfants vont naître dont une fille décédée en bas âge. Les princes de Caraman Chimay descendent tous du premier Cabarrus capbretonnais connu.

Caraman a été professeur de violon pour survivre en exil pendant la Révolution. Il fonde en 1823 le Conservatoire de Musique de Bruxelles, met en scène l'opéra Jean de Chimay où il participe au chant avec sa femme. Le prince joue au château du violon tandis que Teresa joue de la harpe, danse, chante, et joue la comédie dans un théâtre de verdure.

Pendant leur 25 années de vie commune, le couple reçoit de nombreux musiciens, comme Daniel Auber, Rodolphe Kreutzer, Luigi Cherubini, Charles de Bériot ou Maria Malibran, mais aussi le poète Lemercier, le peintre Isabey... à Paris, puis à Chimay, où Teresa forme une petite cour. Cherubini compose sa Messe en fa dans ce château.

Son prince réside presque constamment dans les Pays-Bas, dont le roi le nomme, en 1820, membre de la première chambre des états généraux. Dans cette assemblée il fait constamment preuve de la plus grande indépendance. Quoique possédant depuis 1804 les biens de la maison de Chimay, ce n’est qu'en 1824 que le roi des Pays-Bas lui confirme le titre de prince.

Le prince et la princesse de Chimay font un noble usage de leur richesse. A Chimay, grâce à eux, tous les bras sont occupés, toutes les misères soulagées, tous les désastres réparés.

Teresa s'éteint au château de Chimay le 15 janvier 1835 et son dernier époux sera enterré avec elle sous la sacristie de l'église locale. Une dernière phrase lui est attribuée :

Quelle vie ! Cela ne ressemble-t-il pas à un rêve ?.

De nombreuses personnes assistent à ses obsèques, dont des personnes dans le besoin qu'elle a aidées et qui lui ont donné ses derniers surnoms : la Bonne Dame de Chimay, la mère des pauvres.

Après avoir été pendant quarante ans le bienfaiteur de ce pays, le prince François Joseph de Riquet de Caraman voudra encore y laisser un monument durable de sa philanthropie : il léguera à leurs enfants la mission de fonder à Chimay un hospice pour les vieillards infirmes, et une salle d'asile pour les enfants pauvres. C’était certainement aussi un souhait de Teresa, elle qui toute sa vie avait fait le bien, même parfois au risque de sa vie.

Teresa Cabarrús dès son enfance veut briller dans la société, et à son époque la société passe par la politique, alors elle s'y imprégne. Elle n'hésite pas à user de ses charmes pour s'approcher du pouvoir. Elle essaie de se faire voir à travers les personnages avec lesquels elle est liée, mais aussi d'éviter de souffrir aux autres quand c'est possible. C'est sa révolution dans la Révolution[96].

Parlant de Teresa dans ses mémoires, la Duchesse d'Abrantès évoque :

Sa beauté animée et charmante, cet air qui réunit vivacité française et volupté espagnole.

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L'héritage de son père[]

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La baronnie de Rabouillet en 1356.

Francisco Cabarrús, son père, meurt en 1810.

Cabarrús est propriétaire en France (Doasit, Pey et Capbreton ; vicomté de Rabouilhet, à la frontière du Roussillon et du Languedoc, par achat 31 décembre 1789). Il laisse aussi des milliers d'hectares de terres dans la région de Valencia, sur lesquelles il a fait creuser des canaux d'irrigation et qu'il a rendues fertiles par de nouvelles techniques agricoles[97]. Il a des biens à Madrid et des fonds importants dans différentes banques.

Ses biens sont partagés entre le seul de ses fils encore en vie en 1810, Domingo de Cabarrús y Galabert (1774 - 1842), sa veuve María Antonia Galabert y Casanova (1755 - 1827), son frère Pedro Cabarrús y Lalanne, son oncle Paul Lalanne, frère de sa mère, son beau-frère Paul Faurie et bien entendu sa fille, Teresa.

Lorsque Ferdinand VII d'Espagne revient sur le trône, la famille de François Cabarrus est persécutée, sa fortune et ses biens confisqués. Avec la tourmente politique qui suit cette période, son héritage est tantôt rendu, tantôt confisqué, en fonction des humeurs des dirigeants madrilènes.

Teresa perd sa mère le 1er décembre 1822 à Paris.

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Le château de Chimay.

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SES UNIONS ET SES ENFANTS[]

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Teresa Cabarrús a 11 enfants de 5 pères différents.

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SES UNIONS[]

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Napoléon marchant avec Madame Tallien, née Theresa Cabarrus, future princesse de Caraman-Chimay (1773 - 1835) place Vendôme.

La comtesse Teresa Cabarrús est la femme aux trois maris vivants, un marquis, un des dirigeants de la France révolutionnaire et un Prince. Elle a une liaison avec Paul, vicomte de Barras, et Gabriel-Julien Ouvrard, financier. Elle est demandée en mariage par Napoléon Bonaparte qu'elle éconduit, mais qui se venge en interdisant à Joséphine de la fréquenter. De 1800 à 1835 elle est une mère de famille honorable, fidèle à son mari.

Même si certains moralistes trouvent cela discourtois elle ne voit Tallien que pour divorcer. Ce dernier, sans revenus, veut récupérer les biens et l'argent de celle qui a du être sa femme pendant quelques mois. Ouvrard lui propose 12.000 livres de rente et la chaumière des Champs-Elysées. Tallien doit abandonner l'idée de récupérer les 80 millions du financier.

Par contre, le Devin de Fontenay revient en France et vend un à un ses derniers biens et même parfois ceux de Teresa.

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SES ENFANTS[]

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Teresa Cabarrús a 11 enfants de 5 pères différents. Peu de temps après sa mort, deux enfants, nés à l'époque où elle est encore la femme de Tallien et inscrits l'état civil sous le seul nom de Cabarrus, demandent à faire rectifier leur acte de naissance et à prendre le nom de leur père putatif. Les princes de Chimay s'opposent à cette légitimation de leurs frères utérins, mais les tribunaux les déboutent de leur prétention.

Les Cabarrus originaires de Capbreton (Landes) donnent naissance à un arbre généalogique tentaculaire qui nous transporte à Madrid, à Washingtown, aux Philippines ou en Nouvelle Écosse...

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Théodore Devin de Fontenay (1789)[]

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Félix Le Peletier de Saint-Fargeau est selon les rumeurs son père, mais ses parents ont des relations sexuelles régulières et ses grands-parents paternels épient les moindres gestes de Teresa.

Hôtel de Chaneleilles – La grande galerie. Teresa y séjourne encore après son mariage avec le Prince.

Teresa a un premier fils, un grand et beau jeune homme[98]. Théodore Antoine François Julien Devin de Fontenay (1789 - 1815). Son père est selon des rumeurs peut-être Félix Lepeletier de Saint-Fargeau, le frère de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau. C'est un petit garçon blond, Théodore, qui a cinq ans quand sa mère est emprisonnée à Bordeaux. Il est très grand pour son âge et se trouve sous la garde de ses ex beaux-parents à Fontenay. Elle le retrouvera à Paris lors de sa sortie de La Petite Force après Thermidor. Teresa va garder beaucoup d’estime pour son ancien beau-père qui a élevé son fils Théodore. A sa mort elle se dit ruinée mais elle l’est probablement à sa façon. Elle doit vendre son hôtel au 136 de la rue de Babylone. C'est l'emplacement d'une des entrées sur le parc de l'hôtel de Chanaleilles par laquelle le financier Gabriel-Julien Ouvrard fait entrer la plus splendide des Merveilleuses, Thérésa Cabarrus, âgée de vingt-six ans et connue sous le surnom de Notre-Dame de Thermidor, à l'état-civil Mme Tallien. Ouvrard lui offre une clef d'or ouvrant la porte du bâtiment dont il vient de lui faire cadeau en cette journée hivernale de 1799 écrit Arsène Houssaye. La princesse de Chimay citée dans Madame Tallien, royaliste et révolutionnaire affirme en voir fait l'acquisition le 28 pluviôse an VII (16 février 1799), par acte devant maître Larcher notaire, pour une somme de 50.000 francs.

Selon ses contemporains Théodore Devin de Fontenay (1789 - 1815) est un brillant officier durant les guerres de l’Empire[99]. Il est volontaire dans la Garde du roi de Naples en 1806, officier dans la légion portugaise (1808), aide de camp du général Beaumont (1809), capitaine au 3e hussards (1813), au Chasseurs des Ardennes en 1824. Il combat contre les guerilleros en Espagne avec le Général de Saint-Chamans[100]. Le général Thiébault, qui l'a dans son état-major pendant la campagne de Portugal de 1808, en fait le plus grand éloge :

Grand, beau, Fontenay, par sa prestance, est le digne fils de sa mère. C'était, de plus, un excellent jeune homme, garçon charmant qui nous avait rejoints à Lisbonne et que j'avais pris avec moi parce que, parlant très bien l'anglais, Il me servait d'interprète.

On le retrouve au 2e Corps de Cavalerie pendant la campagne de Russie :

Devin de Fontenay, Théodore (01.05.1789, Paris, Seine) est Lieutenant, aide de camp. Il est affecté au 8e régiment de hussards le 09.02.1813. Promu chef d’escadron surnuméraire le 23.12.1813. Mort à Paris le 10.02.1815[101].

Selon les rares sources sur sa fin de vie il est mort lieutenant-colonel du régiment du Royal-Dragons, officier de la Légion d'honneur, des suites de ses blessures en accompagnant le roi en exil à Gand, dans sa demeure, à Paris, 45, rue Saint-Louis-en-l'Isle (de nos jours la Maison Moinet). Il repose au Père La Chaise.

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Joséphine Tallien de Cabarrús (1794)[]

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Félix de Narbonne-Pelet enfant.

En 1815, Teresa séjorne avec sa fille chez Émilie Pellapra (1806-1871), épouse du comte de Brigode. Émilie Pellapra va se remarier le 30 août 1830 avec un de ses fils, le prince Joseph de Riquet de Caraman (1808 - 1886). C'est là que le comte la rencontre.

Thermidor Joséphine (alias Laure) Tallien est née le 26 mai 1794 et décédée le 25 avril 1862, à Nice, au 10, rue du Pont Neuf, âgée de 67 ans, veuve du vicomte Jean Raymond Félix de Narbonne-Pelet (1783 - 1857). Sa marraine est Joséphine de Beauharnais. Voulant échapper à son passé révolutionnaire, son père la prénomme Laure. C'est sous ce prénom qu'elle fait sa première communion. Sa mère ne l'appelle que Joséphine, selon une lettre autographe adressée à Pierre Etienne Cabarrús le 23 septembre 1807.

Joséphine Tallien de Cabarrús se marie le 24 avril 1815 avec Félix de Narbonne-Pelet, fils d'un Lieutenant aux gardes françaises, Chevalier de l'ordre de Saint-Louis. Il est comte, officier, préfet du temps de la Restauration, puis percepteur des contributions directes en Basse Bretagne, puis à Clermont-Ferrand. Tallien dote sa fille unique avec mille écus par année, mais à la mort de Louis XVIII il ne touche plus sa pension de 6.000 francs[102].

Ce magnifique mariage est encore un jeu de l'amour et du hasard, car il s'est fait contre le gré de la famille de Narbonne-Pelet. Thermidor est fort belle, et le comte Félix de Narbonne, comme le Prince de Chimay, passe sur toutes les oppositions pour la posséder[103].

Le couple a six enfants.

Les Pelet produisent des titres qui les font descendre de Jean Pelet, seigneur de Méjanès, frère cadet de Louis Pelet, seigneur de Bourbas, auteur du vicomte de Narbonne-Pelet. Cette filiation est prouvée par des testaments et des contrats de mariage. Une partie de la famille de Narbonne-Pelet reconnait, comme parents, Jean et Pierre Pel[l]et ; comme on le voit, dans un mémoire qui est déposé aux Archives départementales de la Gironde. Les Pel[l]et de Bordeaux continuent à écrire leur nom avec un seul L, mais encore le font précéder du nom de Narbonne qui se transmet à leurs descendants[104]. La comtesse Jeanne- Marguerite de La Bove est la fille d'un intendant de Bretagne, Gaspard Louis de Caze de La Bove et par la loi du 8 avril 1834 riche pensionnaire de l'ancienne liste civile (donc victime de la Révolution). Elle est alliée à la fine fleur du Faubourg Saint-Germain[105].

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N Barras (1797)[]

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Teresa Cabarrús a un enfant avec Barras qui naît le 20 décembre 1797 au château de Grosbois, mais il meurt à la naissance.

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Les enfants d'Ouvrard[]

. ⚫ Teresa Cabarrús a quatre enfants avec Ouvrard. Ils sont tous nés dans l’hôtel de Chaneleilles et élevés avec Émile de Girardin chez les époux Choisel, au 17 boulevard des Invalides. Girardin est le petit-fils de René-Louis de Girardin, maréchal de camp, né à Paris en 1735 et mort à Vernouillet en 1808, issu de l'une des plus anciennes familles patriciennes toscane, les Gherardini de Florence (IXe siècle). Dans cette maison on connaît mieux Lisa Gherardini, Mona Lisa, Lisa del Giocondo. René-Louis de Girardin, son grand-père, importe sur le continent le jardin anglais avec ses jardins d'Ermenonville.

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Clémence de Cabarrus (1800)[]

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Documents du Minutier central des notaires de Paris concernant l'histoire économique et sociale (1800-1830).

Fondatrice des Dames de Saint-Louis de Juilly.

Clémence de Cabarrus (1800 - 1884), née dans l’hôtel de Chaneleilles, épouse le 12 février 1822 Hyacinthe de Vaux, Capitaine de la Garde Royale, capitaine aide de camp du général de brigade Lacoste, major en France (1824), colonel en Belgique (1786 - 1847), chef de bataillon dans la Garde royale, chevalier de Saint-Louis et de la Légion d'honneur. Elle épouse un homme de 13 ans de plus qu'elle et le ménage se sépare au bout de 10 ans. Il retourne en Belgique et Clémence se tourne vers Dieu.

Madame la baronne de Vaux, après son veuvage, devient soeur Thérèse de la Croix et fonde le noviciat des frères de l'école chrétienne[106]. Devenue veuve, elle se consacre au sort des prisonniers. Entrée en religion en 1840, elle crée la Congrégation des Dames de Saint-Louis, à Juilly, dont elle devient la mère supérieure.

En 1829, lorsque la baronne de Vaux, la fille de la célèbre Mme Tallien, la future fondatrice des Dames de Saint-Louis de Juilly se rend rue Jacob pour, sur les conseils de son directeur de conscience, faire la connaissance du génial auteur de l'Essai sur l'Indifférence et lui demander certaines explications. « Un petit garçon vint m'ouvrir, confie-t-elle, et me fit entrer dans une salle blanchie à la chaux, étroite et froide. Assis près de la table, un homme écrivait. Elle ne fit pas attention à ce pauvre être qui lui semblait affreusement laid, chétif, malingre, rabougri. Elle s'approche du foyer où s'éteignaient deux tisons, prend une chaise de paille et s'assied, en attendant M. de La Mennais . Après quelques minutes, le petit homme qui écrivait se lève : - Vous venez voir M. de La Mennais, Madame ? — Oui, Monsieur — C'est moi. Jugez de ma stupéfaction, ajoute-t-elle, quand j'entendis ces deux mots : c'est moi. En lisant L'Essai, je m'étais imaginé une manière de colosse, superbe, puissant et beau.

Les élèves de la maison d'éducation des dames de Saint-Louis, dont elle est supérieure, à Juilly, conservent le souvenir de sa très grande taille et de sa barbe au menton, et aussi de certaines fantaisies qui cadrant peu avec la sévérité des règles d'un ordre religieux. Elle y meurt à la fin de 1884.

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Édouard Tallien de Cabarrús (1801)[]

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Édouard Tallien de Cabarrús (1801 - 1870).

Jules Joseph Édouard, le 19 avril 1801, dans l’hôtel de Chaneleilles, fils de Gabriel Julien Ouvrard et de Thérésia Cabarrús .Le futur docteur Édouard Tallien de Cabarrus (1801 - 1870), docteur Homéopathe, médecin réputé sous le 2nd Empire, médecin de Napoléon III, ami (et médecin) de Victor Hugo, Lamartine, Balzac Alexandre Dumas, Émile de Girardin, Beranger Charles Gounod, du comte d'Orsay, de nombreux acteurs et chanteurs[107], dit le Docteur Miracle. Il soigne Chopin pendant des années.

Comte. Les fils (ou leurs représentants) que Madame Tallien, Notre Dame de Thermidor, née de Cabarrús durant son mariage avec Tallien, sont autorisés par décret des 7 novembre 1866 et 23 janvier 1877 à s'appeler légalement Tallien de Cabarrús.

Remarque : Édouard Tallien de Cabarrús, seul fils de Thérésia né avant son mariage avec François Joseph de Riquet, est né le 19/04/1801, tandis que le divorce Tallien de Cabarrús est prononcé le 08/04/1801.

Un des fils d'Edouard, ministre plénipotentiaire, se marie en 1853 au Pont-Saint-Esprit. Dans les années 1930, la descendance d'Edouard est représentée à Paris, à Barcelone et au Guatemala. (Notes JPVR 12/1994 - confirmé verbalement Thierry de Cabarrus 05/11/1999)

Jules Tallien de Cabarrús (fils naturel du banquier Ouvrard), épouse sa cousine Adèle de Lesseps, sœur aînée de Ferdinand de Lesseps et fille de Mathieu de Lesseps, alors consul général de France à Philadelphie. Ils sont les parents de Marie-Thérèse de Cabarrus, épouse du baron Claude Saint Amand Martignon, chef de la comptabilité générale de l'Isthme de Suez.

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Clarisse Cabarrus (1802)[]

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Ferdinand de Brunetière.

Clarisse Gabriel Thérésa (1802 - 1877) est née le 21 mai 1802, dans l’hôtel de Chaneleilles. Elle épouse Achille Ferdinand de Brunetière (1793 - 1869), mousquetaire Noir de la Garde du roi Louis XVIII, lieutenant de la grande vénerie couronne de France, puis de louveterie, Directeur des Haras sous le second empire, notamment directeur du haras de Cluny, chevalier de l'ordre royal de la Légion d'honneur. Ils sont les parents du colonel Ferdinand de Brunetière.

Elle a une liaison avec Émile de Girardin, journaliste, publiciste, Sénateur de Paris

Thérèse devient une femme d'affaires et de presse, même si ses publications sont toutes restées mineures y compris Le Journal des Travaux Publics. Nul ne met en doute l'influence que Girardin exerce sur elle jusqu'en juin 1844, date à laquelle une faillite pousse Madame de Brunetière à s'enfuir rapidement vers Londres. Elle y crée L'Observateur Français, sans doute avec l'assistance d'Émile de Girardin et y touche une pension de Napoléon III de 2.400 francs

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Stéphanie Cabarrus-Lenoir (1803)[]

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Stéphanie Cabarrus-Lenoir née 02/10/1803 dans l’hôtel de Chaneleilles + 12/11/1884 (Bayeux, 14). Elle épouse le 21 novembre 1822 (Paris) Amédée-Ferdinand Moisson (1791 - 1867), baron de Vaux (1840), banquier, aide de camp du Maréchal Ney, capitaine d’Etat-Major, propriétaire, fils de Michel Moisson de Vaux, baron de Vaux (1766-1840), Capitaine au régiment des dragons de la Reine et d'Angélique du Périer.

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Les enfants du prince de Chimay[]

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Grossie, Teresa Cabarrús se transforme en bonne mère de famille, veillant sur les neuf enfants nés de ses différentes amours. Outre le fils de Barras, Théodore Devin de Fontenay qui a accompagné Louis XVIII à Gand est mort de ses blessures de guerre. Quatre enfants sont nés de son union avec le prince. Deux garcons et deux filles.

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Joseph de Riquet de Caraman (1808)[]

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Joseph, Prince de Chimay (1808 - 1886).

Joseph de Riquet de Caraman (1808 - 1886), dit Le grand Prince (il mesure plus de deux mètres), premier fils né de son union avec François-Joseph-Philippe (1808-1865), devient le dix-septième prince de Chimay en 1843, prince de Caraman, élevé près de Paris, Diplomate, politique, Ambassadeur de Belgique à La Haye, ami d’Ouvrard. Il accompagne le financier Ouvrard dans un voyage en Espagne en 1823, puis à Londres en 1828.

Diplomate et homme politique, il est ambassadeur du Roi des Belges à La Haye. Il habite en France jusqu'au décès du Prince François. Il est ensuite très efficace à Chimay, jusqu'à son décès en 1843.

Il épouse en 1830 Emilie de Pellapra (1806 - 1871), veuve en premières noces du comte de Brigode, comtesse douairière de Brigode, la veuve la plus jeune, la plus jolie et la plus riche de France. C'est la fille unique d'un marchand de Lyon, fournisseur des armées de Napoléon, (on la dit être fille de Napoléon et l'Empereur mourant lui fait envoyer de l'Ile d'Elbe un magnifique diamant).

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Alphonse Chimay-Caraman (1810)[]

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Portrait de Teresa Cabarrús et sa famille, après 1815.

Alphonse de Chimay-Caraman (1810 - 1865) comte de Chimay et de Caraman ép. 30/12/1834 (Paris) Rosalie de Riquet de Caraman (1814 -1872).

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Marie Louise de Chimay-Caraman (1813)[]

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Marie-Louise de Chimay Caraman est née en 1813 et décédée en 1814 (Paris).

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Louise de Chimay-Caraman (1815)[]

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Maria Auguste Louise Thérèse Valentine (1815 - 1876) épouse 19/03/1835 Jean du Hallay-Coëtquen, marquis, Garde du corps de Monsieur, officier au régiment de Cuirassiers Dauphin (1799 - 1867) à Paris.

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Les Princes de Chimay - Galerie de Portraits[108].

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NOTES ET RÉFÉRENCES[]

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  1. Famille CABARRUS
  2. Thérésia / Robespierre – la femme qui tua la terreur
  3. Thérésia / Robespierre – la femme qui tua la terreur
  4. Thérésia / Robespierre – la femme qui tua la terreur
  5. Madame Tallien, d'après des témoignages contemporains et des documents inédits, Louis Sonolet, HACHETTE LIVRE et la BNF, Paru le 1 septembre 2019.
  6. Thérésia / Robespierre – la femme qui tua la terreur
  7. Maïté Bouyssy, Thérésia Cabarrus, de l’instruction des filles et de la Révolution, Annales historiques de la Révolution française, 344 | 2006, 125-146.
  8. Les salopes de l'histoire. Agnès Grossmann. Acropole 09/06/2016. EAN : 9782735703982.
  9. Arch. de Bayonne, AA 25 avril 1789.
  10. Cornevin Robert, Cornevin Marianne, La France et les Français outre-mer: De la première Croisade à la fin du Second Empire, Tallandier, 1990, p.73
  11. Lehr Henry, Les Protestants d'autrefois: sur mer et outre mer, Librairie Fischbacher, 1907, p.38 et 39.
  12. Joseph Nogaret, Une famille de riches bourgeois sous l'Ancien Régime, les Haraneder, de Saint-Jean-de-Luz, bulletin de la Société des sciences, lettres et arts de Bayonne, 1933
  13. Zylberberg Michel, Une si douce domination, Les milieux d’affaires français et l’Espagne en 1780-1808, Histoire économique et financière de la France. Études générales, 1993, p. 353-354, 358-360
  14. Ozanam Didier, La colonie française de Cadix au XVIIIe siècle d’après un document inédit (1777), Mél. Casa Velasquez, vol. 4, 1968, liste des maisons de commerce françaises à Cadix entre 1724 et 1791.
  15. Francisco de Cabarrús: un personaje y su época, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, Ovidio García Regueiro, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  16. Dictionnaire universel des sciences morale, économique, politique et diplomatique; ou..., J. B. Robinet, A Londres, chez les libraires associés 1777-1778. p. 617.
  17. Correspondance secrète, politique & littéraire ou Mémoires pour servir à l'histoire des..., Guillaume Imbert de Boudeaux, Alexandre-Balthazar-Laurent Grimod de La Reynière, p.4.
  18. Grand Armorial de France, de Raoul de Warren
  19. Dictionnaire des corsaires et des pirates, Philippe Hrodej, Gilbert Buti, CNRS.
  20. Dictionnaire des corsaires et des pirates, Philippe Hrodej, Gilbert Buti, CNRS.
  21. Les grands Basques dans l'histoire universelle: première série, Volume 1, Olivier Baulny, Société Pyrénéenne de Reproduction Offset, 1976.
  22. Thérèse Charles Vallin, François Cabarrus, un corsaire aux finances, A2C médias éditions - Novembre 2013.
  23. Les diplomates espagnols du XVIIIe siècle: introduction et répertoire biographique, 1700-1808, Volume 64 de Casa de Velázquez, Numéro 72 de Collection de la Maison des pays ibériques, Didier Ozanam, Casa de Velázquez, 1998.
  24. Richard Herr, The Eighteenth Century Revolution in Spain. Princeton University Press, 1958
  25. Les Maçons Célèbres
  26. Regureiro Ovidio Garcia, Francisco de Cabarrús, Un personaje y su epoca, Madrid : Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  27. Jean Sarrailh, L'Espagne éclairée de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, Paris, Klincksieck, (1954).
  28. Francisco de Cabarrús: un personaje y su época, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, Ovidio García Regueiro, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  29. Jean Sarrailh, L'Espagne éclairée de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, Paris, Klincksieck, (1954).
  30. Mémoires du Comte Miot de Melito. 2ème et 3ème éd. rev. et augmentée, Miot, André François (1762-1841 ; comte de Melito), p.142 et 143.
  31. El Banco de San Carlos (1782-1829), Alianza Editorial, 1988. ISBN 84-206-9589-0.
  32. Famille Cabarrús
  33. L'extravagante Madame Tallien, née Thérésia Cabarrus
  34. Tous fous ?, Numéro 68 de Nouveau recueil, ISSN 1265-9975 Thierry Hesse, Jean-Louis Bauer, Jean-Charles Vegliante, Liviane Pine, Champ Vallon, 2003 ISBN 287673379X, 9782876733794.
  35. L'extravagante Madame Tallien, née Thérésia Cabarrus
  36. Gentlemen, Bourgeois, and Revolutionaries Political Change and Cultural, Jesus Cruz, 1996 Cambridge University Press.
  37. Kirkpatrick of Closeburn (Memoir), p.71.
  38. Christian Gilles, Madame Tallien, La reine du Directoire, Atlantica, La marquise de Fontenay.
  39. Laura Manzanera, Thérésa Cabarrus, l'ange de la Terreur, Courrier International, no 1534,‎ 26 mars 2020, traduction d'un article publié le 15 janvier dans Historia y vida à Barcelone.
  40. Christian Gilles, Madame Tallien, Biarritz, Atlantica, 1999.
  41. Christian Gilles, Madame Tallien, La reine du Directoire, Atlantica, La marquise de Fontenay.
  42. L'Île Saint-Louis, Jacques Hillairet, FeniXX, ISBN 2707333123, 9782707333124.
  43. L'extravagante Madame Tallien, née Thérésia Cabarrus
  44. Thérésia / Robespierre – la femme qui tua la terreur
  45. Thérésia / Robespierre – la femme qui tua la terreur
  46. Thérésia / Robespierre – la femme qui tua la terreur
  47. Thérésia / Robespierre – la femme qui tua la terreur
  48. Christian Gilles, Madame Tallien, Biarritz, Atlantica, 1999.
  49. L'extravagante Madame Tallien, née Thérésia Cabarrus
  50. L'extravagante Madame Tallien, née Thérésia Cabarrus
  51. L'extravagante Madame Tallien, née Thérésia Cabarrus
  52. Les femmes célèbres de 1789 à 1795: et leur influence dans la révolution, pour servir de suite et de complément à toutes les histoires de la révolution française, E. Lairtullier. 1840.
  53. Etat des communes à la fin du XIXe siècle, Fontenay-aux-Roses : notice historique et renseignements administratifs / publié sous les auspices du Conseil général par Fernand Bournon ; Département de la Seine. Direction des affaires départementales. Montévrain 1901.
  54. Portraiture and Politics in Revolutionary France. Penn State University Press; 1st edition, June 23, 2014. by Amy Freund.
  55. Teresa Cabarrús, un ángel español en la Francia revolucionaria
  56. Thérésia / Robespierre – la femme qui tua la terreur
  57. Thérésia / Robespierre – la femme qui tua la terreur
  58. Jean-Claude Jumièges, Madame Tallien, ou une femme dans la tourmente révolutionnaire, p.12.
  59. Les femmes célèbres de 1789 à 1795 et leur influence dans la révolution, de E Lairtullier. Forgotten Books (16 novembre 2018) ISBN-10 ‏ : ‎024303959X ISBN-13 ‏: ‎978-0243039593. p.285.
  60. Thérésia / Robespierre – la femme qui tua la terreur
  61. Maïté Bouyssy, Thérésia Cabarrus, de l’instruction des filles et de la Révolution, Annales historiques de la Révolution française, 344 | 2006, 125-146.
  62. Teresa Cabarrús, un ángel español en la Francia revolucionaria
  63. Jean Tulard, Les Thermidoriens, Le grand livre du mois, p.45.
  64. Teresa Cabarrús, un ángel español en la Francia revolucionaria
  65. Teresa Cabarrús, un ángel español en la Francia revolucionaria
  66. Les salopes de l'histoire. Agnès Grossmann. Acropole 09/06/2016. EAN : 9782735703982.
  67. Christian Gilles, Madame Tallien, La reine du Directoire, atlantica, p.203.
  68. Christian Gilles, Madame Tallien, La reine du Directoire, Atlantica, p.225.
  69. Pour Dieu et le roi, ou, L'inutile sacrifice: Quiberon, juin-juillet 1795, Henri Lambert, Marque-Maillard 1987.
  70. Thérésa Tallien, "Incroyable", "Merveilleuse" et Première Dame !
  71. L'extravagante Madame Tallien, née Thérésia Cabarrus (suite et fin)
  72. L'extravagante Madame Tallien, née Thérésia Cabarrus (suite et fin)
  73. NOTRE DAME-de-THERMIDOR
  74. Bibliothèque Des Mémoires Relatifs À L'histoire De France Pendant Le 18e Siècle. François Barrière, Mathurin Lescure. Nabu Press (9 avril 2012). ISBN-10 ‏ : ‎ 1279964391 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-1279964392.
  75. Souvenirs diplomatiques de lord Holland, lord Henri Édouard Holland ; traduits de l'anglais, par Henry Richard Vassall-Fox (1773-1840 ; baron), 1851, p.65.
  76. Bibliothèque Des Mémoires Relatifs À L'histoire De France Pendant Le 18e Siècle. François Barrière, Mathurin Lescure. Nabu Press (9 avril 2012). ISBN-10 ‏ : ‎ 1279964391 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-1279964392.
  77. Zylberberg Michel, Une si douce domination, Les milieux d’affaires français et l’Espagne en 1780-1808, Histoire économique et financière de la France. Études générales, 1993, p.486.
  78. Espagne, l'État, les Lumières: Mélanges en l'honneur de Didier Ozanam. Jean-Pierre Dedieu, Bernard Vincent. Casa de Velázquez; 1st edition (October 1, 2004). ISBN-10 ‏ : ‎ 8495555611 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-8495555618.
  79. Bibliothèque Des Mémoires Relatifs À L'histoire De France Pendant Le 18e Siècle. François Barrière, Mathurin Lescure. Nabu Press (9 avril 2012). ISBN-10 ‏ : ‎ 1279964391 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-1279964392.
  80. Espagne, l'État, les Lumières: Mélanges en l'honneur de Didier Ozanam. Jean-Pierre Dedieu, Bernard Vincent. Casa de Velázquez; 1st edition (October 1, 2004). ISBN-10 ‏ : ‎ 8495555611 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-8495555618.
  81. Histoire des grandes opérations financières, etc - Volume 2 - Page 167. Jean Baptiste Honoré Raymond CAPEFIGUE · 1856.
  82. Jean-Claude Jumièges, Madame Tallien, ou une femme dans la tourmente révolutionnaire, Editions Rencontre (1 janvier 1965). p.12.
  83. Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des..., de William Duckett, p.467.
  84. Thérésa Tallien, "Incroyable", "Merveilleuse" et Première Dame !
  85. Thérésa Tallien, "Incroyable", "Merveilleuse" et Première Dame !
  86. Thérésa Tallien, "Incroyable", "Merveilleuse" et Première Dame !
  87. The "Citoyenne" Tallien: Women, Politics, and Portraiture during the French Revolution
  88. Thérésa Tallien, "Incroyable", "Merveilleuse" et Première Dame !
  89. Le Sexe sous l'Empire, Jacques-Olivier Boudon, La Librairie Vuibert, 2019. ISBN 2311103024, 9782311103021.
  90. Teresa Cabarrús, un ángel español en la Francia revolucionaria
  91. Maïté Bouyssy, Thérésia Cabarrus, de l’instruction des filles et de la Révolution, Annales historiques de la Révolution française, 344 | 2006, 125-146.
  92. Maïté Bouyssy, Thérésia Cabarrus, de l’instruction des filles et de la Révolution, Annales historiques de la Révolution française, 344 | 2006, 125-146.
  93. Maïté Bouyssy, Thérésia Cabarrus, de l’instruction des filles et de la Révolution, Annales historiques de la Révolution française, 344 | 2006, 125-146.
  94. Le Sexe sous l'Empire, Jacques-Olivier Boudon, La Librairie Vuibert, 2019. ISBN 2311103024, 9782311103021.
  95. Les Princes de CHIMAY
  96. Teresa Cabarrús, un ángel español en la Francia revolucionaria
  97. Gentlemen, Bourgeois, and Revolutionaries Political Change and Cultural, Jesus Cruz, 1996 Cambridge University Press, p.183.
  98. Reine du directoire: la belle Tallien. Page 396. Louis Gastine · 1895.
  99. L'extravagante Madame Tallien, née Thérésia Cabarrus
  100. Mémoires du général Cte de Saint-Chamans, ancien aide de camp du maréchal Soult, 1802-1832, Saint Chamans, Alfred Armand Robert de (1781-1848). E. Plon, Nourrit et Cie (Paris) : 1896.
  101. 2e Corps de Cavalerie pendant la campagne de Russie
  102. Reine du directoire: la belle Tallien. Page 396. Louis Gastine · 1895.
  103. Reine du directoire: la belle Tallien. Page 396. Louis Gastine · 1895.
  104. B de Rauglaudre, l'intermédiaire des chercheurs et curieux, 1900/01, p. 154 à 156.
  105. Reine du directoire: la belle Tallien. Page 396. Louis Gastine · 1895.
  106. Une fille de Madame Tallien : la baronne de Vaux, fondatrice des Dames de Saint-Louis. Paris : R.A. Corrêa, 1935.
  107. Gautier, Baudelaire: un carré de dames : Pomaré, Marix, ... Page 54, Jean Ziegler · 1977...
  108. Les Princes de CHIMAY
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