Wiki Guy de Rambaud
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                                            Eugénie de Montijo

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Eugénie de Montijo, son mari l'empereur et leur fils recevant l'ambassade du Siam au palais de Fontainebleau en 1864.

Domingo de Cabarrús Quilty, petit-fils de Francisco Cabarrús, se marie avec Enriqueta Kirkpatrick, tante de l'impératrice Eugénie de Montijo et de la duchesse d'Albe[1][2].

Baptême du prince impérial.

La jeune Impératrice Eugénie décide dès 1853 de se mêler du projet de la rénovation du marché des Halles[3].

Ses actions charitables sont innombrables et parfois innovantes. Une charité puisée au plus profond d'une foi simple et sincère et qui lui donne un souci des classes populaires[4].

L'impératrice Eugénie à cheval - 1856 - Charles Édouard Boutibonne.

Sérénade donnée par l'équipage de la Berenguela à l'impératrice Eugénie, à Suez (ABC).

L'impératrice Eugénie de Montijo au milieu de blessés qu'elle accueille dans son château de Farnborough (novembre 1914).

Eugenia de Palafox y Kirckpatrick, Doña María Eugenia Ignacia Agustina de Palafox Portocarrero de Guzmán y Kirkpatrick, dite en France Eugénie de Montijo, est née au 12 de la calle de Gracia à Granada, le 5 mai 1826, et décédée à Madrid, le 11 juillet 1920, dans le palais de Liria. Eugénie est inhumée dans la crypte impériale de l'abbaye Saint-Michel de Farnborough, en Angleterre, avec son époux et son fils.

Eugenia descend de l'ancienne aristocratie espagnole, du côté de son père, mais du côté de sa mère elle a du sang en partie écossais (des partisans des Stuarts en exil) et belge. Eugénie, cataloguée aventurière par la toute petite bourgeoisie s'opposant à Napoléon III, est trois fois grande d'Espagne et après la mort de son oncle immensément riche et titré : duc de Portocarrero, marquis d'Algava...[5]. L’Impératrice n’est connue en France que comme Eugénie de Montijo, en référence à un titre nobiliaire qu’elle n'a pourtant jamais porté[6]. Eugénie demeure une souveraine sans patronyme ou, pire encore, une souveraine avec un faux patronyme[7].

Dans ma famille on est fier qu'Eugénie ait un oncle, petit-fils de Francisco Cabarrús, et un grand-oncle Lesseps (père de Ferdinand de Lesseps), familles alliées à nos ancêtres Dubernad, à la fois Basques et Français. Eugénie, hérite du titre de XIXe comtesse de Teba, à l’âge de 13 ans. Elle a en outre de nombreux autres titres.

Eugenia de Montijo est la fille de Cipriano Palofox y Portocarrero (1785 - 1839), qui devient en 1808, de Guzman Palafox y Portocarrero ou, simplement, de Guzman et, enfin, à compter de 1834, Cipriano Portocarrero, VIIIe comte de Montijo[8]. C'est un franc-maçon, afrancesado (pro-Français), et partisan comme la famille de son épouse de Joseph Napoléon, frère de Napoléon et roi d’Espagne. Bien qu’ayant conspiré contre le roi Fernand VII, ce marquis retrouve ses honneurs à la cour, après la guerre d’indépendance[9].

Don Cipriano de Palafox y Portocarrero, Grand d'Espagne, hérite des titres de son frère. Sa femme, qu'il épouse le 15 décembre 1817, quart-belge, quart-espagnole, est María Manuela Enriqueta Kirkpatrick de Closburn y de Grevignée (24 février 1794 - 22 novembre 1879). Elle est la fille de l'Ecossais William Kirkpatrick of Closeburn (1764 -1837), consul des États-Unis à Malaga, négociant en vins, et sa femme, Marie Françoise de Grevignée (née en 1769), fille du baron de Grevignee et épouse, Doña Francisca Antonia de Gallegos (1751 - 1853).

La sœur aînée d'Eugenia, María Francisca de Sales de Palafox Portocarrero y Kirkpatrick, surnommée Paca (24 janvier 1825 – 16 septembre 1860), qui hérita de la plupart des honneurs de la famille et est XIIe duchesse de Peñaranda, Grande d'Espagne et IXe comtesse de Montijo, un titre plus tard cédé à sa sœur, épouse le XVe duc d'Albe en 1849[10].

Eugénie fait d'excellentes études en France, en Espagne et en Angleterre[11]. Une Gitane, un abbé et même le supérieur d'un couvent lui prédisent qu'elle va être reine ou impératrice[12]. Orpheline de père en 1839, elle vit entre Grenade et Madrid, et voyage avec sa mère et sa sœur en Italie, en France, en Angleterre et en Allemagne jusqu'en 1849. Elles s'installent à Paris où elles fréquentent les salons parisiens.

Dans l'une des nombreuses soirées de l'aristocratie française, lors d'une réception au Palais de l'Elysée, Eugenia est présentée à Louis Napoléon Bonaparte, président de la République française. Il tombe sous le charme d'Eugénie exubérante, élégante, intelligente, d'une grande beauté. Mais elle ne l'épouse qu'en 1853, après plusieurs déceptions amoureuses, car il est triste, laid, de très petite taille[13]. Entre temps sa mère essaie vainement de marier ses filles surnommées avec condescendance las condesitas par la société madrilène. Petites comtesses qui sont quatre fois Grandes d'Espagne, immensément riches et très belles ce qui n'est pas souvent le cas de ces tristes sires.

Eugenia de Montijo porte le titre d'impératrice des Français du 29 janvier 1853 au 4 septembre 1870. Après avoir rencontré une certaine difficulté à enfanter, elle donne naissance en 1856 à Louis Napoléon, fils unique du couple impérial et héritier de l'Empire.

Le premier pavillon Baltard élaboré par Victor Baltard sous la demande de Napoléon III est achevé en 1853. Il ne plait pas à la jeune Impératrice Eugénie qui décide de se mêler du projet de la rénovation du marché des Halles. Victor Baltard est invité à présenter un nouveau projet, plus inspire du Crystal Palace de Londres en utiliser autant de verre et d'acier que possible[14].

Comme Impératrice, elle utilise son influence pour développer les Landes, la Sologne, les Dombes, le Pays Basque, l'industrialisation de la France, les voies de communication et même le Canal de Suez. Son implication dans la politique lui vaut de nombreuses critiques de la part de l'opposition de gauche[15][16]. En Europe elle est surtout connue pour ses fêtes qui font que la mode de son temps est française. Elle fait aussi beaucoup pour la promotion de la femme dans la vie culturelle, la reconnaissance de ses dons et de ses réalisations. Elle s'intéresse aussi à la question sociale[17].

En raison de la régence qu'elle exerce au cours de la guerre de 1870, elle est la dernière femme à avoir gouverné la France avec les prérogatives d'un chef d'État[18][19].

Les années 1870 sont néanmoins très difficiles pour Eugénie. Le régime disparaît en effet à la suite de la guerre franco-prussienne de 1870-1871. Elle doit après la chute de l'Empire fuir. Avec l'empereur, son épouse et leur fils ils vivent en exil en Angleterre. Elle voit successivement le décès de son époux en 1873 et de son fils unique tué durant la guerre anglo-zouloue, en 1879.

Eugenia de Montijo passe le reste de sa vie à travailler à commémorer leurs souvenirs et la mémoire du Second Empire[20]. Elle meurt à 94 ans au palais de Liria à Madrid, dans son pays natal.

Bien que ses détracteurs politiques et personnels disent d'elle qu'elle a agi avec une arrogance excessive, la vérité est qu'elle a accompli son travail avec des dons politiques exceptionnels.


Les archives du Ministère de la Maison de l'Empereur, sous Napoléon III , qui évoquent largement les interventions de l'Impératrice Eugénie, notamment dans le domaine social et artistique, sont conservées aux Archives nationales de France dans la sous-série O/523.


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Qui se souvient encore de tout ce que les Landes et le Pays Basque doivent à l'Impératrice de Biarritz ?

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Sommaire

FAMILLE, PARENTS, JEUNESSE[]

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Parmi ses ascendants, la famille Montijo compte à la fois Jean Ier le Conquérant, Saint-Louis, Alphonse-le-Savant, les Palafox, Portocarrero et Guzman[21].

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FAMILLE[]

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Les Kirkpatricks de Dumfriesshire.

Don Cipriano de Palafox y Portocarrero (1785 - 1839), Grand d'Espagne, dont les titres sont - entre autres - XVe duc de Peñaranda de Duero, VIIIe comte d'Ablitas, IXe comte de Montijo, XVe comte de Teba, VIIIe comte de Fuentidueña, XIVe marquis d'Ardales, XVIIe marquis de Moya et XIIIe marquis de la Algaba. Sa femme est mi-écossaise, quart-belge, quart-espagnole (qu'il épouse le 15 décembre 1817), María Manuela Enriqueta Kirkpatrick de Closbourn y de Grevignée (24 février 1794 - 22 novembre 1879), fille de l'écossais William Kirkpatrick of Closeburn (1764 - 1837) ou Kirkpatrick y Wilson, entrepreneur, membre de clan des Kirkpatricks de Dumfriesshire, qui devient consul des États-Unis à Malaga, et plus tard négociant de vin en gros, et sa femme, Marie Françoise de Grevignée (née en 1769), fille de son associé le baron de Grevignée et son épouse, Doña Francisca Antonia de Gallegos (1751 - 1853).

La sœur aînée d'Eugenia, María Francisca de Sales de Palafox Portocarrero y Kirkpatrick, surnommée Paca (24 janvier 1825 – 16 septembre 1860), hérite de la plupart des honneurs de la famille et est XIIe duchesse de Peñaranda, Grande d'Espagne et IXe comtesse de Montijo, un titre plus tard cédé à sa sœur, quand elle épouse le XVe duc d'Albe en 1849.

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Alonso de Guzmán (1256 - 1309)[]

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Alonso de Guzmán (1256 - 1309).

Alonso Pérez de Guzmán el Bueno y Zúñiga, marquis, dirige l'Invincible armada.

Eugenia de Montijo affronte sans cesse le danger depuis sa naissance. Elle n'a jamais utilisé le nom de famille Guzmán comme père, bien qu'elle soit fière que le sang de son aïeul Alonso Perez de Guzmán (1256 - 1309), défenseur de Tarifa en 1292 et héros de la geste nationale espagnole, coule dans ses veines[22]. Il est mieux connu dans l'histoire comme Guzman le Bon.

En 1309, Guzmán aide Ferdinand IV de Castille à capturer Gibraltar aux Maures, qui l'ont détenu pendant près de 600 ans depuis 711. C'est le premier seigneur de Sanlucar de Barrameda, un héros et noble léonin, à l'époque médiévale. Alonso Perez de Guzmán, le défenseur de Tarifa contre les Maures, héros national dont on répète le cri lancé alors au ravisseur de son fils qui veut le faire flancher :

Mieux vaut mon roi que mon sang[23].

Les Guzmán s’illustrent sur bien des champs de batailles et contractent de nombreuses alliances matrimoniales, toutes prestigieuses, comme avec Jean IV de Portugal ou Alphonse X, roi de Castille et de Léon[24]. Guzman le Bon est le fondateur de la lignée dont descendent les ducs de Medina Sidonia. Le titre ducal est conféré par Jean II en 1445 à l'un de ses descendants, Juan Alonzo de Guzmán, comte de Niebla. L'ajout el Bueno au nom de famille de Guzmán est utilisé par plusieurs de ses descendants, qui sont souvent des hommes d'État, des généraux et des vice-rois coloniaux.

Les ducs de Medina Sidonia sont les principaux magnats du royaume de Séville, contrôlant le comté de Niebla, le marquisat d'Ayamonte, le marquisat de Gibraltar, la seigneurie de Sanlúcar de Barramenda...

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La Casa Portocarrero[]

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Tombeaux de la Casa de Portocarrero (XIVe siècle) au Monasterio de Santa Clara, dont ils sont les Patrons.

Sépulcre de Juan Portocarrero (IXe Señor) et de son épouse María Osorio (Monastère de Santa Clara).

Eugénie descend de la famille Palafox qui hérite des titres et des biens de l'ancienne Casa Portocarrero. Les Portocarrero au XIIIe siècle viennent de Gênes lutter aux côtés du roi Alphonse XI contre les Maures[25].

La lignée Portocarrero est d'origine galicienne. Leur nom dérive de l'ancien lieu de leur installation dans les provinces actuelles de Lugo ou de La Corogne. Plus tard, ils s'allient à une famille portugaise. Tous les biens de la Maison sont inclus dans le Royaume du Portugal. Dès le milieu du XIIIe siècle toutefois certains membres de la lignée émigrent en Castille. Parmi eux se trouve un certain Martín Fernández Portocarrero, qui apparaît comme un page de la chambre du roi Sancho IV, plus tard au service de Fernando IV. Nous savons qu'il a deux enfants : Fernán Pérez Portocarrero et Martín Fernández Portocarrero. Ce dernier est celui qui épouse María Tenorio, fille de l'amiral Alonso Jofre Tenorio, établissant une longue lignée liée aux seigneuries de Moguer et Villanueva del Fresno.

La Casa de Portocarreiro ou Casa de Portocarrero est née dans l'une des familles nobles les plus importantes d' Andalousie. Cela a commencé avec la reconquête de la péninsule quand ils ont réuni les domaines de Moguer, Villanueva del Fresno en la personne de Martin Fernandes de Portocarreiro qui est IIe Seigneur de Moguer et Ier Seigneur de Vila Nova del Fresno.

Les Portocarreros occupent le rang de ricos, puis de grands dans le cercle de la haute noblesse andalouse, étant liés à la Cour pour l'exercice de leurs fonctions. C'est en 1520 que Carlos V accorde le titre de Grand d'Espagne à Juan Portocarrero (IXe seigneur de Moguer), pour les services rendus à la couronne[26].

Les Portocarrero jouent un rôle considérable dans l’histoire espagnole, notamment sur le plan militaire. Don Felipe Antonio de Palafox y Croÿ de Havré, le père de Don Cipriano, meurt en 1790 maréchal de camp des armées royales et gentilhomme de la Chambre[27].

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Les Palafox[]

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Ruines du château d'Ariza. Malgré son aspect actuel, au début du XVe siècle la forteresse la plus importante d'Aragon.

Vente en faveur de Guillén de Palafox, seigneur d'Ariza, en 1477.

L'origine de la baronnie d'Ariza commence avec la famille Palafox, originaire d'Ampurdán (Gérone), lorsqu'elle s'installe en Aragon vers 1381. En effet, Pedro IV d'Aragon vend Ariza et ses villages à son enseigne Guillén de Palafox afin de lever des fonds pour la guerre de Sardaigne. Il y a plusieurs tentatives par la ville pour secouer le joug seigneurial et appartenir à nouveau au roi. Certaines d'entre elles, comme celle de 1490 connue sous le nom de Altérations d'Ariza, aboutissent à l'exécution des chefs des révoltes.

Guillén de Palafox (1364 - 1412), fils de Don Berenguer de Palafox, est le premier seigneur d'Ariza. Il épouse Guiralda ou Geralda de Blanes, fille de Mosén Vidal de Blanes, seigneur de la baronnie de Blanes, avec qui il a deux enfants. Ramón de Palafox y Blanes, n'est le deuxième seigneur, car il est mort avant son père, donc c'est son petit-fils, Antón de Palafox, qui hérite[28].

Les Palafox, issus des anciens comtés de Palas et de Foix, prétendent remonter à un compagnon d’armes de Constantin et sont de fait alliés à d’anciennes familles françaises, les La Trémouille, les Montmorency-Luxembourg, les Montmorin, les d’Halluyn[29].

Les héritiers successifs du marquisat aux XVIIe siècle et XVIIIe siècles ajoutent de nouveaux titres à la lignée Palafox de Ariza. Juan de Palafox Rebolledo y Zúñiga, VIIIe Marquis d'Ariza, reçoit de Felipe V le titre de Grand d'Espagne[30].

Cette vieille famille aragonaise donne à l’Espagne un grand nombre de militaires, ministres et évêques[31].

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Les Croÿ[]

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Le château des princes de Croÿ à Chimay.

N'oublions pas la Maison de Croÿ, illustre famille des provinces belges qui parvient au faîte de sa gloire lorsque Guillaume de Croÿ devient précepteur de Charles de Bourgogne, futur Charles Quint[32]. Cette maison dynastique, qui a à l'origine adopté son nom du château de Crouy-Saint-Pierre, en Picardie, revendique la descendance du hongrois Prince Marc (petit-fils du prince Géza )installé en France en 1147, où il épouse une héritière de la baronnie de Croÿ. La famille Croÿ a pris de l'importance sous les ducs de Bourgogne et puis, après la mort de Charles le Téméraire, au service de leurs descendants Habsbourg dans leurs territoires des Pays-Bas. Plus tard, ils sont devenus activement impliqués dans la politique complexe de la France, de l'Espagne, de l'Autriche et des Pays-Bas. Elle est élevée au rang de princes du Saint Empire romain germanique en 1594. Elle compte trente-deux chevaliers de l'Ordre de la Toison d'Or .

Le comté de Teba trouve son origine en 1460 lorsque Henri IV, roi de Castille, attribue à don Juan Ramirez de Guzman les villas andalouses de Teba et Ardales prises aux Maures par ce dernier. Le majorat ainsi créé est érigé en comté par les Rois catholiques en 1476, l’acte définitif étant signé à Teba en 1492. Le premier comte de Teba est Diego Ramirez de Guzman[33].

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Les comtes de Montijo[]

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Armoiries du roi Carlos II (au-dessus) et du IVe comte de Montijo (en-dessous, soutenus par des lions), sur les murs de Badajoz.

C'est à Montijo, en 1644, que s'affrontent les Espagnols et les Portugais.

Chapelle des comtes de Montijo à Fuentidueña.

Le comté de Montijo, ou del Montijo, est une ancienne entité territoriale. C’est aux Portocarrero qu'est attribuée la villa de Montijo et à leur bénéfice qu’elle est érigée en fief au XVIe siècle. Très concrètement, elle est vendue à don Pedro Portocarrero (IIe marqués de Villanueva del Fresno), par le prince Philippe, futur roi Philippe II d’Espagne, le 11 septembre 1551. La vente est parfaitement documentée. Le prix en est connu – 28.607.378 maravédis – et nous savons aussi qu’elle est approuvée par Charles Quint le 25 décembre 1552 à Metz. Le domaine de Montijo est érigé en comté le 13 décembre 1599 au bénéfice de don Juan Manuel Portocarrero y Villena, son majordome, seigneur des villes de Montijo, Puebla de la Calzada et Crespa en Estrémadure, chevalier de l'Ordre de Santiago[34][35].

La Grandesse est attribuée en 1697 par Charles II au IVe comte de Montijo, don Cristobal Portocarrero y Guzman, auquel la chronique attribue une influence déterminante sur la rédaction du testament du roi Charles II qui est essentiel pour fonder les droits des Bourbons sur la couronne d’Espagne.

Au XVIIIe siècle la lignée directe de la famille Zúñiga-Avellaneda s'éteint en 1829. Cette maison d'une grandeur immémoriale échoit aux comtes de Montijo Trois comtes successifs de Montijo — du VIIe au IXe — utilisent préférentiellement ce titre, reportant ceux de grandeur plus ancienne qu'ils possèdent également.

Cipriano Portocarrero, VIIIe comte de Montijo est de cette lignée répertoriée dès le XIIe siècle, de la famille de saint Dominique de Guzman[36].


La IXe comtesse de Montijo est la célèbre Francisca de Sales Portocarrero, Paca Alba , qui épouse Jacobo Fitz-James Stuart y Ventimiglia, 15e duc d'Alba. Sa sœur Eugenia de Guzmán, comtesse de Teba, est impératrice des Français par son mariage avec Napoléon III et dite de Montijo.

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Les origines de sa mère[]

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Mathieu, Comte de Lesseps (1774 - 1832) est diplomate. Il se marie avec Catherine de Grevigné y Gallegos, grand-tante de la future Impératrice Eugénie et la belle-sœur du petit-fils de Francisco Cabarrús.

Ordonnance royale, datée d'Édimbourg le 15 août 1232, et accordée par le roi Alexandre II, sous le Grand Sceau d'Ecosse. Lettre de confirmation du fief de Closeburn.

John Comyn est tué par Robert Bruce et on cousin, Roger de Kirkpatrick, devant le maître-autel de l'église Greyfriars à Dumfries le 10 février 1306.

Blasons des Kirkpatrick sculptées dans les murs de l'ancienne église de Kirkpatrick à Closeburn. Le blason et la devise sont à peine lisibles au-dessus d'un mémorial dédié à William Kirkpatrick.

John Kirkpatrick de Conheath (également connu sous le nom de John Kirkpatrick de Culloch, ou comme John Kirkpatrick y Wilson).

María Manuela Kirkpatrick de Closeburn y de Grévignée est une noble, fille de Guillermo Kirkpatrick y Wilson (1764 - 1837) : un noble écossais qui s'est exilé en Espagne dans sa jeunesse en raison de son catholicisme et de sa loyauté jacobite, et de María Francisca de Grévignée y Gallegos, de Malaga, familièrement appelée Fanny, d'origine belge et espagnole.

Le nom de Kirkpatrick ou Kilpatrick, semble être associé aux premières églises brito-celtiques fondées au Ve siècle par saint Patrick dans le sud-ouest de l'Écosse, de la Clyde au Solway Firth[37]. Il semble certain que la famille de Kirkpatrick de Closeburn (dans les temps anciens Kil-Osbern) possède des domaines à Nithsdale et Annandale dès le VIIIe siècle[38].

Sir John Bernard Burke, Garter Principal King of Arms, à l'origine de Burke's Peerage, ayant juridiction sur tout le Royaume-Uni nous donne des détails généalogiques sur la famille écossaise de Sa Majesté l'impératrice Eugénie. Le grand-père du grand-père de la comtesse de Montijo est Thomas Kirkpatrick de Knock, dans le comté de Dumfries. Son second fils, Robert Kirkpatrick de Glenkiln, épouse Henriette, fille de John Gillespie de Craigfields, père de William Kirkpatrick de Conheath, qui épouse Marie, fille de John Wilson de Kircudbright, et en a trois enfants, à savoir :

1° John Kirkpatrick, qui prouve, par sa généalogie, sa double descendance des Kirkpatricks de Knock et des Kirkpatricks de Closeburn : il épouse Janet, fille de Thomas Stoddart d’Arkland, dont il eut plusieurs fils ;

2° Une fille encore vivante à Dumfries, et qui est la grande tante de l'Impératrice ;

3° William Kirkpatrick, consul à Malaga, qui épouse une femme de noble famille, et en a trois filles...[39].

Dans le royaume d'Ecosse il semble que le premier Kirkpatrick connu soit au XIIe Yvon (Ivonne) de Kirkpatrick de Kilosbern, qui signe une lettre de Roberto Bruces l'Ancien accordant les droits de pêche de Torduff aux moines d'Abbeyholm. droits qui sont confirmés par le fils du susmentionné, Robert Bruce, qui est seigneur d'Annadale (1141 - 1171)[40]. William descend par une noble et glorieuse lignée de Roger de Kirkpatrick, héros écossais du XIVe siècle, cousins et associé de Robert the Bruce, roi d'Ecosse ; cousin proche de Sir William Wallace et un parent éloigné de Nicole Clark. Roger de Kirkpatrick est né vers 1280 au château-fort des Kirpatrick, Closeburn. Ils se sont installés dans l'ancien comté de Dumfriesshire, dans les basses terres écossaises, jusqu'à l'époque de Sir Roger Kirkpatrick de Closeburn et Bradburgh, seigneur de Closeburn, au XVe siècle, décédé vers 1481. Famille qui, bien que liée au clan écossais Colquhoun, est principalement et historiquement liée par des mariages avec le clan Douglas[41].

La deuxième partie de leur généalogie commence avec la génération suivante, qui se scinde en deux branches bien définies. L'une dirigée par Sir Thomas Kirkpatrick, seigneur de Closeburn et Bridburgh, en tant que successeur des Closeburns, qui au XVIIe siècle obtiennent la baronnie de Closeburn du roi James VII. L'autre dirigé par son frère Sir Alexander Kirkpatrick de Knock et Conheath, en tant qu'initiateur de la branche Kirkmichael, dont le roi James III fait le Ie Lord de Kirkmichael en 1484 et dont nous suivons la lignée jusqu'à Sir William Kirkpatrick de Conheath, Baron de Conheath au milieu du XVIIIe siècle[42].

La troisième partie commence par le fils du précédent, l'Écossais et immigré de Dumfries, nommé William Kirkpatrick de Conheath (plus connu en Espagne sous le nom de Don Guillermo Kirkpatrick y Wilson) que nous considérons comme le fondateur de la branche espagnole, avec nombreux descendants après son établissement à Malaga (Espagne) en 1788, une généalogie que nous développons pratiquement jusqu'à aujourd'hui[43]. Son frère est John Kirkpatrick de Conheath (également connu sous le nom de John Kirkpatrick de Culloch, ou comme John Kirkpatrick y Wilson) et l'oncle de la comtesse de Montijo et la comtesse de Cabarrùs.

Les trois lignées des Kirkpatrick espagnols qui remontent à trois sœurs, filles de la précédente. La première lignée étant les descendants de Doña María Manuela Kirkpatrick de Closeburn y Grivegnée, qui épouse Don Cipriano Palafox y Portocarrero, comte de Teba y Montijo (dont les filles épousent le XVe duc d'Alba et l'empereur de France, Napoléon III)[44].

Les Kirkpatrick espagnols sont divisés en trois lignées issues de trois sœurs qui sont les filles du mentionné précédemment William Kirkpatrick de Conheath (Don Guillermo Kirkpatrick y Wilson) :

¤ La première lignée en tant que descendants de Maria Manuela Kirkpatrick de Closeburn y Grivegnée, mariée à Don Cipriano Palafox et Portocarrero, comte de Teba et de Montijo (dont les filles épousent respectivement le XVe duc d'Albe et Napoléon III l'empereur de France)[45].

¤ La deuxième lignée en tant que descendante de Charlotte Catalina Kirkpatrick de Closeburn y Grivegnée, mariée à son cousin Tomás Jaime Kirkpatrick y Stothert, vice-consul britannique à Adra (Espagne), qui - des trois lignées - est la seule qui porte encore aujourd'hui le nom de famille de Kirkpatrick. Cette lignée était unie par mariage aux marquises d'Altamira, de Oquendo, de Las Marismas Guadalquivir et de Valdeiglesias[46].

¤ Enfin, les descendants de Doña Enriqueta Kirkpatrick de Closeburn y Grivegnée, qui épouse le petit-fils du ministre et comte Francisco Cabarrús, Don Domingo de Cabarrús y Quilty, membre du Conseil municipal de Málaga. Leur fille aînée se marie avec Don Emilio Fernandez de Angulo y Pons, de la mairie de Madrid, Gentilhomme d'honneur de Sa Majesté et Chevalier de l'Ordre Royal et Distingué de Charles III etc. L'autre est Vicomtesse de San Enrique par son mariage avec Don Felix de Vejarano y Bulnes, Ambassadeur d'Espagne à Paris et Chevalier de l'Ordre Royal et Distingué de Charles III[47].

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Château de Closeburn.

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SES PARENTS[]

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María Manuela Kirkpatrick y Grevignée.

Chose étrange et ayant un caractère prédestiné, ce mariage d'amour du Comte de Teba avec Marie Manuela Kirpatrick a une origine napoléonienne.

Cipriano de Guzman, comte de Teba, après avoir suivi en France le Roi Joseph, frère de Napoléon, ex-Roi d'Espagne, participe entre autres à la défense de Paris. Il se voit confier l'aménagement des fortifications de la capitale et, à la tête des élèves de l'École polytechnique, défend la position de la redoute des Buttes de Saint-Chaumont, d'où il dirige les derniers tirs d'artillerie de la défense de la France.

Le colonel Cipriano de Guzman, comte de Teba est envoyé un temps en prison, puis doit vivre à Paris sous étroite surveillance policière, car en Espagne les partisans des Français sont persécutés. Il fait, dès 1813, la connaissance de celle qui va devenir sa femme, charmante et d'évidence cultivée[48]. María Manuela Kirkpatrick séjourne chez sa tante Catalina Grevignée, qui appartient à l'aristocratie bonapartiste, et partage leur sentiments à l'égard des Napoléon[49].

Cipriano de Guzman, trois fois Grand d'Espagne, peut se marier avec la fille d'un négociant le 15 décembre 1817, car celle-ci María Manuela Kirkpatrick y Grevignée est la descendante de familles nobles écossaises, belges et espagnoles.

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Son père[]

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Cipriano Palafox y Portocarrero (1784 - 1839) noble espagnol, homme politique et militaire afrancesado, puis libéral, Grand d'Espagne (1834).

Ornements extérieurs de Grand d'Espagne.

Los Guzmanes de Teba y Ardales.

Blasons du roi Carlos II (en haut) et du IVe comte de Montijo (en bas, soutenus par des lions), sur les murs de Badajoz.

Eugenio Palafox et Portocarrero (1773 - 1834), XVIIe Comte de Teba, XIe Marquis de Algaba, VIIe Comte de Montijo, VIIIe marqués de Valderrábano, VIIe marqués de Osera. Oncle d'Eugenia de Montijo, Comtesse de Teba, son père en hérite.

La Duchesse d'Albe (1825 - 1860), soeur aînée d'Eugénie.

Cipriano Portocarrero, VIIIe comte de Montijo, appelé jusqu'en 1834 Cipriano de Guzman, comte de Teba, (Madrid, 1784 - Peñaranda de Duero, 1839) est un noble, un militaire et homme politique espagnol. Il est le fils de Felipe Antonio de Palafox y Croy, et utilise également le nom de famille Guzmán par héritage d'Inés de Guzmán, Comtesse de Teba. Leurs noms de famille sont enregistrés avec des variantes. D'autres noms de famille, tels que Palafox et Zúñiga, apparaissent dans leurs titres après ceux-ci, dans diverses combinaisons. Cependant, à diverses sources historiographiques et généalogiques lui donnent le nom de son père : Palafox (ou Rebolledo de Palafox).

Don Cipriano peut se prévaloir des patronymes les plus prestigieux d’Espagne :

Palafox y Portocarrero, Croy de Habré (ou d’Havré) y Lanti, López de Zuñiga, Fernández de Córdoba, Leyva y La Cerda, Rojas, Guzmán, Luna, Enriquez de Almansa, Cardenas, Pacheco y Acunas, Avellaneda, Rodríguez de Aza, Ochoa, Bazán, Osorlo, Enríquez de Valdés y Cordona, Acevedo, Chaves, Hinojosa, Chacón, Mendoza, Papata, Vargas, Vivero, Cabrera y Babadilla, Funès de Villalpando, Francès de Arins, Albión, Gurrea, Fernández de Heredia, Monray, Aragón, Enriquez de la Carra, Navarra, Ladena, Bracamonte y Danilla[50].

Franc-maçon afrancesado' (francisé), libéral, il combat aux côtés du roi frère de Bonaparte lors de la guerre d'indépendance espagnole. Il suit cet usurpateur en exil et est décoré après une bataille en 1814, en France, la légion d'honneur remise par l'empereur. La nature l'a créé robuste et svelte, mais les guerres, les souffrances et les malheurs l'ont rendu boiteux, borgne et manchot. A Trafalgar, il a été grièvement blessé ; à Puerto de Santa-Maria, il a eu une jambe brisée en combattant les Anglais ; à l'école d'équitation de Séville, à la suite de l'éclatement d'un fusil, il perd l'œil droit. De noble aspect, ayant grand air, cultivé, il a, malgré l'amoindrissement subi par ses blessures successives, encore belle allure[51].

À son retour en Espagne, Guzman conspire contre le gouvernement absolu de Fernando VII et soutient les libéraux pendant la période triennale de 1820 à 1823.

Réconcilié avec la cour, Cipriano Portocarrero devient VIIIe comte de Montijo à la mort de son frère aîné, Eugenio. Il hérite du comté de Montijo et de la seigneurie de Moguer. De 1837 à 1838, il est sénateur de la province de Badajoz. Il se lie d'amitié avec le célèbre écrivain français Prosper Mérimée rencontré dans une diligence allant à Madrid[52].

Eugenia est sa fille cadette.

Cipriano Portocarrero est mort le 15 mars de 1839 dans le palais de Peñaranda de Duero, à Grenade. Ses restes sont enterrés dans la collégiale de Santa Ana.

Eugenia de Montijo est aux yeux des tous petits bourgeois républicains et des royalistes une aventurière, fille d'un comte miséreux et très laid qui épouse la fille riche d'un petit épicier d'origines incertaines. Or, rien n'est plus faux. En réalité, la nouvelle Impératrice, loin d'être une aventurière en quête d'un beau mariage. Elle appartient à la plus haute et la plus riche aristocratie espagnole. Sa sœur aînée, Paca, épouse le Duc d'Alba, considéré à juste titre comme le premier gentilhomme d'Espagne. Au plus beau titre de son pays s'ajoute, par son mariage, celui de Duc de Berwick, qui lui vient des Stuart et est parmi les plus enviés du Royaume-Uni[53]. Eugénie est trois fois Grande d'Espagne[54].

Son père a comme titres à partir de 1834 :

¤ VIIIe comte de Montijo, donc Grand d’Espagne : la grandesse d'Espagne est l'échelon le plus haut de la noblesse espagnole, immédiatement inférieur à celui des infants (les enfants du souverain).

¤ XIIIe duc de Peñaranda de Duero[55] ;

¤ XVIIe marquis de Moya[56] ;

¤ XIVe Marquis de La Bañeza ;

¤ XIVe Marquis de Mirallo ;

¤ XIIIe marquis de Valdunquillo ;

¤ IXe marquis de Valderrábano ;

¤ XIIe marquis de la Algaba

¤ VIIIe Marquis d’Osera ;

¤ XVIe marquis de Villanueva del Fresno et de Barcarrota ;

¤ VIIe marquis de Castañeda

¤ marquis de Barcarrota[57]

¤ XIIe comte de Baños ;

¤ XIIe comte de Casarrubios del Monte[58].

¤ Xe comte de Mora[59].

¤ VIIIe comte de Ablitas[60].

¤ IXe comte de Santa Cruz de la Sierra ;

¤ XVIIIe comte de Miranda de Castañar ;

¤ VIIe Comte de Fuentidueña ;

¤ XXIe comte de San Esteban de [61] ;

¤ 25e seigneur de Moguer ;

¤ Illustre du royaume[62].


Mais, manchot, borgne, boiteux, voilà ses vrais titres de gloire qui valent plus que des médailles, voilà ses vrais quartiers de noblesse, qui relèguent tous les marquisats et autres comtés aux honneurs accessoires[63].

Je ressemble pas mal à Don Quichotte après son combat contre les moulins, dit de lui Don Cipriano de Guzman y Palafox y Portocarrero, après toutes ses

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Sa mère[]

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Doña María Manuela Kirkpatrick de Closeburn y Grivegnée, épouse du comte de Montijo et duchesse de Peñaranda. Grande d'Espagne.

Francisca Portocarrero Palafox (1825 - 1860), duchesse d'Albe, avec sa sœur l'impératrice Eugenia (1826 - 1920) et sa mère Maria Manuela Kirkpatrick (1794 - 1879).

Le palais de Quinta de Miranda est remanié vers 1780 par Francisco Cabarrús. Il est racheté aux Cabarrus, à la fin du XVIIIe siècle, par les Zapata. Le père d'Eugénie de Montijo en hérite. Sa belle-sœur est mariée avec le petit-fils de Francisco Cabarrús.

Enriqueta María Manuela Kirkpatrick de Closeburn y Grevignée est entre 1847 et 1848 Camarera mayor de Palacio (femme de chambre en chef du palais).

Portrait de Teresa Cabarrús, Princesse de Chimay, cousine de Manuela et ses filles.

Sa mère est Enriqueta María Manuela Kirkpatrick de Closeburn y Grevignée (1794 - 1879), fille de l'Ecossais William Kirkpatrick de Closerbun y Wilson, exilé en Espagne dans sa jeunesse pour avoir soutenu la maison des Stuart dans ses prétentions dynastiques. Il est pendant 18 ans Consul général des Etats-Unis en Espagne et Consul Général des Grands Duchés de Oldenburg et Hanovre. William Kirkpatrick de Closerbun y Wilson est partisan des représailles des navires américains contre les attaques des barbaresques.

En Espagne, l'Ordonnance 137 du 23 février 1797 reconnaît La noblesse et l'ascendance de son arrière-grand-père Sir Thomas Kirkpatrick de Knok, seigneur de Knok[64].

Guillaume de Kirkpatrick, grand-père de Eugenia exporte dans le monde entier des fruits, légumes et vins. Dès son arrivée à Malaga, il crée une filature de coton qui embauche plus de 3.000 ouvriers[65]. Il produit du coton, et le transforme dans des usines de filature et de tissage de coton. En 1800, il achète des terres près de l'embouchure du fleuve Guadalhorce. Là, William Kirkpatrick et Enrique Grivegnée possèdent une belle plantation de canne à sucre à Marbella et une raffinerie/distillerie, en 1806[66]. Il s’installe dans la province de Grenade afin de se lancer dans l’exploitation de mines de plomb, ainsi que dans la savonnerie et la culture des figuiers[67]. C'est un homme encore fort riche, malgré les guerres. Quand sa fille se marie, on dit couramment en Espagne :

qu'elle est riche à millions et belle comme le jour.

Du côté paternel comme du côté maternel, Eugénie de Teba est donc comblée. À sa mort, la Comtesse de Montijo laisse une fortune immense, en grande partie en terres. Les propos ridicules contre William de Kirkpatrick le disant tenancier de bodega pauvre et pas descendant du Clan Kirkpatrick sont surtout dus à la haine contre l'empereur et son épouse, mélangée à une totale inculture.

Très intelligente, cultivée, maîtrisant cinq langues, s’illustrant dans le chant, dans la danse, dans le théâtre, Enriqueta María Manuela Kirkpatrick de Closeburn y Grevignée est de surcroît d’une grâce remarquable... et remarquée. Elle a fait une partie de ses études à Paris, et conservé de cette période une certaine façon d’être en public et des manières toutes françaises[68].

Elle fuit les guerres dynastiques qui ravagent l’Espagne. Avec ses filles, elle parcourt l'Europe et vient souvent à Paris. Elle y a deux amis, qu’elle invite chez un chocolatier de la rue du Bac. L’un d’eux, plutôt gros, avec un collier de barbe, raconte l’épopée impériale et la bataille de Waterloo. Il en a été témoin. Il s’appelle Henry Beyle mais on le connaît sous le pseudonyme de Stendhal. L’autre homme, très mince, est Prosper Mérimée, passionné par l'Espagne où il a voyagé[69].

Eugénie les écoute avec passion. Elle a un caractère fantasque, impétueux, entêté. Elle est pieuse mais également superstitieuse. Bien que son instruction soit assez superficielle, elle parle plusieurs langues. Grande, elle a beaucoup d’allure. Sa mère, intrigante, cherche à marier ses filles. Eugénie, très courtisée, laisse sa soeur, Paca, épouser le duc d’Albe, porteur du titre le plus prestigieux de l’aristocratie espagnole. Manuela s’occupe de bien marier sa seconde fille. Elle cherche un parti glorieux[70].

Le Marquis de Miraflores, Ministre d'Isabelle II, écrit à son proche le Comte de Montijo :

La maison de ta femme, à Paris, est devenue le centre de réunions carlistes. Tous ceux qui arrivent du quartier général de Don Carlos vont chez elle avec des recommandations. Puis-je éviter d'en rendre compte à Madrid ? C'est pour moi un gros souci[71].

Le père d'Eugenia est malade et se sent abandonné. Et puis il est un libéral donc pas proche du nouvel entourage de sa femme et ses filles, les Carlistes.

La grand-mère maternelle d'Eugénie est la noble hispano-belge Marie Françoise de Grevignée y Gallegos. Elle est la nièce de Catherine de Grevignée, épouse de Mathieu de Lesseps, excellent diplomate français, poète et protecteur des arts, fondateur d'une académie ionienne, et donc Ferdinand de Lesseps est son cousin. Elle est aussi la belle-sœur du Comte Cabarrus y Quilty, neveu de Teresa Cabarrús (plus connue sous les noms de Madame Tallien ou Princesse de Chimay), petit-fils du Comte et Ministre Francisco Cabarrús, fils de Domingo de Cabarrús y Galabert[72][73].

La sœur d'Eugenia, María Francisca de Sales Portocarrero Maria Francisca de Sales de Montijo, épouse le duc Jacobo Fitz-James Stuart, duc d'Alba de Tormes, en 1849.

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Le Palais de Peñaranda de Duero, datant du début du XVIe siècle, où est décédé le père d'Eugénie de Montijo.

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SA JEUNESSE[]

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Don Quijote de La Mancha.

De sa naissance à la mort de son fils la vie de Eugenia n'est pas long fleuve tranquille. Raphaël Dargent écrit dans L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur :

L’impératrice Eugénie est ce personnage issu de l’union de l’honneur et de l’ambition, quand les Kirkpatrick s’allient aux Guzman Palafox, quand l’Écosse embrasse l’Espagne, quand le héros Fingal, frappant sur son bouclier et agitant sa lance, surgit des landes de bruyère et s’en va cheminer sur les chemins arides de La Manche derrière l’idéaliste Don Quichotte[74].

A bientôt dix ans, Eoukenia (Eugenia pour Stendhal) est déjà, et sera toujours, la fille de Don Quichotte.

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Sa naissance[]

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Sa maison natale, 12 de la Calle Gracia, est d'une superficie de 578 m² et comprend deux magasins, bureaux et logements. A noter : l'endroit où se trouvent les jardins est aujourd'hui occupé par la zone d'entrepôt d'une des boutiques.

María Eugenia Ignacia Agustina de Palafox-Portocarrero de Guzmán y Kirkpatrick est née à Grenade, officiellement au 12, rue Gracia, le 5 mai 1826. La naissance de la future Impératrice advient deux semaines plus tôt que prévu et à la belle étoile, dans un bosquet de lauriers, de lilas et de cyprès, un tremblement de terre ayant chassé momentanément les habitants de Grenade de leurs maisons[75][76].

À la belle étoile... pas tout à fait, dans une tente aménagée sous des orangers[77][78], à l'extérieur du palais dans lequel réside la famille, de peur d'un effondrement fatal. Eugenia faisant sa première expérience de vie sur une terre qui craque en guise de salut aux premiers souffles de sa vie. Dès sa naissance, elle connaît le danger, mais même si cette fille de Grenade ne va utiliser le nom de famille Guzmán - comme son père - elle va en être la fière et digne héritière de son ancêtre Alonso de Guzmán (1256 - 1309), mieux connu dans l'histoire comme Guzman le Bon.

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Choléra, tueries de religieux (1834)[]

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Eugénie de Montijo vit Calle de Sordo avant de s'installer dans un palais de la Plaza Santa Ana.

Plaza Santa Ana en 1900, en arrière-plan l'ancien palais des comtes de Montijo y Teba, avant sa destruction.

Les décapitations de religieux à Madrid en 1834.

Quand son oncle, dont sa mère a déjoué la fausse paternité[79] décède, en 1834, ils héritent de ce frère aîné. Dans la vie du couple Cipriano/Manuela, l’héritage des Guzman y Palafox est le véritable tremblement de terre[80].

Nous sommes passés de 5.000 francs par an de revenu à 500.000, commente longtemps après l’impératrice Eugénie[81].

Sa famille quitte la calle del Sordo et s'installe dans le caseron (palais) des comtes de Montijo et Teba, dit Ariza, Plaza del Angel, à Madrid, à côté du Palais Royal, au cœur de Madrid[82]. Il est appelé plus tard La Maison des Montijo.

Peu de temps après le décès de l'oncle de Eugenia, une terrible épidémie éclate à Madrid. Le peuple, mal renseigné et trompé par une propagande mensongère qui accuse les Jésuites et les moines d'empoisonner les fontaines, se laisse aller jusqu'à envahir et piller les couvents. Quatre-vingt-treize religieux périssent ainsi assassinés[83].

Les deux petites Montijo, Paca et Eugénie, poussées par la curiosité et, malgré la défense qui leur en est faite par leur mère, se mettent un jour à leur balcon et peuvent voir ainsi des énergumènes couper la tête d'un infortuné religieux. Ce spectacle les remplit d'horreur au point qu'Eugénie, à la fin de sa longue vie, se souviendra encore[84][85].

À l’automne 1835, la guerre civile franchit un nouveau palier. Il est plus prudent cette fois de quitter l’Espagne. Don Cipriano réussit à faire partir discrètement sa femme et ses filles pour Barcelone en les mêlant à une caravane de toreros. Le voyage est long et périlleux. Près de Saragosse, Mme et Mlles de Montijo reçoivent l’hospitalité d’un couvent mais à peine sont-elles parties que le lendemain tous les moines sont massacrés[86]. De Saragosse elles doivent gagner Barcelone, puis Paris. Avant de pénétrer dans Barcelone, on les place en quarantaine dans un lazaret du fait des ravages du choléra.

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Au Couvent du Sacré-Cœur (1835)[]

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Eugenia représentée avec sa sœur Francisca (Pasca), vers 1836. Elle a 10 ans, mais est déjà très grande et très belle.

Couvent du Sacré-Cœur.

Carmen de Mérimée doit sa genèse à ses amies Montijo, mère et filles.

Stendhal est comme Mérimée l'ami des Montijo et donne des leçons à leurs deux filles.

Eugénie de Montijo adolescente (ancienne collection Prosper Mérimée).

Lorsque Manuela et ses filles s’installent à Paris, au 37 de la rue de la Ville-l’Évêque, en 1835, cette rue, est encore peuplée d'hôtels construits pour de riches financiers avant 1789 et habités plusieurs personnages célèbres. L'appartement est confortable et assez vaste.

Francesca et la petite Eugenia ont pour elles un nom, des titres, un patrimoine : Cipriano y a pourvu. Il leur faut en plus de l’éducation et des relations : Manuela se charge d’y pourvoir[87]. Elle fait vite partie de la société mi-libérale, mi-bonapartiste de cette époque, à laquelle appartiennent sa tante Catalina Grevignée et sa sœur Enrequita Kirpatrick, épouse du Comte de Cabarrus. Elles y retrouvent Mérimée qui vient d'être nommé Inspecteur des Monuments historiques, et leur présente les Delessert (Gabriel Delessert est alors Préfet de Police), les Laborde, les Viel-Castel, les Lagrené, Delacroix, David d'Angers, Violet-Leduc, Henri Beyle (Stendhal)[88].

Mais c'est ce père absent et idéalisé qui constitue certainement un élément important de la psychologie de celle qui deviendra l’impératrice Eugénie. Augustin Filon en témoigne dans ses Souvenirs :

Elle avait pour la mémoire de son père une sorte de culte et il y avait de l’attendrissement dans la façon même dont elle souriait en rappelant ses excentricités. Tous ceux qui l’ont connue intimement savent que la miniature du comte Cyprien de Montijo ne la quittait point. Dès les premiers jours d’exil, je la retrouvai sur sa table, comme je l’avais vue tant de fois aux Tuileries[89].

L’enfant de dix ans, l’enfant de onze ans, l’enfant de douze ans écrit son amour à son père et combien il lui manque[90].

Les jeunes filles sont mises en pension peu après leur arrivée à Paris, mais juste quelques mois au Couvent du Sacré-Cœur. Car elles reçoivent dans cet établissement une trop profonde formation catholique, qui les accompagne jusqu'à la fin de leur vie. Sa mère n'a pas envie qu'Eugenia très réceptive à la religion catholique finisse nonne[91].

Puisqu’il faut pour sa mère voir du pays et que la vie est la grande école, en 1837, Manuela emmène ses filles en Angleterre et les inscrit dans une pension à Clifton près de Bristol. La jeune Eugenia déteste cet endroit et, esprit rebelle et aventureux, décide de s’en échapper avec une petite princesse hindoue dont elle est devenue l’amie et s'embarquer pour l'Inde[92].

Au bout de quelque temps, lorsque le Comte de Montijo vient rejoindre les siens à Paris, elles sont donc retirées des pensionnats et confiées à une institutrice anglaise, Miss Flowers, qui devient leur amie et demeure dans la famille jusqu'à sa mort à un âge fort avancé[93]. Elle permet aux jeunes filles s de maîtriser assez bien la langue de Shakespeare[94].

Mérimée apprend aux fillettes le français et les sciences naturelles et Stendhal l'histoire[95]. De grands intellectuels du moment passent par la maison familiale et des voyageurs éclairés leur offrent des nouvelles des événements de l'Europe la plus raffinée, De grandes fêtes sont offertes auxquelles des diplomates, écrivains, musiciens, toreros et grandes célébrités sont présents.

En vérité, Eugenia préfère de beaucoup dessiner ou peindre à l’aquarelle, ce pour quoi elle a un certain talent, ou dépenser son énergie, qu’elle a grande, en exercices physiques. Elle danse déjà avec grâce et avec un certain aplomb et monte remarquablement à cheval, qualité pour laquelle elle se fait assez tôt remarquer. Pratiquant aussi la gymnastique sous la direction du colonel Amoros, bonapartiste espagnol recommandé par son père, elle y démontre de vraies capacités[96].

En 1838, à l'âge de 12 ans, une vieille gitane de Grenade Albaicín s'est approchée d'elle pour lire les lignes de sa main et lui a prédit qu'elle deviendrait reine. Dix ans plus tard, déjà à Paris, l'abbé Brudinet, qui exerce le ministère pastoral aux côtés de la chiromancie, envisage une couronne impériale dans la même main. De curieuses coïncidences ésotériques, confirmées par la suite.

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La Maison des Montijo (1839)[]

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Vie espagnole de l'impératrice Eugénie.

Après son veuvage, en 1839, la vie de la Comtesse de Montijo va devenir brillante et comporter toutes les joies que peuvent apporter les mondanités et la fortune. Ses deux filles, très jolies, deviennent bientôt les vedettes de la haute société espagnole,

À Carabanchel - domaine dont Manuela a hérité de son oncle François Cabarrus[97] - elle reçoit ses amis. Elle fait même construire un théâtre, très fréquenté par les élites de son temps. Ces fameuses rencontres sont mentionnées dans les biographies de Prospero Mérimée et de Ventura de La Vega. Elle se consacre également à la rénovation du domaine de Carabanchel, en particulier de ses jardins.

Enriqueta María Manuela Kirkpatrick de Closeburn y Grevignée est, entre 1847 et 1848, Camarera mayor de Palacio (femme de chambre en chef du palais), le serviteur noble responsable de la Maison royale et du Patrimoine de la couronne d'Espagne, qui est chargé de la personne et des appartements de la reine d'Espagne Isabelle II. Jusqu'à sa disparition en 1931, c'est le plus haut poste au service de la couronne d'Espagne pour une femme.

Orpheline de père en 1839, Eugenia vit entre Grenade et Madrid, et voyage avec sa mère et sa sœur à travers l'Italie, la France, l'Angleterre et l'Allemagne.

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La genèse de Carmen (1847)[]

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Lettre écrite par Prosper Mérimée à la comtesse de Teba, mère d'Eugenia de Montijo, en 1845, lors de la création de son roman Carmen.

Carmen de Mérimée.

Mérimée adore l’Espagne et y séjourne souvent. Au cours de son premier voyage dans la péninsule ibérique, il rencontre la Comtesse de Montijo, mère de la future impératrice de France, Eugénie de Montijo. Elle lui raconte un fait divers tragique : une femme belle et fascinante venant d’être tuée par son amant jaloux.

Parmi l'entourage de sa mère se trouve le romancier Juan Valera, qui laissé dans une lettre une curieuse description de la jeune fille de 21 ans, en 1847 :

Mais plus de transcendance eut ses rapports avec un autre écrivain, le Français Prosper Mérimée qui devint un habitué des réunions tenues dans la maison familiale et qui se lia bientôt d'une amitié particulière avec l'adolescente Eugenia, avec qui il échange des impressions sur les coutumes et les histoires d'un peuple espagnol habitué à se battre pour ses passions de manière incontrôlée à la fois dans l'amour et dans la guerre, et à la suite d'une de ses conversations, Eugenia lui a parlé de la romance mettant en vedette une femme cigarette, un torero espagnol et un soldat, une histoire et une passion que Mérimée a pu argumenter dans son roman Carmen, l'œuvre qui lui a donné l'immortalité, et sur laquelle s'est inspiré plus tard le célèbre opéra du même nom .Georges Bizet.

On sait que l'oncle de Eugenia a comme maîtresse une cigarrera (ouvrière qui fabrique des cigares). Mérimée écrit une lettre pour la remercier de ses récits qui sont à l'origine de Carmen. Il la fait Gitane car il s'intéresse à ce peuple. Il s'inspire aussi beaucoup hélas des écrits de Borrow, en chipi calli - ou la langue des Gitans - intitulé Embeo e Majaró Lucas ? Carmen est transformé plus tard en un opéra composé par Bizet.

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Influence sur Stendhal[]

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Clélia Conti.

Certains spécialistes prétendent même qu’Eugenia, dont la beauté s’affirme de plus en plus et dont le caractère ne cesse d’impressionner autour d’elle, est l’une des inspiratrices de Stendhal. Les mêmes voient parfois la future impératrice des Français sous les traits de son héroïne Clélia Conti, laquelle apparaît comme une jeune fille de quatorze à quinze ans quand elle croise pour la première fois Fabrice del Dongo[98].

Clélia Conti est la fille du gouverneur de la prison dont tombe amoureux Fabrice Del Dongo, cadet d'une riche et importante famille milanaise, dans La Chartreuse de Parme.

Stendhal regrette tant ce départ qu’il se confie dans une lettre datée du 30 novembre 1839 à son ami di Fiore :

Lutèce sans Pakit [surnom de Paca] et Eouki et leur mère était plutôt insipide. […] Je regrette vivement mes deux amies de quatorze ans, ces deux charmantes Espagnoles[99].

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Ses deux amours[]

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En Espagne, comme au Royaume-Uni, personne ne conteste les recherches de Burke sur les Kirkpatrick. Donc Paca et Eugenia sont courtisées par des Grands d'Espagne.

Paseo del Prado.

Paseo del Prado.

Paseo del Prado.

Le Duc d'Albe qui va finalement se marier avec Paca et pas sa soeur Eugenia.

Le Duc de Sexto en 1874.

Sofía Sergeïevna Troubetzkoy (1838 - 1898 ), princesse, certainement fille de Nicolas Ier de Russie, joue un rôle important avec son second mari, José Osorio y Silva, XVIIe marquis d'Alcañices, dans la Restauration Bourbon qui permet à Alphonse XII d'Espagne de régner.

Les filles de Montijo s'installent à Paris, où induites par l'ambition maternelle, fréquentent les salons parisiens. L'ambition s'est presque transformée en obsession de marier ses filles aux plus beaux partis de l'aristocratie européenne[100].

La reine Isabelle se marie le 10 décembre 1846 à Don François d’Assise, duc de Cadix, pendant que l’infante d’Espagne épouse le duc de Montpensier, fils de Louis-Philippe. Ce double mariage donne lieu à de grandes fêtes à Madrid. Puisque Manuela est désormais fort introduite dans l’entourage de la reine, Eugenia est nommée demoiselle d’honneur pour le mariage[101].

Cela suscite non seulement des jalousies terribles, mais aussi des potins malveillants, des rumeurs infondées, des moqueries excessives, des histoires insensées sur sa réussite à accéder au poste de Camarera mayor de Palacio, due uniquement à l'amitié d'une reine pour la comtesse et ses filles. Le décret est rédigé en les termes très flatteurs que voici :

La charge de ma Caméra Mayor étant devenue vacante, j'ai nommé la Comtesse, veuve de Montijo, Duchesse de Penaranda, en considération de ses hautes qualités et de son adhésion soumise à ma personne[102].

Une fois en fonction, sa mère en constate les multiples inconvénients et cette charge ne tarde pas à peser lourdement sur ses épaules. En dépit de son dévouement à Isabelle II et de la grande affection qu'elle a pour elle, la Comtesse de Montijo ne songe qu'à se démettre et à recouvrer sa liberté. Aussi saisit-elle le premier prétexte pour démissionner. Elle le trouve à propos d'un différend qu'elle avait eu pour une raison de service avec le Marquis de Miraflores, Gouverneur du Palais, le même qui, quelques années auparavant, l'a dénoncée à son mari comme intrigant à Paris avec les Carlistes[103].

Dans ce climat de querelles de personnes Eugenia est accusée d'histoires d'amour avec les soi-disant amants de sa propre mère, en faisant un personnage menant une vie libertine et insouciante. Des jaloux la surnommant pour se moquer d'elles Miss Montijo. Elle commence à être mal vue dans une partie haute société[104], même si son existence va toujours être réglée par les principes de son éducation catholique.

On la voit avec sa soeur au Paseo del Prado, à l'époque la promenade à la mode, dans un élégant équipage attelé de mules aux harnachements andalous. De brillants jeunes cavaliers appartenant à l'aristocratie espagnole entourent leur voiture. Ils sont Duc de Sexto, de Osuna, d'Albe, de Medinacelli. Les deux premiers s'intéressent longtemps à Eugénie.

Les prétendants ne manquent pas et le plus prestigieux se déclare en 1843 en la personne du duc Santiago Luiz Fitz James y Ventimiglia, duc d’Albe. Avec ses trente trois noms, le duc d’Albe est le plus grand des Grands d’Espagne et la comtesse de Montijo-mère se réjouit de cette alliance. Elle ne doute pas que Paca soit l’heureuse élue, mais elle déchante vite…. Le duc lui demande la main d’Eugénie. Aussitôt, elle fait comprendre à sa cadette qu’elle doit s’effacer devant l’aînée.

Eugenia panse son cœur et s’éprend bientôt du marquis Pepe d’Alcanices, Duc de Sexto, qui partage ses sentiments. Cette fois, rien n’entrave leur union, mais le marquis tarde à se déclarer.

Selon certaines sources la réputation de Doña Manuela, sa mère, y est pour beaucoup. Ses incartades comme Camarera mayor de Palacio d’Isabelle II, et une manie de tout régenter à la cour. On raconte que la reine comprend son erreur et la renvoie au bout de trois mois. Le père du marquis, le duc de Sexto, ne veut donc pas d’Eugénie pour belle-fille et, en fils obéissant, Pepe s’incline.

La vérité est toute autre. Un billet de la Reine conçu en termes très affectueux, n'est point de vaine politesse. La fidélité de la Comtesse de Montijo envers Isabelle II, demeure inaltérable. Elle pèse, comme on le verra plus loin, et d'une façon néfaste, en 1870, dans l'imbroglio de la Couronne d'Espagne, cause de la guerre de 70[105].

Cette rupture provoque un drame. Pepe d’Alcañices est sans doute son seul véritable amour, car si même si sa fidélité à Napoléon III ne va être jamais mise en doute, on ne peut pas dire qu'elle a pour lui de l'amour.

Eugenia est tombée amoureuse de toute l'illusion de ses 18 ans du marquis d'Alcañices[106]. En apprenant la réalité, elle tente de se suicider. Puis croyant que sa vie en est brisée, elle pense à prendre le voile, mais le supérieur du couvent la dissuade en disant :

Tu es si belle qu'en plus il semble être né pour s'asseoir sur un trône.

Envers et contre tout, elle continue à espérer un revirement du jeune homme, même à la veille de son mariage avec l’Empereur. En 1853, elle lui annonce ses fiançailles avec l'Empereur des Français, et du fait de son absence de réponse elle lui envoie un télégramme disant

L'Empereur a demandé ma main, que dois-je faire ?.

La réponse du duc arrive quelques jours avant le mariage, par une note qui dit seulement :

Puissiez-vous être très heureux !!![107].

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Eugénie de Montijo du temps de sa jeunesse.

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EUGENIA IMPÉRATRICE (1852 - 1870)[]

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Remise des clés de la ville à Napoléon III et Eugenia de Montijo en gare de Cherbourg, en 1858.

Médaille Eugenia de Montijo, Impératrice Napoléon III, Palais de l'Industrie.

Médaille Eugenia Impératrice Napoléon III, Palais de l'Industrie.

L'héroïne d'Amiens[108].

Bien qu'Eugénie ne soit pas née princesse de sang royal, elle sait bientôt se montrer à la hauteur dans ses tâches quotidiennes d'impératrice du fait de ses origines, de son éducation et de ses qualités humaines. La dernière de nos souveraines est, en fait, une de nos plus illustres femmes d'État[109].

Eugenia de Montijo exige de Louis Napoléon, avant de céder à ses avances, un mariage officiel. Il est grandiose. Ils ont un fils, l'empereur écrit à Plombières-les-Bains les dispositions relatives à la régence qu'il confie à l'impératrice. Cette dernière plaît déjà beaucoup aux Français. L’impératrice Eugénie n’est pas seulement l’épouse de Napoléon III mais aussi sa conseillère[110].

Elle est d’abord une redoutable stratège politique. La dernière de nos souveraines est, en fait, l'une de nos plus illustres femmes d’État. Avec Eugenia de Montijo le rayonnement de la cour impériale, mais aussi de notre économie, vont être intense. Il faut pendant cette période triste encourager, par une débauche d'élégance et de raffinement, qui fait de la France la reine du monde des élégances, stimuler l'industrie des produits de luxe. Adulée, Eugénie l'est autant pour ses nombreux actes de bienfaisance que pour sa grâce. Paris est reconstruite par le Baron Haussmann, sous les ordres de Napoléon III et selon les goûts de son épouse, Eugenia de Montijo, qui donne leur aspect moderne aux halles de Paris. Et puis, l'un des premiers projets impériaux entrepris par Haussmann est la construction du grand Palais de l'Industrie, sur les Champs-Élysées, auquel le nom d'Eugénie est associé.

De son mariage avec le nouvel empereur des Français, événement de premier plan, à l’organisation de sa fonction où son charme, sa bonté et son intelligence elle est l'une des plus fascinantes têtes couronnées d’Europe[111]. La culture d'Eugenia, par l'étendue des lectures qu'elle a faites, fait que non seulement elle sait parler d'économie et de politique, mais aussi développer nos industries et notre réseau commercial. Selon Charles Picard, avec les fêtes de Mademoiselle Eugénie de Montijo , sous le premier empire, Le commerce et les industries françaises, connaissent un grand développement, notamment à Saint-Quentin, avec des salaires très rémunérateurs.

Du temps de l'impératrice notre nombreuse paysannerie va connaître une prospérité nouvelle et jamais inégalée. Des régions très pauvres (Sologne, Landes, Dombes) vont devenir prospères. Du point de vue de l'histoire économique et sociale de la France, le second tiers du XIXe siècle présente un réel intérêt.

Napoléon III lui confie trois fois la régence : lors de Campagne d'Italie, puis en 1865 pendant un voyage en Algérie et lors de la guerre de 1870. Lors de ses années de régence, elle dévoile un caractère de fer et une droiture sans égale. La dernière impératrice est la base de la construction politique du Second Empire[112].

Eugénie se rend seule à Istanbul, puis en Égypte pour représenter la France où elle préside l'inauguration solennelle du canal de Suez. Les changements du rôle des femmes sur les plans social et politique et évolution de leurs droits en France et même en Europe, sont dus en grande partie à l'impératrice. Ne parlons pas des arts et lettres ou de l'aide aux malades, pauvres et orphelins !

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MARIAGE (1853)[]

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Le prince président Louis Napoléon n’a bientôt plus qu’un désir après leur rencontre en 1849... en faire une conquête de plus. Il va devoir attendre quatre longues années et passer par Notre-Dame de Paris avant sa chambre.

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Première rencontre (1849) ?[]

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Eugénie de Montijo mesure 1,85, est jeune, très belle et sportive. Louis Napoléon dès 1849 ressemble à cela et mesure 1,58.

Eugénie de Montijo avant son mariage.

Eugénie de Montijo priant avant son mariage.

En 1836, Paca et Eugenia se rendent au siège de la préfecture assez souvent pour y prendre leurs leçons de gymnastique avec les enfants Delessert. Et c’est là, selon certains biographe, que le 11 juin, elle croise pour la première fois un certain Louis Napoléon Bonaparte, jeune prince de 28 ans qui vient d’être arrêté après l’échec de son coup de force de Strasbourg et qui, dans l’attente d’être exilé pour l’Amérique, se restaure dans le salon de la préfecture[113].

En 1849 les années ont passé. Après avoir connu deux profonds chagrins d’amour, après avoir repoussé tous les partis qui se présentent à elle, vicomtes, comtes, marquis et même simples hussards, après avoir fait tourner la tête à deux princes, Eugenia est encore un cœur à prendre[114].

C’est à Paris, dans les salons de la princesse Mathilde, fille de Jérôme Bonaparte, qu’Eugenia fait vraiment la connaissance, en 1849, de celui qui n’est encore que le prince-président Louis Napoléon. Ce prince ne compte plus ses conquêtes...[115]. C'est un homme intelligent. Cependant même si ses portraits sont très flatteurs, on a aussi ses photos qui permettent de gommer cette image. Selon Pierre Miquel :

Il a l'air d'un jeune homme vieilli. Il a le regard terne, la physionomie d'un rêveur éveillé, avec sa petite taille, son frac noir....'

Dans les classes plus élevées de la société, les gens sont à cette époque plus grands. André Castelot en fait le portrait suivant :

Lui déplaît-il ? Certes, cet homme un peu gras, aux jambes courtes, au visage trop gros pour le corps, n'a rien d'un Adonis.

Cet homme déjà âgé, apathique, et qui mesure 1,58, est immédiatement subjugué par cette aristocrate qui selon Mérimée

est très grande, très blanche, prodigieusement belle, avec les cheveux qu’aimait le Titien[116].

Elle a 23 ans, mesure 1.85, a des traits réguliers, des yeux bleus et magnifiques cheveux blonds avec des reflets roux et un caractère impétueux et fantasque. Eugenia, contrairement au Prince aime tester ses limites physiques. Lorsqu'elle fait de l'équitation, nage ou pratique tout autre sport qui lui plait, elle emprunte toujours les itinéraires les plus difficiles et les plus dangereux.

Croyant avoir affaire à une aventurière le Prince va déchanter. Quand Louis-Napoléon, à Saint-Cloud, lorsqu'ils passent à table, lui offre son bras, la jeune fille lui dit :

Monsieur, vous oubliez ma mère, tout en offrant d'un geste gracieux, le sien à Bacciochi[117].

Après le repas Louis Napoléon, ose demander à la Comtesse de Teba :

Où passe-t-on pour aller à votre chambre ?

Il s'entend répliquer :

Monsieur, le chemin de ma chambre passe par la chapelle[118].

Et il va attendre quatre années avant qu'elle se résigne à se marier avec lui et partager sa chambre.

Depuis Madrid, Eugénie peut suivre les vicissitudes de son tenace prétendant qui, même couronné empereur, demande en vain à plusieurs reprises à la jeune comtesse Montijo de se rendre dans ses propriétés parisiennes.

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Mariage (1853)[]

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Mariage civil de Napoléon III et Eugenia de Montijo.

Mariage religieux de Napoléon III et Eugenia de Montijo.

L'Impératrice des Français dans sa robe de mariée (The Illustrated London News, 5 mars 1853).

Le 12 janvier 1853, un incident lors d'un bal aux Tuileries, où la jeune Grande d'Espagne se fait traiter d'aventurière par une petite bourgeoise, épouse du ministre de l’Éducation Hippolyte Fortoul, précipite la décision de Napoléon III de demander Eugénie en mariage alors qu'il vient de mettre un terme à sa relation avec Miss Howard[119]. Ce ministre et son épouse sont d'origines inconnues avant 1789 et c'est leur prince que les souverains européens, même ceux apparentés à la famille Bonaparte, regardent comme un aventurier, pas les Grands d'Espagne !!!

Si Eugenia n'est pas devenue l'épouse de Jacobo Fitz-James Stuart, quinzième duc d’Albe, douze fois grand d’Espagne, descendant du maréchal de Berwick, le fils naturel du Roi Jacques II, c'est que sa mère lui donne en mariage sa soeur Paca.

Aux Tuileries, dans son discours du 22 janvier 1853, devant le Sénat, le Corps législatif et le Conseil d'État, l'Empereur déclare :

Celle qui est devenue l'objet de ma préférence est de haute naissance. Française de cœur, par l'éducation, et par le souvenir du sang que son père a versé pour la cause de l'Empire, elle a, comme Espagnole, l'avantage de ne pas avoir de famille en France à qui honneurs et dignités doivent être rendus. Douée de toutes les qualités de l'âme, elle sera la parure du trône, puisque, au jour du danger, elle deviendra l'un de ses vaillants défenseurs. Catholique et pieuse, elle priera au ciel les mêmes prières que je fais pour le bonheur de la France; Gracieuse et bonne, elle fera revivre dans la même position, j'en ai le ferme espoir, les vertus de l'Impératrice Joséphine. (... ) Je viens, Messieurs, dire à la France : J'ai préféré une femme que j'aime et que je respecte, à une femme inconnue dont l'alliance aurait eu des avantages mêlés de sacrifices. Ne dédaignant personne, je cède à mon penchant, mais après avoir consulté ma raison et mes croyances.

L'acte du mariage civil est enregistré au palais des Tuileries dans la salle des Maréchaux, le 29 janvier 1853 à 20 heures. Le mariage religieux suit à Notre-Dame de Paris le 30 janvier 1853. Eugénie de Montijo, comtesse de Téba, est vêtue d’une robe de soie blanche recouverte de dentelle sur laquelle étincèle une ceinture de diamants et parée d’un long voile au point d’Angleterre... tenu par un diadème également de diamants... orné de fleurs d’oranger.

Néanmoins, Eugénie refuse une parure de diamants offerte par la ville de Paris et demande que la somme correspondante soit consacrée à la construction d'un orphelinat[120]. C'est un de ses actes de courtoisie, de bonté et de dévouement qui la rendent rapidement célèbre. Les gens du commun vont rapidement l'aimer car touché par un autre acte de la toute nouvelle impératrice des Français quand elle a fait don des six cents mille francs venant de sa fortune personnelle qu'elle donne à une œuvre de charité.

Eugenia tente de conquérir un peuple français qui ne veut pas d'elle lui, et depuis l'atrium même de la cathédrale Notre-Dame elle quitte le bras de Napoléon III. Elle se retourne vers les milliers de Français qui l'observent, montrant sur sa tête le diadème ayant appartenu à ses deux prédécesseurs Joséphine et Marie Louise et elle s'incline élégamment face à son peuple. En un instant, les Français réunis là-bas passent de la douce indifférence à l'enthousiasme, et des acclamations éclatent de partout.

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Une aventurière ?[]

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Un ancêtre maternel et un autre paternel combattent à la bataille de Teba, en 1330.

National Library of Scotland.

Maxime Michelet le rappelle, le mariage impérial suscite beaucoup de commentaires et est généralement considéré comme un moindre choix, une sorte de mésalliance et pour tout dire, une erreur[121]. Les détracteurs de l'impératrice c'est l' alliance improbable entre les ennemis du nouveau régime et certains de ses partisans, réunis autour du Prince Jérôme et de la Princesse Mathilde. C’est de cette coalition hétéroclite que part l’image de la fille de rien, parvenue jusqu’au trône à force d’intrigues[122].

Sir John Bernard Burke, Garter Principal King of Arms, à l'origine de Burke's Peerage, ayant juridiction sur tout le Royaume-Uni, nous donne des détails généalogiques sur la famille écossaise de Sa Majesté l'impératrice Eugénie. En 1853, ce Burke est nommé roi d'armes d'Ulster. En 1854 il est anobli pour ses recherches et en 1855 il est devenu le Gardien des archives royales. Ses recherche ne sont pas contestées. En Espagne, l'Ordonnance 137 du 23 février 1797 reconnaît la noblesse et l'ascendance de son arrière-grand-père de sa mère Sir Thomas Kirkpatrick de Knok, seigneur de Knok[123].

Eugénie elle-même porte à l’époque de son mariage, de nombreux titres : XVIIIe marquise de Ardales, XVIIIe marquise de Moya, IXe marquise de Osera, XXe comtesse de Teba, XIVe comtesse de Baños, XIe comtesse de Mora, Xe comtesse de Santa Cruz de la Sierra, IXe comtesse de Ablitas, Xe vicomtesse de la Calzada et XVIIe baronne de Quinto[124].

La généalogie des maisons de Montijo et de Teba a au demeurant fait l’objet d’une étude très complète publiée en 1915 sous les auspices du duc d’Albe[125]. Les ducs d'Albe sont la famille le plus titrée d'Espagne.

Dans un ouvrage de la National Library of Scotland on apprend qu'un Kirkpatrick - ancêtre de William - est au siège de Teba, en 1330, comme l'ancêtre des comtes de Teba, dont le père de Eugenia[126]. Il accompagne sir James Douglas (1286 - 1330), chevalier écossais qui meurt pendant la conquête de Teba.

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Naissance de leur fils (1856)[]

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Eugénie de Montijo et l'empereur passe leur lune de miel au château de Saint-Cloud qui devient leur résidence d'été.

L'impératrice Eugénie et son fils en 1857.

La comtesse de Montijo, mère de l'impératrice, se prépare à rentrer en Espagne, puisque sa mission obstinée est déjà accomplie. Il manque juste un hértier à la famille impériale.

La lune de miel a lieu au parc de Villeneuve-l'Étang, à Marnes-la-Coquette, au cœur du domaine national de Saint-Cloud, domaine acquis par le futur Empereur. En décembre 1854, l'Impératrice est enceinte, mais perd l'enfant après une chute de cheval. Malgré les infidélités constantes de son mari, elle redevient enceinte peu de temps après, subissant à nouveau un autre avortement. Les aventures continuelles de l'empereur irritent l'impératrice, car Eugénie ne peut transgresser les commandements de Dieu et sa conception de la loyauté à l'honneur.

Le 16 Mars de 1856, la naissance du prince est très pénible pour l’impératrice Eugénie. On doit recourir aux forceps, qui lui fracturent le bassin. Sa vie durant, l’enfant porte au front la trace des fers.

La ville de Paris offre au prince un berceau orné des armes de l’Empire. Le 14 juin 1856, il est baptisé en grande pompe à Notre-Dame de Paris. Parodiant la phrase célèbre d'Henri IV Paris vaut bien une messe», Napoléon III dit à la cérémonie :

Un tel baptême vaut bien un sacre.

Le parrain est le pape Pie IX, la marraine la reine Victoria d’Angleterre, amie de l'impératrice. Mais Victoria étant de religion anglicane, c'est la reine de Suède Joséphine, fille d’Eugène de Beauharnais et cousine de l’empereur, qui la représente. Le cardinal-légat Patrizi représente le pape et baptise le prince impérial : Napoléon Bonaparte Joseph Louis Eugenio Jean.

L’acte de baptême est rédigé sur le registre de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, la paroisse des rois de France dont dépend la chapelle des Tuileries. L'enfant est dit fils de France, titre repris de l’Ancien régime[127], titre déjà usurpé par Napoléon pour le roi de Rome. On envisage de donner au prince le titre de roi d’Alger, idée vite abandonnée.

Pour célébrer la naissance du prince, Napoléon III annonce le 2 décembre une nouvelle amnistie pour les prisonniers politiques. Dans le même temps, 600.000 Parisiens (un habitant sur deux) font des cadeaux à l'Impératrice. Au matin du 17 décembre, une salve de cent coups annonce la naissance du pays tout entier. L'empereur décide qu'il sera le parrain et l'impératrice marraine des 3.000 enfants légitimes nés en France (c'est-à-dire ceux nés du mariage de leurs parents) ce jour-là le 16 mars.

L'impératrice remplit ainsi sa mission principale. Elle a donné un fils à son mari et à l'Empire un héritier. L'enfant est né un jour de triomphe, un dimanche des Rameaux. Ce que l'heureuse mère aime le plus, c'est que cet enfant, tant désiré, n'est pas seulement un fils de France, mais aussi un fils de l'Église et filleul du pape Pie IX. La bénédiction du pontife pèse sur son berceau.

Le 17 juillet suivant, l'empereur écrit à Plombières-les-Bains les dispositions relatives à la régence qu'il confie à l'impératrice.

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Eugénie de Montijo et son mari.

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EUGENIA ET LA MODE[]

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Eugenia va pendre une part active à la politique de reprise économique de la France. La fête impériale, l'impératrice et la lmode qu'elle crée vont contribuer au développement économique de la France, permettant un certain décollage industriel dans le textile et les industries du luxe. Selon les chiffres avancés par Dominique Barjot, le PIB (produit intérieur brut) passe de 11 à 20 milliards entre 1850 et 1869, avec un taux de croissance annuel moyen de + 1,4 %[128].

C'est l'industrie de la haute couture en France qui est la pionnière la plus importante, Charles Frederick Worth . Sous le Second Empire et sous l'influence du couturier précité Charles Frederick Worth , la crinoline est abandonnée à la fin des années 1860 au profit de l' agitation plus confortable . Côté accessoires, l'Impératrice a une prédilection pour la maison de luxe Maquet, où elle achète de la maroquinerie et commande son papier à en-tête.

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Eugenia et la mode[]

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L'impératrice Eugénie dans une robe inspirée de celles portées par Marie-Antoinette.

Eugénie de Montijo.

Au château de Villeneuve-l'Étang, l'Impératrice veut occuper les chambres de la reine Marie-Antoinette. Grâce à sa beauté et à son élégance, Eugénie contribue largement à l'image du régime impérial et de la France. Sa façon de s'habiller est louée et imitée dans toute l'Europe. Son intérêt pour la vie de la reine Marie-Antoinette élargit la mode néo-classique par ce style très populaire sous le règne de Louis XVI.

De nos jours L’Institut de Protection de la Mode Eugénie de Montijo est nommé ainsi...

... en hommage à Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III, impératrice des français de 1853 à 1870. Il s’agit de la dernière femme à avoir manié le pouvoir en France avec les prérogatives d’un chef d’Etat lors des régences qu’elle a eu l’occasion d’exercer à trois reprises. Protectrice de la littérature et des arts, celle qui fut l’élève de Stendhal et de Mérimée a tenu un rôle déterminant dans l’émergence de la mode telle qu’on la conçoit aujourd’hui. Elle fut, sous le second Empire, la personne la plus influente en terme d’élégance dans tout l’Europe et une source d’inspiration des tendances de l’époque. Le soutien qu’elle a porté à Charles-Frederick Worth, surnommé par beaucoup le “Père de la haute couture”, donna à ce dernier les moyens de poser les bases du modèle économique et du système de la mode moderne et par la même occasion, de contribuer à faire de Paris la capitale de la Mode. Grâce à son influence, celui qu’elle appelait affectueusement “le Tyran de la Mode” a pu diffuser l’image d’un couturier tout autant artiste qu’artisan. Auparavant, il s’agissait d’exécuter les commandes de la clientèle. Charles-Fredérick prend le contre-pied des usages pour proposer ses propres créations artistiques – estampillées “Breveté de S. M. l’Impératrice” – qu’il a l’idée de présenter sur des mannequins vivants appelés “sosies”. Il donne parallèlement un tempo au temps de création en matérialisant les saisons par un changement de collection. Nommer l’Institut d’après Eugénie de Montijo est un joli clin d’œil à notre positionnement et notre action. L’institut a notamment pour ambition d’assurer la protection, la promotion et le prestige de la mode ainsi que de favoriser l’innovation dans ce secteur. Or, c’est, en substance, le rôle qu’a tenu l’Impératrice Eugénie de Montijo dans l’émergence de la mode telle qu’on la conçoit aujourd’hui...[129].

De cette première dame, on a surtout vanté le raffinement[130]. Son rôle d'impératrice passe pour elle par son élégance, sa toilette, ses choix en matière de décoration et même d'architecture.

L'élégance légendaire de l'Impératrice influence le monde de la mode. Le chapeau Eugenia est un nouveau style de chapeau pour femme, incliné et avec la chute sur un œil. Le bord est fortement plié des deux côtés à la manière d'un ornement d'équitation, souvent avec une longue plume d'autruche. Ce chapeau va être repopularisé par la star de cinéma Greta Garbo et devenir dans les années 1930 très populaire.

Dans la décoration comme dans la mode, le textile a connu un remarquable engouement sous le Second Empire (1852-1870), encouragé tant par les fastes de la cour de Napoléon III et Eugénie que par le développement sans précédent de l’industrie. Tandis que les robes à crinoline requièrent des mètres de tissu et des accessoires toujours plus nombreux, la décoration intérieure des palais impériaux ou des hôtels particuliers fait elle aussi la part belle aux textiles, qui tapissent les murs et le mobilier comme en attestent les photographies de l’époque.

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L'industrie textile[]

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France. Lyon. L'impératrice tisse avec un métier à tisser en bois dans la chambre de commerce.

Cette impératrice qui se veut coquette, lance la mode au Second Empire, abandonnant notamment la crinoline à la fin des années 1860 au profit de la tournure, sous l'influence de Charles Frederick Worth, couturier en faveur à la cour. En matière d'accessoires, sa préférence va à la maison de luxe Maquet, où elle se fournit en articles de maroquinerie, en plus d’y commander son papier à lettres[131].

Le succès de Worth s'inscrit dans la trajectoire du Second Empire. Avec Napoléon III, Paris redevient une capitale impériale, dont l'empereur veut faire une vitrine pour l'Europe. La demande en articles de luxe, y compris les vêtements et robes à la mode, atteint des niveaux inconnus depuis la Révolution. Quand Napoléon III épouse Eugénie de Montijo, les goûts de la nouvelle impératrice donnent le ton de la cour. Worth y est en faveur et devient un couturier très demandé dès les années 1860. Il compte dans ses clientes des membres de la haute société parisienne et de l'aristocratie, comme la princesse Pauline de Metternich, épouse de l'ambassadeur d'Autriche. Worth est célèbre dans l’évolution du vêtement pour avoir remplacé la crinoline par la tournure.

L'impératrice devient une icône de la mode. Non par vanité, car elle considère simplement sa garde-robe comme l’une des obligations liées à sa fonction. À cette fin, elle parvient à un accord avec son mari pour promouvoir, par ses tenues vestimentaires et ses bijoux, les secteurs industriels qui en ont le plus besoin, qu’il s’agisse de la joaillerie, du commerce ou du textile.

Cette icône de la mode de son temps est aussi son grand mécène. Elle parraine l'industrie textile française, n'hésitant pas à tisser avec un métier à tisser en bois dans la chambre de commerce de Lyon. Elle pense par ses toilettes rendre hommage à l'industrie textile de la France, et plus encore à l'industrie locale quand il s'agit de visiter telle ou telle région spécialisée dans ce domaine[132]. En cette moitié du XIXe siècle, la France devient leader de l'industrie textile et le monde entier. Les couturières reprennent les rênes de leur corporation en confectionnant le trousseau d'Eugénie de Montijo pour son mariage avec l'empereur Napoléon III, ce qui correspond à 52 différentes pièces, mais qui vont être à l'origine de milliers d'articles vendus ans le monde entier.

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Les autres industries du luxe[]

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Il faut encourager, par une débauche d'élégance et de raffinement, cette industrie des produits de luxe, qui fait de la France la reine du monde. C'est un devoir patriotique. La France qui s'ennuie de vient la France qui s'amuse. C'est la fête impériale ![133].

L'Impératrice songe, parmi ses préoccupations vestimentaires, à encourager les industries françaises, eN faisant faire ce qu'elle appelle des toilettes politiques[134].

les bijoux et les accessoires seront déterminantes pour faire de Paris le moteur de la mode internationale, ce qui profitera largement à l’économie nationale.

Malheureusement, la plupart de ses contemporains ne voient pas les choses sous cet angle. L’impératrice en a conscience. En exil, elle écrira à son ami et biographe Lucien Daudet : « On m’a reproché d’être frivole et d’avoir trop aimé la toilette, mais c’est absurde, c’est ne pas se rendre compte du rôle qu’une souveraine a à jouer, comme une actrice, mais c’est plus difficile ! La toilette fait partie de ce rôle.

La culture de la rose périclitait , l'industrie chimique en est la cause ; Eugénie de Montijo aimait la violette , on développa à Fontenay les plantations qui existaient déjà ; toutes les veillées furent consacrées à la confection des

Les autres industries, surtout la sidérurgie, font des progrès considérables.


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Eugenia et les arts[]

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Empress Eugénie and the Arts. Politics and Visual Culture in the Nineteenth Century.

Le retour à l'ordre moral prêché par l'Église et soutenu par l'impératrice Eugénie, est l'une des préoccupations du régime. Néanmoins elle est la grande protectrice de la culture française, en femme cultivée qu'elle est. Elle protège les écrivains et artistes de l'époque, augmente considérablement la splendeur d'une cour rance, décadente et presque toujours hostile à sa personne.

Dans la vie culturelle de la cour et de la France, l'impératrice participe à la création du style Napoléon III, basé essentiellement sur l'inspiration, voire la copie, des styles du passé. Il soutient entre autres Winterhalter, Waldteufel, Offenbach, ainsi que son vieil ami Mérimée, devenu inspecteur général des monuments historiques, qui en 1853 sera nommé sénateur de France, et qui est alors commandeur et grand officier de la Légion d'honneur.

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LA CONSTRUCTION DES INFRASTUCTURES[]

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Eugenia et Paris[]

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Napoléon III et l’impératrice Eugénie visitent le chantier de l’Opéra, avec le baron Haussmann (à gauche) et l’architecte Charles Garnier (à droite). Le bâtiment reste le meilleur exemple de la fantaisie du style Second Empire.

Paris est reconstruite par le Baron Haussmann, sous les ordres de Napoléon III et selon les goûts de son épouse, Eugenia de Montijo.


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Eugenia et les halles[]

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Le premier pavillon Baltard élaboré par Victor Baltard sous la demande de Napoléon III est achevé en 1853. Il ne plait pas à la jeune Impératrice Eugénie qui décide de se mêler du projet de la rénovation du marché des Halles. Victor Baltard est invité à présenter un nouveau projet, plus inspiré du Crystal Palace de Londres en utiliser autant de verre et d'acier que possible[135].

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Le palais du Pharo[]

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Le palais du Pharo.

Le palais du Pharo (de l'occitan faròt, phare) est un monument marseillais dont la construction est ordonnée par Napoléon III pour l'impératrice Eugénie dans la deuxième moitié du XIXe siècle. C'est en particulier au cours de l'une de ses visites en 1851 qu'il émet le souhait de construire une résidence dans la ville3. La municipalité se montre rapidement disposée à accomplir cette volonté en offrant au prince-président la somme d'un million de francs à titre de participation. L'engouement du conseil municipal envers le projet s'explique notamment par la volonté de remercier Louis-Napoléon Bonaparte pour sa politique méditerranéenne contribuant au développement de la ville.

Le projet de construction est à l'époque le reflet de la construction de la Villa Eugénie entreprise par Napoléon III en 1854 à Biarritz.

À la mort de l'empereur en 1873, la ville de Marseille revendique la propriété du domaine et engage un procès contre l’impératrice, alors unique propriétaire légal. Ceci donne lieu a un virulent procès au terme duquel Eugénie décide en 1884 d'offrir le palais et ses jardins à la ville, à condition qu'ils soient employés à des fins d'utilité publique.

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Visite de l'impératrice (1869)[]

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L'impératrice française et le sultan ottoman Abdulaziz sur le Bosphore dans la caïque impérial.

Le Sultan ottoman Abdulaziz visite la France en 1867. Napoléon III et sa femme prévoient de lui rendre sa visite en 1869 mais les événements en France et la santé de l'empereur l'obligent à abandonner son projet de voyage et il charge sa femme de le représenter.

En 1869, Eugenia entreprend un voyage d'État à Istanbul. Elle est accueillie à Istanbul par des festivités extraordinaires, logea au Palais de Beylerbeyi (sur la rive asiatique) et visita le lycée de Galatasaray.

Le Palais Beylerbeyi, au bord du Bosphore, l'accueille lors de son séjour pendant lequel elle où visite, entre autres, le Patriarcat Arménien Catholique et le Lycée Saint-Benoît. Ce voyage va marquer les relations franco-turques pendant de nombreuses années.

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Le canal de Suez[]

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Le canal de Suez 150 ans 1860-2019 - Émission commune France - Égypte.

L'Impératrice Eugénie (Gustave Legray 1869).

Une des estampes de l'inauguration du canal de Suez par l'impératrice, encadrée dans la salle chinoise de Las Dueñas.

Souper des Souverains à Ismaïlia, lors de l'inauguration (Doc. Unesco).

Eugénie de Montijo est la première de la délégation des souverains à l'inauguration du canal en Egypte.

Outre les grandes artères parisiennes le couple impérial est à l'origine du tunnel du Mont-Cenis. Ils font construire des routes et de nouvelles voies ferrées, et le canal de Suez.

Ferdinand de Lesseps est apparenté à l'impératrice Eugénie et jouit d'une bonne réputation à la cour de Napoléon III. Il use de son entregent pour convaincre l'opinion européenne et rassurer le sultan d'Istamboul. Parmi Les bonnes œuvres de l'impératrice figure le soutien et la défense des travaux du Canal.

Lesseps renonce à solliciter les banquiers car ils réclament une part de la future société d'exploitation du canal en échange de leurs prêts. Foin de banquiers ! Il fait appel à l'épargne publique et multiplie les conférences en Angleterre et en France en vue de séduire les futurs souscripteurs. Il doit surmonter l'opposition du gouvernement anglais qui craint pour sa domination sur le trafic Europe-Asie et pour son propre projet d'un chemin de fer entre la Méditerranée et l'Océan Indien.

Le khédive souscrit lui-même au projet et achète près de la moitié des actions. Il engage aussi le crédit de l'Égypte dans la construction du canal... Ses emprunts, à des taux d'intérêt prohibitifs, vont contribuer à ruiner le pays et finalement le faire passer sous la tutelle anglaise. En attendant, Ferdinand de Lesseps obtient le 25 novembre 1854 une concession de 99 ans. Il fonde le 19 mai 1855 la Compagnie de Suez dont le nom est encore porté par un groupe industriel (Suez Lyonnaise des Eaux). Au terme des travaux, le canal, d'une longueur de 162 km, sur 54 mètres de largeur et 8 mètres de profondeur, traverse l'isthme de part en part. Des villes nouvelles naissent dans le désert : Port-Saïd sur la Méditerranée (ainsi nommée en l'honneur du khédive) et Suez sur la mer Rouge, ainsi qu'Ismaïla, entre les deux.

La jonction des eaux a lieu le 15 août 1869. De ce jour, le canal abrège de 8.000 kilomètres la navigation entre Londres et Bombay en évitant de contourner le dangereux continent africain !

L'impératrice est un élément fondamental dans la construction du canal de Suez, et a un rôle politique et social exceptionnel en participant, après le voyage à Istanbul, comme le plus haut représentant de la France à l'inauguration du même, le 17 Novembre, 1869 a à bord du navire L'Aiglon.  L'inauguration du canal s'est déroulée en présence de grands monarques européens, dont l'empereur François-Joseph Ier, époux de Sissi - qui, par rang, aurait dû être le premier de la délégation du canal, mais donne cet honneur à Eugenia. Ils sont impressionnés par sa beauté.

Le créateur et constructeur de cette grande œuvre d'ingénierie est son cousin au second degré Fernand de Lesseps, qui n'est pas ingénieur mais diplomate, mais à vocation d'ingénieur. Bien que les relations d'Eugénie et de Lesseps ne soient pas bonnes, il la remercie de sa présence à l'inauguration du Canal. Ils n'ont pratiquement pas parlé, mais l'impératrice a réchauffé l'ambiance, avec l'éloge diplomatique du travail, devant toutes les instances internationales présentes à l'événement. Parmi les célébrations de l'inauguration figure la singulière première représentation, sur les rives du Nil , du célèbre opéra de Verdi, Aïda, considéré comme un épisode exceptionnel et unique.

Eugenia a toujours dit que c'est le dernier bon souvenir de son règne. L'impératrice reçoit tout l'amour du gouvernement et des citoyens égyptiens et leur propose un menu qui est resté célèbre dans l'histoire. L’impératrice Eugénie, depuis son yacht L'Aigle, prend la tête du premier cortège de navires qui franchissent le canal le 17 novembre 1869.

Le ministre Victor Duruy est invité à accompagner l’impératrice Eugénie à l’inauguration du canal de Suez[136].


Ferdinand de Lesseps tente de renouveler dix ans plus tard son exploit à Panama mais n'aboutit qu'à un désastre financier et politique...

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EUGENIE ET NOTRE DU SUD-OUEST[]

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L'impératrice et sa cour à Biarritz.

En 1834, passant par Biarritz, la petite Eugénie – elle a 8 ans – est enchantée par le site. En 1847, la comtesse de Montijo vient à Biarritz avec ses deux filles et y est désormais fidèle. Eugénie pratique les bains de mer, qu’elle adore, comme elle adore l’océan. L’impératrice disait qu’elle ne rêverait pas de plus belle mort qu’en pleine mer, écrit Lucien Daudet qui va la voir en Angleterre pendant les vingt dernières années de sa vie. Bonne nageuse, elle n’hésite pas à s’aventurer au-delà du raisonnable, comme ce jour de 1850 où, dépassant la corde de sécurité et manquant de se noyer, elle est sauvée par quelques baigneurs aussi téméraires qu’elle. En 1852, la comtesse de Montijo y revient, avec Eugénie seule, sa cadette étant mariée avec le duc d’Albe[137].

Des régions entières sont mises en valeur du temps du Second Empire, comme les Dombes, dans l'Ain, les Landes ou la Sologne. L'impératrice est aussi à l'origine du développement urbain et économique du Pays Basque.

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Les Landes[]

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1866 : l'impératrice Eugenia en Cérès par Jules de Vigneil (Château de Compiègne).

Des régions entières sont mises en valeur du temps du Second Empire, comme les Dombes, dans l'Ain, les Landes ou la Sologne. En 1854 se sont les débuts de l'assèchement des Landes et de la Sologne. De grands travaux de drainage sont réalisés. En 1866, Eugenia est représentée en impératrice romaine portant les attributs de Cérès, déesse de l'agriculture.

Napoléon III et Eugénie sont à l’origine de nombreux aménagements et de bienfaits dans le sud-ouest, où ils aiment vivre, en particulier du côté de Biarritz. On leur doit par exemple l’assainissement des Landes ou le développement de la villégiature biarrote, en passant par les Pyrénées où l’Impératrice Eugénie aime prendre les eaux. La dernière souveraine de France laisse une empreinte bâtisseuse de Biarritz à Luz-Saint-Sauveur ou Eugénie-Les-Bains et même à Navarrenx, dont l’église Saint-Germain conserve des tableaux offerts en remerciement des soins prodigués à l’impératrice par le docteur Darralde, alors maire de la Cité[138].

Au cœur des Landes de Gascogne, le village d’Eugénie-les-Bains attire les grands noms de France depuis des siècles. C’est en 1861, sous le règne de Napoléon III, que le village prend son indépendance par rapport au bourg voisin. Il est alors baptisé du nom de l’impératrice Eugénie. Cette dernière est en effet passée plusieurs fois sur ces terres lors de ses nombreux déplacements vers Biarritz.

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Eugénie et Biarritz[]

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La villa Eugénie à Biarritz en forme de E face à l'océan.

L'Impératrice Eugénie reçoit les têtes couronnées et Biarritz devient une station balnéaire à la mode, mais elle se soucie aussi du sort des pauvres et des malades.

L'obélisque au sommet de la Rhune, élevé pour commémorer son ascension par Eugenia.

Au printemps 1847 Eugenia découvre la petite cité de Biarritz et profite des joies de l’océan, nageant parfois jusqu’à l’épuisement, une manière pour elle d’oublier ses tourments amoureux. Elle tombe sous le charme du paysage et du climat de Biarritz[139].

Le couple Eugénie de Montijo et Louis-Napoléon Bonaparte apprécient particulièrement séjourner à l’Hôtel des princes à Biarritz. Leur mariage, la naissance de leur enfant, leurs séjours si bénéficiaires pour la région, sont connus de tous les amoureux de cette belle région.

L’impératrice Eugénie marque profondément marqué l’histoire de Biarritz. Dès son enfance, cette aristocrate andalouse profite des bains de mer pour fortifier une santé fragile. La côte Atlantique est très appréciée en été par l'aristocratie espagnole. Lors de son mariage avec Napoléon III, elle s’empresse de lui faire découvrir le village basque. L’empereur lui fait bâtir une somptueuse demeure en front de mer. Le début du rayonnement de la station balnéaire.

A Biarritz, il y a un avant et un après Eugénie. Avant, c’était une simple bourgade, un village de pêcheurs qu’affectionnaient quelques grandes familles espagnoles, accueillies dans des maisons d’hôtes et de rares hôtels. La mère d’Eugénie y emmenait ses deux filles. C’est ainsi que tout a commencé...[140].

L’impératrice, tout en Y recevant les têtes couronnées, se mêle volontiers aux habitants, leur est accessible, les salue, ramène parfois à sa villa des enfants malades rencontrés en chemin, envoie son médecin dans des familles déshéritées et soutient de nombreuses œuvres. C'est bienfaitrice de la région et des pauvres. C’est l’impératrice qui est à l’origine de cet intérêt et des largesses de Napoléon III. Elle reçoit tout le monde : Eugénie n’aime pas Haussmann, mais invite même son épouse, qui y vient régulièrement. On y écoute des complaintes espagnoles.

Sans elle, rien de tout cela ne serait arrivé[141].

Bernard de Martini, le président de l’association « Les Amis de Napoléon III » résume la situation en quelques mots :

Beaucoup de biarrots adorent Eugénie donc il faut toujours parler d’elle en grand bien… Même si parfois quelque chose cloche, on ne le dit pas. C’est une personne qui a fait tellement de bien...[142].

Pour distraire tout ce petit monde, des excursions sont organisées et c'est le cas du 30 septembre 1859, où l'Impératrice décide de grimper à La Rhune (Larrun en Basque). C'est à pied et dos de mulets que se fait l'expédition de l'Impératrice et d'une partie de sa cour. Tout un peuple attend la charmante Impératrice au plateau d'Inzeloya au-delà des Trois-Fontaines et précédé de la plus grande partie des habitants des quatre communes d'Ascain, de Sare, d'Urrugne et de Véra, le cortège atteint le sommet de la montagne où les prêtres de ces communes célèbrent des messes. On chante des chants basques. On tire des coups de fusil comme il est de coutume en Espagne. On bénit l'obélisque qui est en granit rose de la Rhune, et qui est élevé pour commémorer cette ascension célèbre.

Si Eugénie et le petit prince séjournent à Biarritz, l’empereur ne fait bientôt plus qu’y passer. Il se consacre à d’autres femmes, dans d’autres lieux. Des villes d’eau, où il espère qu’il pourra se guérir de cette maladie de l’homme de pierre (des calculs rhénaux), de plus en plus douloureuse, dont on ne veut pas l’opérer, et dont il va mourir[143].

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EUGENIA ET LES GUERRES[]

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Eugénie de Montijo apprend avec joie avec son mari la victoire française à la guerre de Crimée en 1856.

Eugénie est l'instigatrice de l'invasion française au Mexique, en soutien à l'empereur Maximilien Ier du Mexique, qui est un désastre, non seulement à cause des milliers de vies perdues par l'armée française, mais aussi à cause de l'exécution de l'empereur Maximilien. L'impératrice voit dans l'intervention au Mexique la possibilité d'établir un pouvoir catholique en Amérique du Nord, coupant le passage aux États-Unis protestants et facilitant, par une sorte d'effet domino, l'apparition d'autres monarchies conservatrices et catholiques, gouvernées par les princes Européens en Amérique centrale et du Sud. Cet épisode cause une grande angoisse et une grande douleur à l'impératrice, car elle est directement blâmée pour l'issue fatale.

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La tauromachie[]

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Le torero José Redondo Domínguez (El Chiclanero), qu’elle admire entre tous, et qui lui rend la pareille.

Les portraits équestres d'Eugenia et la descendante de Paca, la Duchesse Cayetana de Alba, président la salle à manger principale de Las Dueñas. La même passion pour l'équitation et la tauromachie.

Eugénie de Montijo se passionne aussi pour la corrida et fréquente les plus célèbres toreros de Madrid, Francisco Montes, dit Paquiro, Francisco Arjona Herrera, dit Cucharres et Jose Redondo Dominguez, le fameux El Chiclanero, qu’elle admire entre tous, et qui lui rend la pareille[144].

Le 21 août 1853, Bayonne est le théâtre de la première corrida à l'espagnole à jamais organisée en France. Parmi les spectateurs figure l'épouse espagnole de Napoléon III, l'impératrice Eugénie de Montijo, à l'origine de cette initiative. Mais selon la dernière livraison de la revue Toros c'est lors du passage à Bayonne, le 17 janvier 1701, de Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV, qui va être sacré roi d'Espagne sous le nom de Philippe V, que sont organisées les premières courses de taureaux dans la capitale du Pays basque français. Les élevages venaient d'Espagne, comme la plupart des toreros.

Réputées, les arènes bayonnaises attirent de grands passionnés : le roi Philippe V d’Espagne, Napoléon III et Eugénie de Montijo, les écrivains Prosper Mérimée, Théophile Gauthier et Ernest Hemingway, le peintre Picasso…

Bartolomé Bennassar démontre comment Nîmes s’impose comme place taurine française depuis le Second Empire, lorsque la corrida de rite espagnol (mise à mort) supplante la bouvine camarguaise, via les fêtes de mariage de Napoléon III avec l’Espagnole Eugénie de Montijo. Il pointe trois facteurs, qui sont (pour partie) valides en Arles :

- le lieu exceptionnel de l’amphithéâtre romain, relativement en bon état ;
- le voisinage immédiat de l’élevage taurin et des courses en Camargue ;
- l’affirmation d’une identité méridionale forte face à l’Etat centralisé jacobin[145].

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La vénerie[]

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L'impératrice lors d'une chasse impériale au cerf en forêt de Compiègne.

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AIDER[]

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Eugénie de Montijo recevant un bouquet de fleurs d'une jeune paysanne à Fontainebleau.

Eugénie de Montijo aide au développement de notre industrie, de notre commerce et de notre agriculture, mais aussi les pauvres, les malades, et les femmes, comme de son temps sa grand-mère paternelle.

Déterminer l’exacte influence de aïeul, comtesse de Montijo, sur ses enfants, notamment sur le père de l’impératrice, qui dit-on, est son préféré, et à travers ce dernier, sur la jeune Eugénie, relève, au stade actuelle des connaissances, du domaine des conjectures. Au moins peut-on dire qu’Eugénie a là l’exemple d’une femme libre, assumant ses choix et ses idées, jusqu’à en payer le prix[146]. Eugenia est quelqu'un de très actif et comme est intelligente et active elle impose certains des choix à son mari.

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Aider les pauvres[]

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Eugénie de Montijo aide les pauvres.

Visite du couple impérial à la crèche de sœur Rosalie. Deux petites filles offrent une corbeille de fleurs à l’impératrice.

Eugénie de Montijo.

Outre les ouvriers, la société recèle bien d’autres malheureux encore : malades, infirmes, vieillards impotents, enfants abandonnés… dont beaucoup sont recueillis dans les hôpitaux, les hospices et les crèches de l’Assistance publique. Le Second Empire a à cœur de développer ou de créer de telles institutions. Les malades, par exemple, ne sont plus abandonnés à leur sortie de l’hôpital : deux maisons de convalescence sont créées en 1855 près de Paris, l’une à Vincennes pour les hommes, l’autre au Vésinet pour les femmes. Les indigents bénéficient quant à eux des bureaux de bienfaisance. Comme les autres communautés religieuses, l’Eglise catholique, notamment la société de Saint-Vincent-de-Paul, fait preuve d’un grand dévouement : création de crèches, d’écoles, de patronages, de fourneaux économiques, de caisses de loyers, distribution de secours en nature et en argent…

Eugénie fonde ou apporte son soutien à plusieurs organisations philanthropiques. C’est ainsi qu’elle créée en 1862 la société du Prince impérial, organisme de prêts sur l’honneur dont les crédits sont destinés à aider les familles momentanément dans le besoin ou à permettre à des personnes modestes d’acquérir leurs instruments de travail. Ces prêts favorisent, par exemple, l’installation de médecins cantonaux, afin de faciliter l’accès des paysans aux soins médicaux[147].

Au niveau d'une peinture on voit une femme élégante donne de l’argent à une pauvre femme assise à gauche, les genoux couverts d’un châle. Ses trois enfants l’entourent et forment avec elle un groupe serré et solidaire, d’une grande dignité dans l’infortune. Selon toute vraisemblance, la généreuse donatrice n’est autre que l’impératrice Eugénie. Nombreuses sont en effet ses visites chez des nécessiteux souvent malades, dont on lui a signalé la détresse et à qui elle tient à apporter en personne des encouragements et des secours. L’impératrice se rend également dans des établissements de bienfaisance : hôpital, salle d’asile, crèche, ou bien – parce qu’il y a là quelque bien à faire, quelque sauvetage à tenter – auprès de jeunes détenus.

La Fondation Eugène-Napoléon est un bâtiment édifié en 1856 par la volonté de l’impératrice Eugénie qui souhaite le dédier à l’instruction professionnelle de jeunes filles pauvres.

Dans le domaine charitable, en 1865, la régente soutient l’abandon des prisons pour enfant, remet en fonctionnement la Société de Charité maternelle, une institution caritative fondée en 1787 par Marie-Antoinette, et fonde un orphelinat[148].

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Aider les malades[]

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L’impératrice rend visite aux cholériques d'Amiens.

Eugénie de Montijo rend visite aux malades et aux pauvres même pendant une terrible épidémie de choléra, devenant l'héroïne d'Amiens.

En décembre 1865, l’impératrice rend visite aux cholériques de l’hôpital Beaujon, à Paris. Puis, elle fait une visite de bienfaisance à Amiens, visitant les cholériques dans les hôpitaux et autres institutions. A propos de cette visite, Prosper Mérimée écrit à Panizzi, le 5 juillet 1866 :

Je ne suis pas sûr que ce soit très raisonnable, mais c’est très beau.

L’impératrice est sobrement vêtue de noir ; elle est coiffée d’un petit bonnet noir fixé à l’aide d’un ruban noué sous le menton. Elle est accompagnée de la comtesse de Lourmel, dame du palais. Devant l’hôtel-Dieu, quelques Amiénois l’attendent. Un petit garçon s’avance vers elle et lui tend une supplique[149].

Elle fonde des asiles, des orphelinats, des hôpitaux, et sans se soucier du danger pour elle-même et son entourage, elle visite et aide les personnes atteintes de maladies contagieuses dans les bidonvilles. Eugenia aide également les recherches de Louis Pasteur, qui conduisent au vaccin contre la rage.

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Aider les femmes[]

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Le métier de sculpteur au féminin : le cas de Marcello (Adèle d'Affry, duchesse Castiglione Colonna).

Eugenia fait aussi beaucoup pour la promotion de la femme dans la vie culturelle, la reconnaissance de ses dons et de ses réalisations, et son accession aux responsabilités professionnelles[150].

Une figure familiale mérite ici quelques développements en raison tant de l’importance de son rôle dans l’histoire de l’Espagne qu’en raison de l’influence qu’elle exerce sur la vie et, peut-on penser, sur la construction de la personnalité de la future impératrice des Français. Il s’agit de la grand-mère de l’Impératrice, María Francisca de Sales Portocarrero (VI condesa de Montijo).

Ses amitiés dans la mouvance saint-simonienne lui donnent aussi l'envie de faire avancer la cause des femmes. En ce domaine, l’Impératrice exerce une influence qui n’est pas reconnue[151].

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Sa grand-mère[]

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María Francisca de Sales de Portocarrero Guzmán Luna y López de Zúñiga (Madrid, 1754 / Logroño, 1808), grand-mère d'Eugenia.

Don Felipe de Palafox y Croy D'Havré, conde consorte de Montijo, grand-père d'Eugenia.

Portrait de María Francisca de Sales Portocarrero y López de Zúñiga, VIe comtesse de Montijo, grande d'Espagne.

Don Gaspar Melchior de Jovellanos et la loi agraire.

Francisco Cabarrús peint par son ami et client Goya.

María Francisca de Sales Portocarrero y Guzmán (1754 - 1808), VIe comtesse de Montijo - grand-mère de l’impératrice, est l’une des figures féminines les plus importantes de la deuxième moitié du XVIIIe siècle espagnol. Femme de lettres, adepte des idées nouvelles et très engagée dans la cause de l’éducation des femmes, son salon madrilène est un important foyer de bouillonnement et de rayonnement intellectuel et peut-être, de conspiration. Elle est une femme libre et elle en paie le prix.

Eugénie de Montijo est née après son décès. Nul doute cependant qu’elle en entend parler. Beaucoup même !!![152].

Unique descendante de la maison des Portocarrero, María Francisca de Sales Portocarrero (VIe condesa de Montijo) est née en 1754 à Madrid. Éduquée chez les sœurs salésiennes, elle ne sort de cette noble institution qu’en 1768 pour se marier avec don Felipe Palafox y Croy de Havré, grand-père de l’Impératrice. Elle n’a que quatorze ans[153].

Chez les salésiennes elle s'est ouverte aux idées du siècle des lumières. On la qualifie de Française ou afrancesada. Il faut le croire car, à peine sortie de son couvent, et alors qu’elle n’est qu’une toute jeune femme, María Francisca de Sales Portocarrero (VIe condesa de Montijo) se fait connaître pour sa sympathie pour les ilustrados (philosophes) et les idées jansénistes[154].

Parce qu’elle domine parfaitement le français, Jose Climent, évêque éclairé de Barcelone, l’incite à traduire l’œuvre du prêtre français Nicolas Letourneux, Instructions chrétiennes sur le sacrement du mariage.

Très vite son hôtel madrilène devient l’un des salons les plus courus de la capitale espagnole. Chez la comtesse se réunissent, autour de Melchior Gaspar de Jovellanos, du comte de Aranda (l’artisan de l’expulsion des Jésuites) en 1767, ou Francisco Cabarrús, des hommes d’église, des artistes comme le poète Juan Meléndez Valdés et Goya, des académiciens, des médecins, des architectes...[155].

La question de la place des femmes au sein de ces vrais progressistes ne manque évidemment pas de se poser. La société Matritense décide en 1787 la création d’une section féminine, la Junta de Damas de Honor y Merito. La décision ne va pas de soi. Elle voit d’ailleurs s’opposer deux habitués du salon de la comtesse de Montijo, Jovellanos, partisan de l’ouverture pleine et entière aux femmes, et son ami Francisco Cabarrús qui ne souhaite pas faire de l’ouverture aux femmes la règle mais plutôt limiter cette ouverture à quelques femmes exceptionnelles[156].

Quoiqu’il en soit, la création de cette société féminine est une première et marque l’admission officielle des femmes à la diffusion des Lumières. La comtesse de Montijo est l’une des fondatrices de cette société dont elle assure, de 1787 à 1805, le secrétariat, et au-delà, la promotion et l’indépendance. Elle déclare lors d’une réunion extraordinaire de ladite société :

La Junta est un corps autonome, uni à la Société [la Matritense] pour l’assister dans certaines tâches qui relèvent de ses compétences, ce qui ne saurait signifier une quelconque dépendance ou supériorité, lesquelles ne peuvent exister entre deux corps unis[157].

Il y a dans cette seule phrase tout un programme d’émancipation des femmes. En marge de ces combats, la Junta de Damas se fait connaître par ses programmes de développement des écoles pour filles, d’enseignement destiné aux ouvrières et d’amélioration de la condition des prisonnières[158].

La comtesse de Montijo meurt en avril 1808 de maladie, avant la Guerre de l’Indépendance. Jovellanos prend le parti de l’Indépendance, Francisco Cabarrús celui de Joseph. Les enfants de la comtesse se séparent de même.

Déterminer l’exacte influence de la comtesse de Montijo sur ses enfants, notamment sur le père de l’impératrice – qui dit-on, est son préféré – et à travers ce dernier, sur la jeune Eugénie, relève, au stade actuelle des connaissances, du domaine des conjectures. Au moins peut-on dire qu’Eugénie a là l’exemple d’une femme libre, assumant ses choix et ses idées, jusqu’à en payer le prix[159].

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Eugenia féministe ?[]

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L’impératrice Eugénie.

Rachel.

Rachel (1821 - 1858).

C'est Musset qui présente à George Sand la petite Eugenia de Montijo.

George Sand 1804-1876

Chez Eugénie de Montijo nous retrouvons ce sentiment singulier fait d’admiration et d’estime, voire de réconfort qu’elle ressent pour George Sand, femme forte, indépendante et qui a réussi.

Une des femmes que l'Impératrice Eugénie met en avant, Marcello, pseudonyme d'Adèle d'Affry, duchesse de Castiglione Colonna, sculpteur dont les œuvres ressemblent beaucoup à celles de Prosper d'Épinay.

L'impératrice Eugénie rend visite à Rosa Bonheur à Thomery.

La première "bachelier" a son diplôme grâce à l'intervention d'Eugenia.

Madeleine Brès vantant le vin tonique Mariani.

Victor Duruy, ministre de l'Instruction publique sous le Second Empire, de 1863 à 1869.

Nous la voyons témoigner d’un intérêt sincère et vif pour les femmes d’exception. Elle cherche à les fréquenter, au risque du scandale, à les gagner nonobstant les refus, à favoriser leurs activités, à les honorer par des initiatives sans précédent. Nous constatons aussi qu’elle dispose de son pouvoir au service des adolescentes, des jeunes filles et même de leurs aînées pour favoriser leur accès à la culture et aux diplômes qui la consacrent. À chaque instant de cette action personnelle, Eugénie se trouve en porte à faux ou en conflit avec ceux qui partagent ses convictions religieuses. Elle passe outre aux réserves d’hommes qu’elle tient pourtant en très haute estime[160].

Quatre personnalités vont particulièrement intéresser la souveraine, susciter son admiration et obtenir son appui. Ce sont :

¤ Rachel. De retour à Paris, Mme de Montijo conduit Paca et Eugenia à la Comédie-Française pour les initier aux beautés de la tragédie classique. Elles assistent aux débuts d'une jeune actrice, Mlle Rachel. Quand Rachel joue Phèdre au Théâtre Français, Paca et Eugenia sont dans une avant-scène. Un jour, le cher Mérimée leur amène Rachel dont les débuts sont éclatants et qui commence sa brillante carrière. Eugenia n'est pas maladroite dans le maniement des pinceaux, mais elle a aussi un grand penchant pour le théâtre. Cette Rachel, la grande tragique, amie de sa mère, est regardée par la petite Montijo comme une créature de rêve. Eugenia se lie tout de suite avec elle et l'actrice lui envoie souvent sa loge. Rachel dit un jour à Houssaye : Tu sais, ce n'est pas sa figure que le Prince-Président aime, c'est ses épaules. Eugenia partage quelque chose de plus que leur passion commune pour Corneille des années plus tard. Son attachement pour Eugenia de Montijo , avant et après son mariage avec l'Empereur des Français, est bien réelle. L’Impératrice invite à ses entretiens avec Racuel quelques dames du palais, son amie Cécile de Nadaillac, Mérinée, Tascher. On cause, on rit. Tascher fait quelques imitations d’animaux. Jeux innocents mais trop familiers. On en médit à la Cour, on s’en gausse à la ville. Un jour l’Empereur survient, mécontent. Le lendemain Rachel est priée de cesser ses leçons. Mais l’Impératrice continue de la voir chez elle, entre ses tournées en Russie et aux États-Unis[161].
¤ George Sand. Musset, à Paris, présente à George Sand la petite Eugenia de Montijo qui, avec son épaisse chevelure brune et la matité de son visage, lui rappelle la jeune Aurore Dupin. La romancière de Lélia est heureuse en obtenant grâce à l’Impératrice, une bourse au lycée pour le petit-fils de Marie Dorval, un gros billet pour remplacer le bateau brisé par la tempête d’un vieux marin à Tamaris et une pension pour le poète tisserand Magu. En 1860, George Sand consacre ces quelques lignes à Eugénie qui ne paraîtront qu’après sa chute : Et cette jeune Impératrice ? Parlons-en, car elle joue déjà une grande partie. Elle arrive avec les chics espagnols bien portés, le goût des émotions fortes, le regret des combats de taureaux, nous ne voulons pas dire celui des autodafés, la dévotion bienvenue, le jeu de l’éventail, la passion du costume, les cheveux poudrés d’or, la taille cambrée, toutes les séductions, même celle de la bonté, car elle est bonne et charitable avec grâce, enfin tout ce qui frappe l’imagination, les sens, le coeur au besoin. Voilà tous les hommes amoureux d’elle[162]. En mars 1867, de la tribune du Sénat, Sainte-Beuve dit : L’Empereur… honore de son amitié George Sand. Mais celle-ci ne s’adresse plus à lui et fait passer ses sollicitations en faveur de ses amis par l’Impératrice, la princesse Mathilde ou le prince Napoléon. Car chez Eugénie nous retrouvons ce sentiment singulier fait d’admiration et d’estime, voire de réconfort qu’elle ressent pour une femme forte, indépendante et qui a réussi. Cette réaction est d’autant plus remarquable en l’occurrence, que si l’écrivain engagé est anticléricale. L’auteur de La mare au diable se situe à l’opposé de la souveraine.
¤ Marcello. Une des autres femmes que l'Impératrice Eugénie met en avant, Marcello, pseudonyme d'Adèle d'Affry, duchesse de Castiglione Colonna, sculpteur dont les œuvres ressemblent beaucoup à celles de Prosper d'Épinay. Son admiration pour la reine Marie-Antoinette, qu’elle partage avec l’impératrice Eugénie, l’a conduite à réaliser les bustes de Marie-Antoinette à Versailles et Marie-Antoinette au Temple, qu’elle présente au Salon à Paris en mai 1866. En novembre, son buste de l’impératrice est durement critiqué et refusé par la commission des beaux-arts de la ville de Paris, ce qui la rend furieuse. Elle craint d’être tombée en disgrâce auprès d’Eugénie. Cette affaire, malgré son issue heureuse — le préfet Haussmann prend la décision d’accepter le buste — la plonge dans un malaise persistant. Profondément touchée par la mort de Napoléon III en 1873, la duchesse se rend à Chislehurst en Angleterre et présente ses condoléances à l’impératrice Eugénie et au prince impérial. Marcello doit à l’Impératrice la proclamation de son talent au niveau le plus élevé, des commandes d’Etat qui l’ont affirmé, imposé. Au moment où Marcello tente de percer la souveraine l’aide beaucoup. Et cette consécration d’une pionnière a valeur de symbole. Désormais l’accès de l’art présumé impossible aux femmes, leur est ouvert. Désormais on admet qu’une artiste puisse s’élever jusqu’au chef d’œuvre. Désormais, et l’Impératrice n’y est pas étrangère, la sculpture de femme est née[163].
¤ Rosa Bonheur. Amie de George Sand, elle la rappelle un peu. Elle s’habille souvent en homme et quand elle se montre femme c’est sans égard à la mode. Elle est ardente, pleine de vie, libérée des préjugés, préoccupée des droits de la femme. Or, le 15 juin 1864, l’Impératrice, qui séjourne à Fontainebleau décide d’aller voir cette personne en marge. Accompagnée de Mérimée, elle arrive à l’improviste dans la villa de Barbizon où Rosa Bonheur vit et peint. Elle l’a trouve vêtue, dit Mérimée, d’une blouse et d’un drôle de jupon sans crinoline, les cheveux coupés court, l’air très intelligent. L’Impératrice admire ses tableaux et reste une heure à causer avec elle de la condition de la femme et des réformes à lui apporter. Au moment de partir, Eugénie lui dit: Je n’ose pas vous proposer un sujet, mais promettez-moi de me faire un tableau et de me rendre visite. Elle lui tend la main que l’artiste baise et l’embrasse. En 1865,au moment où sa seconde régence va prendre fin, l’Impératrice provoque une espèce de sensation en conférant la Légion d’honneur au peintre. C'est la première femme décorée à titre civil pour services rendus à l’Art, dans l’exercice de son métier. En ce sens, il s’agit d’un événement dans l’histoire du féminisme et l’Impératrice tient à le souligner par ce geste exceptionnel dans les Annales de l’Ordre d’une décoration par la souveraine[164].

Le courant de pensée moderniste du second empire, annonce lr XXe siècle. Lui sont associées des figures telles qu'Eugénie de Montijo, Elisa Lemonnier, Michel Chevalier, François Barthélemy Arlès-Dufour, Marie-louise et Ulysse Trèlat, Rosa Bonheur, etc. L’Impératrice ne se contente pas de s’intéresser à quelques personnalités exceptionnelles, l’instruction féminine retient son attention. Elle s’est consacrée à trois progrès dans ce sens qui sont dans l’ordre chronologique :

¤ le baccalauréat des filles. Eugenia intervient aussi personnellement en faveur de Julie-Victoire Daubié pour la signature du premier diplôme du baccalauréat. Ce diplôme de bachelière ès lettres est censé ridiculiser le ministère de l'Instruction publique. Le ministre Gustave Rouland refuse de le signer. Il faut une intervention pressante d'Arlès-Dufour auprès de l'entourage de l'impératrice Eugénie ainsi qu'une campagne de presse menée par Léon Richer pour que l'ordre soit donné à ce ministre d'apposer sa signature au bas du diplôme.

¤ leur accès à l’instruction publique. Le Second Empire est le théâtre de plusieurs avancées dans le domaine de l'éducation des femmes. Sous la IInde République, la loi Falloux ayant fixé en mars 1850 l'objectif d'une école primaire pour filles dans chaque commune de plus de 800 habitants, la loi Duruy de 1867 aligne ce seuil sur les standards masculins en le fixant à 500. Duruy, partisan d’un financement par l’État quand les communes ne le peuvent, a certes le soutien de l’impératrice Eugénie, mais l’examen de la loi au Corps législatif est repoussé[165]. Le 30 octobre 1867, Duruy envoie une circulaire aux recteurs dans laquelle il annonce son intention de retirer l'enseignement scolaire féminin des mains de l’Église. L’Église réagit vivement par l’intermédiaire de Mgr Dupanloup, qui publie deux brochures dans lesquelles il dénonce le projet comme une tentative de perversion des jeunes filles. Duruy ne s’en laisse pas compter mais, en janvier 1868, le Saint-Siège condamne officiellement le projet. Notons que dans ce débat tendu, le ministre a le soutien personnel de l’Impératrice, qui envoie ses nièces à la Sorbonne. Cela ne suffit pas : les cours secondaires pour jeunes filles sont un échec[166]. En dépit des oppositions et des tensions entre partis opposés, Victor Duruy réussit, tant bien que mal, et grâce la plupart du temps à l’appui de l’Empereur et de l’Impératrice, à mener de grandes réformes[167]. Preuve de l’importance de la politique entreprise sous son ministère, le budget de l’Instruction publique passe de 26 à 37 millions de francs entre 1863 et 1869. Cette politique n’est point possible sans le soutien de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie, et Victor Duruy en est tout à fait conscient. Les républicains disent Eugenia bigote, car Espagnole, mais elle ne se contente pas de correspondre avec Duruy et de l’encourager, l’Impératrice prend position de façon spectaculaire. Remplaçant, depuis 1860, leur mère décédée auprès des filles de sa sœur, la duchesse d’Albe, elle les envoie suivre les cours de la Sorbonne[168].

¤ et enfin les études supérieures de médecine. Eugenia obtient également que Madeleine Brès puisse s'inscrire en faculté de médecine. Il faut de la pugnacité et cette l’intervention de l’impératrice Eugénie et du ministre de l'instruction publique Victor Duruy.

Ces pionnières restent toutefois encore isolées : la deuxième bachelière française, Emma Chenu, obtient son diplôme en 1863, deux ans après Daubié.

La première école professionnelle pour jeunes filles, une école de couture créée par Élisa Lemonnier, ouvre le 1er octobre 1862.

Le 10 avril 1867, la Loi Duruy réorganise le programme de l'enseignement primaire féminin qui devient national.

En 1868, Emma Chenu devient la première à obtenir une licence en France, elle est licenciée en sciences.

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TROIS FOIS RÉGENTES[]

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Une première souveraine dans la famille d'Eugenia : Louise Françoise de Guzmán.

Soirée d'enfants donnée à Madrid par Mme la Comtesse de Montijo (1865).

Si l'influence maléfique que les calomnies aiment à lui prêter ne sont pas fondées, elle est incontestablement associée au pouvoir et siège notamment de 1859 à 1869 au sein du Conseil des ministres[169].

Louise Françoise de Guzman, qui est de la famille d'Eugenie (1613 — 1666), est la première reine consort de la Dynastie de Bragance après son mariage avec Jean IV de Portugal le 12 janvier 1633. À la mort de son mari (6 novembre 1656), elle assure la régence jusqu'à la majorité de leur fils Alphonse VI de Portugal (28 juin 1662).

Eugénie décide de prendre une part active à la politique du Second Empire. Fervente catholique, elle s'oppose à la politique de son mari à l'égard de l'Italie et défend les pouvoirs et les prérogatives du pape dans ce pays. Eugenia n'est pas vraiment une femme d'État qui en quelque sorte donne un rôle primordial aux guerres, mais elle les assume avec la responsabilité que tout chef ou dirigeant assume, et avec l'intégrité nécessaire à son tour pour prendre en charge l'éventualité négative et la souffrance des défaites, ainsi que la joie des victoires.

Eugénie est la seule des Premières dames à exercer un rôle politique. Par son intelligence et ses jugements avisés, elle gagne la confiance de son mari. Le 17 juillet 1856, trois jours après le baptême de son fils à Notre-Dame de Paris, Napoléon III institutionnalise la régence. En cas de décès de l’empereur, ce serait à Eugénie d’exercer la puissance impériale jusqu’à la majorité de son fils[170].

Puis il décide de lui déléguer la régence de son vivant[171]. C'est l’attentat d’Orsini, perpétré le 14 janvier 1858 contre l’empereur Napoléon III, qui est à l'origine de la création d’un Conseil privé dirigé [172] par l’impératrice[173] :

pendant la campagne d’Italie, en 1859,
lorsque l’empereur se rend en Algérie en 1865,
et lorsqu’il participe à la guerre franco-prussienne, conflit qui provoque la chute du Second Empire en 1870.

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Attentat d'Orsini (1858)[]

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Attentat d'Orsini contre le couple impérial.

Suite à cette attaque, l’opéra Garnier est construit et conçu pour éviter que cela ne se reproduise avec de larges rues bien dégagées.

Peu de temps après la naissance de leur fils, le couple impérial survit à un attentat perpétré par le révolutionnaire italien Felice Orsini, fils d'un ancien officier de Napoléon Bonaparte pendant la campagne de Russie. C'est un membre de la société secrète appelée Carboneria (charbonnerie), plus précisément d'un groupe appelé l'Italien. Le but de cette conspiration des enfants de la mort est l'indépendance italienne. Orsini en arrive à la conclusion que Napoléon III est le principal obstacle à l'indépendance italienne et la cause des réactions antilibérales en Europe. Il planifie donc son assassinat. Selon lui avec la mort de l'empereur, la France s'insurgera et les Italiens pourront déclencher une révolution. Il se rend à Paris en 1857 pour conspirer contre l'empereur.

Dans l'après-midi du 14 janvier 1858, alors que l'empereur et l'impératrice se rendent au théâtre de la rue Le Peletier, ancêtre de l'Opéra Garnier, Felice Orsini et deux complices nommés Antonio Gómez et Charles De Rudio lancent des bombes. 8 personnes sont mortes et 142 sont blessées, mais l'empereur et l'impératrice sont indemnes et vont au théâtre sans perdre leur sang-froid. Une fois à l'intérieur ils sont reçus avec enthousiasme et soutien.

Orsini en sort blessé à la tempe droite. Il retourne à son auberge, où la police l'arrête le lendemain. La tentative de meurtre augmente considérablement la popularité de Napoléon III et d'Eugénie.

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Pendant la campagne d’Italie, en 1859[]

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Confiant dans toutes les qualités de son épouse, Napoléon III la désigne comme régente dès la naissance de leur fils unique, le Prince impérial, le 16 mars 1856. Dès lors, Eugénie se prépare sérieusement à l'exercice éventuel du pouvoir et à peut-être devenir chef d'État[174].

C'est Ernest de Rambaud qui à Magenta a l'honneur d'apporter la grande nouvelle de la victoire à Napoléon III[175].

Guillemet : Le Conseil de régence apprenant la victoire de Magenta (1859).

Remise à Eugénie de Montijo d'un drapeau autrichien pris à Magenta.

L’une des conséquences de l’attentat d’Orsini, perpétré le 14 janvier 1858 contre l’empereur Napoléon III, est la création d’un Conseil privé comprenant l’impératrice, le prince Napoléon et les principaux dignitaires du régime. Il peut se transformer en Conseil de régence en cas de disparition ou d’empêchement de l’empereur.

Eugénie exerce la régence de l'empire à trois reprises. La première d'entre elles, c'est lors des campagnes d'Italie en 1859, lorsque l'empereur intervient en soutien au comte de Cavour, ministre du Piémont, dans la guerre d'unification d'Italie, où il s'opposent au soutien de l'unification savoyarde de l'Italie, estimant que cela peut être la cause de la diminution du pouvoir du pape.

Le 3 mai 1859, lorsque Napoléon III part assurer le commandement en chef de l’armée d’Italie, l’Empereur confie donc la régence à Eugénie. Son oncle doit être consulté et la suppléant éventuellement à la présidence du conseil des ministres et du conseil privé, voire d’une manière plus générale. Évidemment, Jérôme est chagriné de ne pas assumer la régence et exprime au moins à deux reprises son dépit à l’Empereur[176].

Les questions italiennes reviennent de plusieurs manières le 19 mai. La régente s’inquiète en effet de l’éventualité d’un départ de Plon-Plon (fils de Jérôme, en Toscane :

On ne manquera pas de dire que l’Empereur veut conquérir des trônes pour sa famille[177].

Cette remarque ne traduit pas seulement sa crainte de le voir tenter de se mettre en avant une fois de plus, mais correspond aussi à des craintes exprimées à l’étranger, notamment dans la presse britannique. Bien entendu, le roi Jérôme intervient à la fois en père noble défendant son fils et en éternel prétendant au sein de la dynastie :

Ce n’est pas lorsque l’on a des droits au trône de France que l’on peut être soupçonné de convoiter de petits trônes à l’étranger[178].

Eugénie le mouche en rétorquant qu’il a sans doute voulu parler de droits éventuels.

Lors du même conseil, appliquant sans le savoir le principe de subsidiarité qui consiste à régler les problèmes au plus près des intéressés, l’Impératrice affirme vouloir privilégier l’autorité ecclésiastique pour réprimander les attaques proférées en chaire contre la politique du gouvernement, sous-entendu sur la question italienne[179].

L’impératrice se retrouve investie de la présidence du Conseil privé et du Conseil des ministres. entre mai et juillet 1859; mais son pouvoir est encadré. Eugénie assiste plus qu’elle ne participe aux conseils et ne prend aucune décision[180].

Quoique le 11 juin 1859, les Illustrated London News notent avec quelque surprise :

Depuis l’absence de l’Empereur, les conseils des ministres aux Tuileries n’ont pas été moins fréquents que lorsque Sa Majesté était à Paris.

Du point de vue politique, cela signifie que le fonctionnement des institutions est assuré normalement. Du point de vue personnel, cela veut dire qu’Eugénie remplit sa tâche avec assiduité. Depuis juste un mois, en effet, depuis ce 10 mai qui a vu Napoléon III partir à la tête de l’armée d’Italie, son épouse est officiellement impératrice-régente[181].

Par ailleurs, un tableau de Guillemet met en scène une situation politique bien réelle. En l’absence de l’empereur qui dirige les opérations militaires en Italie, c’est le Conseil de régence qui gouverne, comme il gouvernera d’ailleurs en 1865 et en 1870. Contrairement à ce pourraient laisser supposer la couronne et le sceptre abandonnés sur le trône vide, le pouvoir impérial n’est pas vacant. L’impératrice est régente. Elle est assistée du prince Jérôme – l’oncle de Napoléon III et membre de droit du Conseil – dont la présence symbolise la pérennité dynastique, essentielle dans une situation politique exceptionnelle[182].

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Deuxième régence (1865)[]

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Eugénie de Montijo en 1865.

Napoléon III en Algérie, en 1865.

En 1859 et 1865, elle exerce avec brio les fonctions de Régente intérimaire, comme le remarque Maxime Michelet.

Lorsque l’empereur se rend en Algérie en 1865, son oncle Jérôme étant mort, son fils remplacera l’Impératrice en cas de besoin. Il est prévu deux conseils des ministres par semaine et un conseil privé une fois tous les quinze jours. L’Impératrice pourra nommer les ecclésiastiques jusqu’aux fonctions de vicaires généraux, mais pourra recevoir le serment des archevêques et évêques récemment nommés[183].

La deuxième régence s’exerce pendant un peu plus d’un mois, du 3 mai au 9 juin 1865, alors que l’Empereur effectue une visite officielle en Algérie. Durant ces cinq semaines, la souveraine s’investit davantage. Elle reçoit aux Tuileries les membres des commissions parlementaires. il y a pas moins de treize conseils des ministres, ce qui constitue une cadence semblable à celle précédemment observée, quoique légèrement inférieure, avec un intervalle moyen de trois jours. Cette régence permet aussi à la famille impériale de montrer son unité[184].

L'impératrice demande au maréchal Magnan de révoquer les ordres précédemment donnés pour mettre à la disposition de compagnies privées des maréchaux-ferrants de l’armée. Ce serait en effet favoriser les employeurs, paraître prendre parti contre leurs ouvriers et donc violer la loi) rendue l’année dernière et de plus faire un acte profondément impolitique car on excite ainsi les hostilités entre l’armée et les classes ouvrières[185].

À la date du 13 mai, la régente doit faire face aux récriminations de la diplomatie étasunienne à propos des Confédérés. Elle demande de défendre avec fermeté et dignité notre conduite antérieure et de bien s’entendre avec le Royaume-Uni tout en admettant que, le conflit étant terminé, il n’y a plus lieu de reconnaître le statut de belligérants aux Confédérés. Sachant très bien que les Yankees avaient mal pris l’intervention française au Mexique et reprochaient à la France de se montrer favorable aux Sudistes, elle exprime ainsi sa triple volonté de ne pas renier l’action gouvernementale passée, d’en profiter pour maintenir de bonnes relations avec Londres et de prendre acte de la victoire nordiste[186].

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Troisième régence (1870)[]

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Eugénie de Montijo propose à Dieu de se faire petite soeur des pauvres s'il sauve l’armée de Metz.

Combats d'Ernest de Rambaud et sa 1re brigade à l'ouest de Metz (1870).

Hommage sur un monument lorrain aux combattants de Saint-Privat et Gravelotte.

Le soir de la bataille de Mars-la-Tour, le 16 août 1870.

Les Prussiens sans cesse repoussés lancent contre le 4e corps leurs unités de la Garde.

Pendant la guerre franco-prussienne, qui se termine l'année suivante par la défaite de Sedan, l'influence de l'Impératrice est décisive, conseillant Napoléon III contre la Prusse, qui a écrasé l'Empire catholique austro-hongrois quelques années plus tôt.

Le 19 juillet 1870, la guerre est déclarée à la Prusse et à ses alliés. L’impératrice retrouve pour la troisième fois la fonction de régente mais ses prérogatives sont extrêmement limitées et tout repose sur le cabinet des ministres dirigé par Émile Ollivier. En 1870, l’Empereur précise le moment du début de la régence :

Dès que nous aurons quitté la capitale

Et il arrête un conseil des ministres deux fois par semaine. En fait, tant pour la deuxième que pour la troisième régence, ces conseils se tiennent plus fréquemment que prévu — sans que cela ait semblé poser un problème[187].

Eugénie s’efforce de rassurer ses interlocuteurs et, surtout, place en premier l’intérêt de la France, comme l’expriment plusieurs de ses propos. On l’entend ainsi dire :

ne nous occupons pas de la dynastie, ne songeons qu’à la France

ou :

le sang français est trop précieux à cette heure ; il n’en coulera pas une seule goutte pour me défendre[188].

De même, le général de Chabaud-Latour, bien connu pour son attachement aux Orléans, témoigne qu’elle a déclaré :

Il ne s’agit pas de sauver l’Empire : il s’agit de sauver la France[189].

Le général Trochu confiera aussi :

L’impératrice a montré du calme, du caractère, du cœur, des sentiments bien plus français qu’impérialistes. Je veux lui rendre ici cette justice[190].

Sur le plan politique, le conseil de régence, réuni aux Tuileries, arrête des mesures pour l’armement de la capitale et convoque immédiatement le Corps législatif, qui dispose de davantage de pouvoirs depuis le sénatus-consulte du 8 septembre 1869).

Respectant les lois constitutionnelles, la régente considéra comme un devoir envers le pays d’appeler ses représentants à délibérer sur une situation aussi grave[191].

Le quotidien de l’Impératrice n’a évidemment plus grand chose à voir avec les deux précédentes régences. Elle vit dans un tourbillon d’occupations qui la prive même du repos de la nuit. Il y a jusqu’à deux et trois conseils des ministres par jour. Les communications de tous les services administratifs, de l’armée, de tous les préfets arrivent aux Tuileries. Le cabinet de l’impératrice centralise toutes les nouvelles, toutes les dispositions à prendre. La plupart du temps elle prend ses repas seule et à la hâte dans son cabinet, tout en travaillant. Elle perçoit également bien la gravité de la situation. Ainsi Mme Carette peut-elle raconter :

Un jour, la duchesse de Mouchy, entrant chez l’impératrice, la trouve agenouillée dans son cabinet, priant avec ferveur. — Mon Dieu, donnez-moi une inspiration qui me permette de sauver l’armée de Metz et je me ferai petite soeur des pauvres pour vous servir et vous remercier toute ma vie[192].

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La révolution du 4 septembre 1870[]

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Prosper d'Épinay : L'Impératrice Eugénie. Marbre.

Bismarck et Napoléon III se rencontrent à Donchéry, le 2 septembre 1870 après la Bataille de Sedan.

L'impératrice Eugénie quittant les Tuileries le 4 septembre 1870.

Reddition du traitre Bazaine à Metz le 28 octobre 1870. Eugenia se soucie beaucoup du sort des prisonniers de cette armée.

Valeureux officiers et soldats brûlant leur drapeau pour qu'il ne tombe pas aux mains des Prussiens.

Les Adieux des soldats à leurs officiers, Le 29 octobre 1870, à l´issue du siège de Metz.

Paul de Gassagnac écrit en 1920 :

Pendant la guerre de 1870, l'Impératrice pensa à la France toujours, à l'Empire, jamais[193].

Trochu est nommé gouverneur de Paris par Napoléon III. Il prend contact avec des dirigeants de l’opposition républicaine. Il affirme sa totale loyauté à la souveraine :

Madame, je suis Breton, catholique et soldat et je vous servirai jusqu’à la mort[194].

Depuis Sedan, Napoléon III envoie, au Palais des Tuileries, un télégramme à son épouse, l’impératrice Eugénie, dans lequel il annonce :

L’armée est vaincue et captive, moi-même je suis prisonnier.

L'impératrice-régente charge M. Augustin Filon de répondre ceci à l'amiral Duperré :

L'impératrice veut que vous ne teniez aucun compte des communications de Bouillon.

Donc d'une phrase brève, elle découronne l'empereur. Ces lignes sont révélatrices du caractère autoritaire et âprement ambitieux de l'ancienne souveraine, selon un certain Peyron[195]. Il faut de nos jours plutôt y voir le mépris et la colère d'une femme d'état.

Le 4 septembre, en pleine nuit, le Corps législatif est réuni pour apprendre la défaite de Sedan et la capture de l'Empereur. Jules Favre, député républicain, prend aussitôt la tête d’une coalition réclamant sa déchéance et dans la journée, se rend à l’hôtel de Ville de Paris pour y proclamer la IIIe République accompagné d’une foule de Parisiens[196].

M. de Lesseps et les députés de la maison viennent conseiller à l’Impératrice de se dessaisir du pouvoir au profit de la Chambre, de façon à éviter la déchéance de droit par une abdication de fait. C’est à ce moment que l’Impératrice reçoit le général Trochu. D’après son attitude et son langage, elle juge qu’il ne défendra pas la Chambre contre les envahisseurs. Son époux, Napoléon III, battu à Sedan le 1er septembre 1870, est aux mains des Prussiens. La régente, pour peu de temps impératrice des Français, doit songer à son salut au moment où les députés proclament la déchéance du Second Empire. La République est proclamée dans la salle du Trône aux Tuileries

Les Tuileries sont envahies à 3 heures et demie. Trochu, malgré toutes ses promesses n'est pas là.

Le palais des Tuileries est cerné par l'émeute. Eugenia s'enfuit par le pavillon de Flore, d'où elle passe dans la Grande Galerie du Louvre. Selon Philippe Delorme, le 4 septembre 1870, la dernière dame des Tuileries, femme de Napoléon III, croise l'homme rouge dans la grande galerie. Très amaigri, il lui indique la sortie d'un geste furtif (???)[197].

Le drapeau français est descendu du pavillon de l'Horloge des Tuileries. Après la proclamation de la déchéance, les aigles de la grille des Tuileries sont brisés, cependant que les "N" qu’on ne peut pour le moment détruire sont recouverts d’un linceul blanc, de même qu’une statue équestre de Napoléon III. Dans tout Paris, pendant et après l’envahissement du Palais-Bourbon, on brise les aigles et les armoiries de l’Empire[198].

L'impératrice doit, comme Marie Antoinette, quitter les Tuileries et prendre le chemin de l'exil. Elle peut quitter la France grâce à son dentiste nord-américain, le Dr Evans. Elle traverse une partie de la France rurale qui est calme. Par contre, au cours de la traversée de la Manche, sur un yacht de 15 mètres de long, le voyage devient presque épique. Il dure 12 heures sur un yacht de 15 mètres de long, du fait d'une tempête impressionnante. Elle trouve refuge en Angleterre, sous la protection bienveillante de son amie la reine Victoria.

Le jeudi soir, 8 septembre 1870, l'impératrice rejoint son fils à Hastings. Ils logent hôtel de second ordre, le Marine Hotel, où Napoléon III a résidé trente ans auparavant. Le prince de Galles leur offre l'hospitalité de Chiswick House, sa maison de campagne. Le 20 septembre 1870, l'impératrice et le prince emménagent à Camden Place, une gentilhommière à Chislehurst, près de Londres. Le 30 novembre 1870, la reine Victoria et sa fille, la princesse Béatrice, rendent visite aux exilés.

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CHUTE DE L'EMPIRE ET EXIL[]

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Napoléon III en 1870 est un homme très malade qui ne ressemble plus à ses portraits flatteurs.

Vieilli, très malade, l’empereur, s’il faut en croire Eugénie :

... ne se croyait plus capable de supporter longuement le fardeau, si lourd, du pouvoir suprême et elle rappelle qu’il envisagée d’abdiquer en 1874 pour se retirer à Pau et à Biarritz, en 1874, date à laquelle le prince Eugène deviendra majeur[199].

La révolution du 4 septembre 1870 provoque la chute de l'Empire. Léon Gambetta proclame ce jour là la République à l'hôtel de ville de Paris. L'impératrice a une conduite exemplaire, mais elle doit se réfugier au Royaume-Uni et l'ex-empereur est prisonnier en Allemagne. Le prince impérial fuit en Belgique.

Le 20 septembre 1870, l'impératrice et le prince emménagent à Camden Place. Le 20 mars 1871, l’empereur déchu arrive à Douvres. Il meure en exil en 1873. Le prince impérial meurt en combattant les Zoulous en 1879.

Eugenia de Palafox y Kirkpatrick meurt à 94 ans au palais de Liria à Madrid, dans son pays natal. Elle est inhumée dans la crypte impériale de l'abbaye Saint-Michel de Farnborough, en Angleterre, avec son époux et son fils.

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CHUTE DE L'EMPIRE[]

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L'impératrice Eugénie de France s'enfuyant du palais des Tuileries, le 4 septembre 1870.

Le prince de Metternich lui annonce que l'armée de la Loire n'est pas un mythe. Bataille du Mans, pendant laquelle Septime Le Pippre est tué.

En septembre 1870, la guerre franco-prussienne prend fin, culminant avec le désastre de la bataille de Sedan, au cours de laquelle l'armée française est capturée avec l'empereur. L'empereur, qui sera plus tard libéré, est prisonnier dans le château de Wilhelmhöhe, transformé en prison.

Bazaine veut faire supporter à la Régente la responsabilité de l'abandon de l'Alsace-Lorraine, sans qu'il ait fait tout ce qui prescrivent le devoir et l'honneur, comme le dira l'un des considérants de la sentence qui condamnera ce misérable traitre à mort[200].

Le refus de l'Impératrice à consentir un accord qui implique une cession de territoire est définitif, mais le traitre mentionne seulement qu'a cette date, l'Impératrice, ne recevant aucune nouvelle, télégraphie directement au Roi de Prusse, puis lui écrit[201]. Mais Eugenia va attendre la réponse du Roi de Prusse à sa lettre, où, dans l'intérêt dé l'Allemagne elle-même, elle le conjure de renoncer à demander Ï'Alsace-Lorraine ; la réponse ne part de Versailles que le 26 octobre.

Le prince de Metternich lui annonce que l'armée de la Loire n'est pas un mythe. Il supplie l'Impératrice de ne pas s'opposer à l'élan dei patriotisme en France, et de cesser lest négociations qu'elle parait avoir l'intention d'entamer dans le but de faire sortir l'armée du Rhin de la situation où elle se trouve. L'Impératrice, cette fois, n'a pas un moment d'hésitation. Tout de suite, elle voit clairement son devoir. Pendant ce temps Bazaine se rend et Thiers cheche à négocier à Versailles un armistice[202].

L'Impératrice, en 1870, chaque fois qu'elle a un renseignement qui peut intéresser la défense nationale, en fait aviser le gouvernement de Tours-Bordeaux, ce dont Gambetta la fait remercier par Tissot, chargé d'affaires à Londres. L'Impératrice parle de Gambetta avec beaucoup de sympathie[203].

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EXIL[]

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Eugenia lie avec Victoria une forte amitié, au point de se considérer comme des sœurs.

En 1870, la victoire prussienne sur la France a raison de l'empire. Victoria n'a pas oublié ses amis français. Elle les accueille en Angleterre et leur offre le domaine de Chislehurst. Victoria n'hésite pas à visiter l'ancien couple impérial avant que Napoléon III décède en 1873. Eugénie demeure en Angleterre, tandis que Napoléon III est inhumé sur le sol britannique. Son fils Louis-Napoléon va même jusqu'à servir sous le drapeau britannique en Afrique du Sud où il meurt d'une attaque Zoulou en 1879. Eugénie est dévastée et Victoria ne cesse de consoler son amie meurtrie. Eugenia onde deux ans plus tard un monastère à Farnborough conçu comme un mausolée impérial à la mémoire de son époux et de son fils. Lors de son enterrement le roi George V en personne assiste à la cérémonie avant que l'impératrice soit inhumée dans la crypte de l'abbaye aux côtés de Napoléon III et de leur fils[204].

Le ministre de l'Instruction publique sous le Second Empire, de 1863 à 1869, Victor Duruy garde contact avec la famille impériale en exil, faisant à de nombreuses reprises le voyage de Chislehurst, assistant aux funérailles de Napoléon III, puis à celles du Prince impérial. Il correspond jusqu’à sa mort avec l’impératrice Eugénie[205].

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Chislehurst[]

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Camdem Place, à Chislehurst, juillet 1879. Dans l'allée, l'impératrice Eugénie en robe de deuil se dresse, de profil à droite.

Après la défaite de Sedan et la proclamation de la IIIe République le 4 septembre 1870, le prince se réfugie en Belgique. Il débarque à Douvres avec trois aides de camp, puis gagne Hastings, où sa mère le rejoint le 8 septembre 1870. Ils logent dans un hôtel de second ordre, le Marine Hotel, où Napoléon III a résidé trente ans auparavant.

Le prince de Galles leur offre l'hospitalité de Chiswick House, sa maison de campagne.

Le 20 septembre 1870, l'impératrice et le prince emménagent à Camden Place, une petite propriété située près de Londres.

Le 30 novembre 1870, la reine Victoria et sa fille, la princesse Béatrice, rendent visite aux exilés.



Le 28 janvier 1871, l'armistice est signé avec l'Allemagne. Le 20 mars 1871, l’empereur déchu arrive à Douvres.

Son fils la rejoint au Royaume Uni Ainsi que l’ex-empereur, une fois libéré de sa captivité en Allemagne.

Le couple emménage à Camden Place, à Chislehurst, non loin de Londres[206].



Elle s'installe avec son fils dans le domaine de Camden House à Chislehurst, Kent,

Le 19 mars 1871, Bismarck met fin à la captivité de l'empereur déchu qui décide alors de rejoindre ses proches en Angleterre où il retrouve son épouse et son fils, installés à Camden Place, une gentilhommière de style georgien, à Chislehurst, à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Londres[207]. Eugeniat sa famille y reçoivent de nombreuses visites à commencer par la reine Victoria, le prince de Galles et le Premier ministre britannique Gladstone[208].

où l'empereur la rejoignit après avoir été destitué par l'Assemblée. C'est à Camden House que la santé de l'empereur se dégrade avec une sorte de douleurs abdominales, pour finalement mourir le 9 janvier 1873, sans que son fils, qui étudie à la Royal Military Academy de Woolwich, puisse arriver à temps.

Ernest de Rambaud est cousin avec la fille d'Armand-Octave-Marie d'Allonville, dame d'honneur de l'impératrice Eugénie de Montijo en exil[209]. .

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Mort de l'empereur[]

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C’est là que Napoléon III meurt le 9 janvier 1873 au cours d’une intervention chirurgicale destinée à le guérir de la maladie de la pierre (calculs dans les reins)[210].

Le 9 janvier 1873, à 10 h 45, Napoléon III meurt à l'âge de 64 ans, dans sa résidence de Camden Place. Près de 60 000 personnes, dont un dixième de Français comprenant une délégation d'ouvriers conduite par Jules Amigues, viennent se recueillir devant le corps et participer à l'inhumation le 15 janvier 1873 à Chislehurst (aujourd'hui dans le borough londonien de Bromley).

A la mort de l'empereur, Eugénie se retire dans une villa à Biarritz où elle vit loin des affaires de la politique française.

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Mort du Prince impérial (1879)[]

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L’impératrice Eugénie et le Prince impérial dans le jardin de Camden Place en 1874.

Majorité du Prince impérial à Camden Place le 16 mars 1874.

Prosper d'Épinay : Buste du prince impérial mort (Musée du Second Empire; Château de Compiègne).

Après la mort de Napoléon III en 1873 et la majorité du prince en 1874, les bonapartistes reconnaissent en lui l'héritier dynastique de la famille Bonaparte. Le prince est désigné sous le nom de Napoléon IV[211] et surnommé Loulou. Mais c'est surtout un brillant élève officier à l'Académie militaire royale de Woolwich[212].

Son fils bien-aimé, un jeune homme au talent considérable, caractérisé par une vie privée impeccable et une grande sympathie, semble destiné à être un redoutable prétendant au trône de France en cas de restauration impériale, pourtant déterminé d'abord à faire carrière dans l'armée, rejoint les troupes britanniques marchant vers l'Afrique du Sud en tant qu'officier d'artillerie volontaire, emportant avec lui l'épée de son grand-oncle pendant la guerre anglo-zouloue

Dans une embuscade tendue par les Zoulous le 1er juin 1879 , il tomba de cheval alors qu'il s'enfuit avec son détachement et meurt à l'âge de 23 ans, abattu après une brève bagarre avec ses poursuivants.

La mort de son fils en 1879, jointe à celle de l' empereur en 1873 et celle de sa sœur Paca de Alba en 1860 due à la tuberculose , rend la vie sans intérêt pour l'impératrice.

Lorsqu'il revint en Angleterre en 1880 après avoir visité les lieux du martyre de son fils , il lui restait encore quarante ans à vivre. Quarante ans qu'il s'habille d'un deuil rigoureux.

Généalogiquement liée à la Casa de Alba , elle séjourne occasionnellement au Palacio de Liria à Madrid, à sa Quinta de Carabanchel et au Palacio de Dueñas à Séville. Certains de ses biens, tels que des tableaux et des meubles, passèrent entre les mains des Alba , comme un portrait de lui peint par Winterhalter et un autre par Goya, La Marquesa de Lazán. Lors de ses séjours en Espagne , il rend fréquemment visite à la reine consort Victoria Eugenia de Battenberg , dont il fut la marraine au baptême et un ami proche.

Prosper d'Épinay fait des sculptures : Napoléon III, l'Impératrice Eugénie et le Prince Impérial, mais il n'est en rien bonapartiste. Parmi les œuvres rendant hommage au prince impérial et à sa mort, on peut également citer le projet de monument de Prosper d'Épinay : le prince impérial y est représenté mourant et recueilli par l'ange Gabriel[213]. Le monument ne fut jamais terminé, de peur de déprédations ; le buste devant orner le monument, exécuté par Prosper d'Épinay, reste dans un coin de la loge.

L'impératrice acquiert un terrain en 1912 proche du château de la Malmaison à Rueil-Malmaison, à la suite du lotissement de son ancien parc. Elle fait transférer le monument depuis le Champ-de-Mars. Le monument est remonté en 1913, mais la guerre interrompt l'opération, qui ne s'achève qu'après la mort d'Eugénie. Il sculpte aussi un buste du prince mort et une statue en marbre qui est au musée du château de Compiègne.

Eugénie, quand elle évoque auprès d’Augustin Filon la mort du prince impérial, a ses mots :

... qui eût pu l’empêcher d’aller se battre, quand il avait, par son père, du sang de Bonaparte, et par sa mère... du sang de Don Quichotte ?».

Don Quichotte, c’est l’Espagne, le sang espagnol, mais c’était aussi la chevalerie, l’idéalisme, la noblesse de cœur. Pour Eugenia, Don Quichotte c’est l’honneur, et l’honneur c’est son père[214].

En 1879, le fils du couple impérial part avec l’armée britannique combattre les Zoulous en Afrique du Sud. Il est tué le 1er juin en faisant front à une troupe ennemie, laissant sa mère ravagée de chagrin. C'est le premier Bonaparte tué au combat[215].


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MORT D'EUGENIA[]

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Gravure de 1870 du Palacio de Liria. Fuente: Fundación Casa de Alba.

Devant d'une manière ou d'une autre combler le vide d'une vie sans but, en 1885, il s'installe à Farnborough , dans le Hampshire, dans une résidence seigneuriale qui deviendra un musée pour la dynastie napoléonienne, alternant sa résidence là-bas avec des séjours dans sa villa "Cyrnos" (l'ancien nom grec de Corse ), qui avait été construit à Biarritz . Là, il vécut retiré, s'abstenant de toute ingérence dans la politique de la France , mais sa santé commença à se détériorer.

Infatigable voyageuse, Eugénie va passer le restant de sa vie entre l’Angleterre et la côte d’Azur. Elle s’éteint, le 11 juillet 1920, à l’âge de 94 ans à Madrid[216].

Son médecin lui a recommandé des séjours à Bournemouth , un endroit qui était, à l'époque victorienne , célèbre comme station balnéaire. Lors d'une de ses visites, un jardinier a allumé des centaines de petites bougies dans les parcs de Bournemouth pour éclairer le chemin qu'Eugenia suivait vers la mer la nuit. Cet événement est encore commémoré chaque année avec l'allumage de bougies dans ces jardins chaque été.

En 1920, il se rend en Espagne pour se remettre entre les mains du docteur Ignacio Barraquer pour une opération de la cataracte, une opération qui est un succès total. Il lut sans effort Don Quichotte et écrivit en marge d'une page du roman immortel : « Vive l'Espagne ! Ce cri du cœur était dirigé vers le médecin espagnol qui venait de la sortir des ténèbres. La joie d'Eugénie était immense, même si elle durait peu de temps. Son imagination était un volcan, mais son corps pliait sous le poids de près d'un siècle d'existence.

Elle préparait son retour en Angleterre lorsque, le soir du 10 juillet 1920 , elle se sentit subitement mal à l'aise. L'impératrice mourut d'une crise d'urémie à huit heures trente du matin le lendemain, 11 juillet 1920 , à l'âge de 94 ans au Palacio de Liria à Madrid .

Son corps a été immédiatement transféré par train à Paris, accompagné d'une suite comprenant le duc d'Albe, le duc de Peñaranda, les duchesses de Tamames et de Santoña et le comte de Teba. Le cercueil a été reçu en gare d'Austerlitz par les princes Murat, l'ambassadeur d'Espagne et des membres de la noblesse française et espagnole qui lui ont rendu hommage pendant plus de trois heures. Plus tard, le corps a été transféré au Havre et à Farnborough sous la garde du diplomate espagnol Carlos de Goyeneche. L'impératrice a été enterré dans la crypte impériale de l' abbaye Saint - Michel à Farnborough ( Angleterre ), à côté de son mari et son fils, décédé en Afrique .



Tombe de l'Impératrice Eugénie à l'abbaye St Michael, Farnborough, Angleterre.

L'impératrice Eugénie a vécu assez longtemps pour voir tomber d'autres monarchies européennes après la Première Guerre mondiale , comme les monarchies russe , allemande et austro-hongroise . Il légua ses biens à plusieurs de ses proches, ses propriétés en Espagne étaient pour les petits-enfants de sa sœur Paca de Alba , la maison de Farnborough , pour l'héritier de son fils , le prince Victor Bonaparte , la villa Cyrnos de la princesse Letizia de Aosta , sœur de cela. Le reste des biens a été distribué en lots auxdits proches, à l'exception de 100 000 francs destinés au Comité des réparations de laCathédrale de Reims .

Les bijoux de l'impératrice




L'impératrice possède l'une des collections de bijoux les plus importantes de son temps. A commencer par les alliances qu'elle a commandées à la maison française Chaumet, qui lui a également réalisé d'autres magnifiques décors, dont certains sont aujourd'hui exposés au musée du Louvre à Paris, Catalina Granger se souvient que ses achats en général sont proches de la somme colossale. de 3,6 millions de francs, dont environ 200 000 francs sont allés à l'achat d'œuvres d'art pour sa collection personnelle.

Vente aux enchères

Pour répondre aux besoins de son exil en Angleterre , le souverain a organisé une vente de bijoux à Christie le 24 Juin, 1872 à 20h00 sur la rue King à Londres ,  où une foule curieuse se sont réunis pour annoncer la La vente a duré plusieurs semaines ( le catalogue ne mentionnait que "une partie de beaux bijoux appartenant à une dame de qualité", mais le nom de la propriétaire était connu de tous). La vente comportait 123 lots : bandeaux, colliers, bracelets, éventails, etc. Parmi les pièces se distinguaient deux rangs de grosses perles fines et, surtout, une extraordinaire parure de diamants et d'émeraudes. Un total de 1 125 000 francs de l'époque ont été obtenus de la vente.

Le joaillier américain Charles Lewis Tiffany , qui avait auparavant acquis les Joyaux de la Couronne de France, a acheté la plupart des bijoux de l'impératrice pour les vendre plus tard aux dames de la haute société américaine.

La plupart d'entre eux seront acquis plus tard par la brésilienne Aimée de Heeren,  qui collectionne les bijoux et s'intéresse par la même occasion à la vie de l'impératrice.

Les deux femmes étaient considérées comme les deux "reines de Biarritz", puisqu'elles passaient l'été sur la côte basque, l'impératrice dans la "Villa Eugenia", aujourd'hui l' Hôtel du Palais que Napoléon III fit construire en 1854, l'édifice Il est façonné comme un "E" majuscule - et Aimée de Heeren dans la villa "La Roseraie".

L'impératrice Eugenia possédait également une magnifique collection d'émeraudes colombiennes et, compte tenu de leur qualité exceptionnelle, il est probable que certaines des 25 émeraudes vendues appartenaient à la collection de bijoux Donnersmarck. En effet, l'industriel allemand le prince Guido Henckel von Donnersmarck (vers 1900) commanda, probablement au joaillier parisien Chaumet, un excellent diadème pour son épouse, la princesse Katharina, composé de 11 émeraudes colombiennes exceptionnellement rares, en forme de goutte et lourdes en plus de 500 carats.

Récupération de bijoux pour le Louvre [ modifier ]

Le musée du Louvre travaille depuis plusieurs années pour tenter de collecter les Joyaux de la Couronne de France , avec l'aide de la Société des Amis du Louvre, puisque l'État les a vendus entre le 12 et le 23 mai 1887.

Cet aspect de son règne fait oublier son travail social en tant que fondatrice d’asiles, d’orphelinats et d’hôpitaux, sa protection des travaux de recherche de Louis Pasteur, son implication dans la construction du canal de Suez ou son intervention dans la plupart des grâces accordées par l’empereur, qui ont sauvé la vie à nombre de ses ennemis politiques.

Le peuple et les politiciens ont imputé le déclin de l’empire à celle qu’ils appelaient « l’Espagnole », surnom qui rappelait celui, méprisant, d’« Autrichienne » attribué à Marie-Antoinette.


L’exil et le deuil

En 1870, la défaite française à Sedan lors de la guerre franco-prussienne est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Avec l’emprisonnement de Napoléon III après la bataille et la proclamation de la Troisième République, l’impératrice et son fils doivent fuir en Angleterre. Ils s’établissent dans le domaine de Camden Place, à Chislehurst, où l’empereur déchu les rejoint en 1871 après sa libération.

Malgré tout, au cours de ses premières années d’exil, et particulièrement après la mort de Napoléon III en 1873, Eugénie continue à conspirer afin que son fils récupère le trône. Ce sera impossible. La république est déjà bien implantée en France, et les projets d’Eugénie tournent court avec la mort du jeune homme le 1er juin 1879 : engagé volontaire auprès des troupes britanniques qui combattent les Zoulous en Afrique australe, il tombe dans une embuscade lors d’une mission de reconnaissance.

Eugénie de Montijo survit quarante ans à son fils, mais elle n’est plus la même. Elle abandonne tout engagement politique et se consacre à ses œuvres pieuses. Après s’être installée à Farnborough, elle fait construire près de sa résidence un mausolée pour le père et le fils, l’abbaye Saint-Michel, dont elle confie la garde à des frères bénédictins.

Peu à peu tombent dans l’oubli la beauté et l’élégance qu’avaient célébrées Winterhalter, portraitiste favori des têtes couronnées d’Europe, et Worth, son créateur de mode préféré, le prédécesseur des grands couturiers français du XXe siècle. Retirée dans sa propriété, elle laisse derrière elle son ambition, son talent pour l’intrigue politique, les multiples infidélités de son mari et la désaffection de son peuple.

Dans ses dernières années, elle partage son temps entre l’Angleterre et l’Espagne, où elle se réfugie, solitaire, auprès de ses neveux, les ducs d’Albe. C’est là qu’elle se trouve le 11 juillet 1920, lorsqu’elle succombe à un problème rénal. Son corps est rapatrié en Angleterre afin qu’elle soit ensevelie auprès de son mari et de son fils. Morte, l’impératrice Eugénie de Montijo entrait dans la légende.

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DANS LA CULTURE POPULAIRE[]

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L'impératrice a également été commémorée dans l'espace : l' astéroïde 45 Eugenia a été nommé en son honneur,  et sa lune, Petit-Prince , en l'honneur du prince impérial.

L' archipel de l'impératrice Eugénie , dans la mer du Japon, a été nommé en son honneur.

Il a été honoré par John Gould , qui a donné le nom scientifique Ptilinopus eugeniae au pigeon à tête blanche.

Nommé d'après l'impératrice, le chapeau Eugenia est un style de coiffure qui repose de façon spectaculaire sur un œil, avec le bord fortement courbé des deux côtés, à la manière d'une coiffe d'équitation, et souvent avec une longue plume d'autruche inclinée vers l'arrière. Ce chapeau a été popularisé dans les années 30 par la star de cinéma Greta Garbo . Cependant, beaucoup plus caractéristique du vrai style de l'impératrice, était le paletot Eugenia , un manteau de femme avec des manches évasées et une fermeture à bouton au cou.

Le film franco-espagnol Violetas imperiales , de 1952, s'inspire de sa vie, tout comme le film espagnol Eugenia de Montijo , de 1944. En revanche, elle apparaît dans le long métrage américain Juarez , de 1939, dans lequel l'impératrice Eugenia a été joué par Gale Sondergaard comme un monarque implacable ravi d'aider son mari Napoléon III dans ses plans pour contrôler le Mexique

De nombreux artistes ont interprété des chansons à son sujet :

" Eugenia de Montijo ", de Concha Piquer ;

" Eugenia emperatriz ", de Rocío Dúrcal ;

" Eugenia de Montijo ", de Marujita Díaz .

Autres données [ modifier ]


Monogramme du "N" pour Napoléon III sur la façade de l' Opéra Garnier à Paris . Le "E" est pour l'impératrice Eugénie.

Eugénie, aujourd'hui impératrice, ordonna à des architectes et jardiniers de sa cour de remodeler le château d'Arteaga , un bâtiment de ses ancêtres dans la province de Biscaye ( Espagne ) et restaura également le château de Belmonte ( Cuenca ) appartenant au marquis de Villena .

Il fréquemment utilisé le nom de famille Guzman, au lieu de Palafox Portocarrero et Kirkpatrick, en tant que détenteur de primogéniture fondée en 1463 par Dona Ines de Guzman sur la seigneurie de Teba, a soulevé le comté en 1522 par Carlos V . Ses neveux, enfants de sa sœur Francisca et du duc d'Albe, ont utilisé Portocarrero comme deuxième nom de famille.

Sous ses auspices, il était cultivé dans une ferme à Baños de Rioja ( La Rioja ), dont il était propriétaire, un vignoble qui existe toujours sous le nom de La Emperatriz .

Grâce à elle, l'été à Biarritz devient très populaire lorsqu'en 1854 il construit le Palace sur la plage aujourd'hui appelé Hôtel du Palais .

Connu pour son nom étant lié à la ville qui tiendrait la tête du comté du même nom, à Montijo ( Espagne ). Son père, Cipriano Palafox y Portocarrero , a hérité du comté de Montijo et du Señorío de Moguer , parmi beaucoup d'autres titres ; plus tard en passant le comté à sa sœur, María Francisca de Sales Portocarrero . Eugenia ne portera jamais le titre de comtesse de Montijo.


Traitements [ modifier ]

1826-1839 : Doña Eugenia Palafox Portocarrero de Guzmán et KirkPatrick.

1839-1853 : Son Excellence Doña Eugenia Palafox Portocarrero de Guzmán y KirkPatrick, XVI Comtesse de Teba

1853-1870 : Sa Majesté Impériale l'Impératrice des Français (à certaines périodes Impératrice Régente)

1870-1920 : Sa Majesté Impériale l'Impératrice Eugénie de France.

Honneurs et dignités [ modifier ]

Dame Grand-Croix de l' Ordre Impérial de San Carlos ( Second Empire Mexicain ).

475ème Dame de l'Ordre des Nobles Dames de la Reine María Luisa ( Royaume d'Espagne ).

Dame de la Première Classe de l' Ordre de la Croix Étoilée . ( Empire Austroahúngaro )

Dame d'honneur Grand-Croix de l' Ordre le plus excellent de l'Empire britannique (Royaume-Uni).

Rose d'or du christianisme (États pontificaux).

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NOTES ET RÉFÉRENCES[]

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  1. Gentlemen, Bourgeois, and Revolutionaries Political Change and Cultural, Jesus Cruz, 1996 Cambridge University Press.
  2. Kirkpatrick of Closeburn (Memoir), p.71.
  3. Impératrice Eugénie / Eugénie de Montijo (1826 - 1920)
  4. Maxime Michelet
  5. Les derniers feux de la monarchie, Charles-Éloi Vial · Perrin 2019.
  6. L'impératrice Eugénie - Une vie politique, Maxime Michelet · Les éditions du cerf 2020. ISBN : 9782204137607.
  7. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  8. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  9. Eugénie de Montijo : la dernière femme à avoir gouverné la France
  10. Eugénie de Montijo : la dernière femme à avoir gouverné la France
  11. McQueen, Alison (2011). Empress Eugénie and the Arts: Politics and Visual Culture in the Nineteenth Century. Burlington: Ashgate. ISBN 9781409405856.
  12. Pastor y Mendivil, Ramón (1925). Eugenia de Montijo y Napoléon III.
  13. Seward, Desmond (2004). Eugénie: The Empress and her Empire. Stroud : Sutton. ISBN 0-7509-29790.
  14. Impératrice Eugénie / Eugénie de Montijo (1826 - 1920)
  15. Roger Price (2001). The French Second Empire: An Anatomy of Political Power. Cambridge University Press. p. 47-48.
  16. McQueen, Alison (2011). Empress Eugénie and the Arts: Politics and Visual Culture in the Nineteenth Century. Burlington: Ashgate. ISBN 9781409405856.
  17. LE FÉMINISME DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  18. Louis Badinguet, Massot Éditions, 2017, 83 p. ISBN 979-10-97160-01-2, p. 44.
  19. Eugénie de Montijo : la dernière femme à avoir gouverné la France
  20. McQueen, Alison (2011). Empress Eugénie and the Arts: Politics and Visual Culture in the Nineteenth Century. Burlington: Ashgate. ISBN 9781409405856.
  21. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) : 1957.
  22. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  23. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  24. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  25. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  26. Historia Genealógica y Heráldica de la Monarquía Española, Casa Real y Grandes de España - Tomo II. «Concesión del título de Grande de España en 1520.»
  27. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  28. Castán y Alegre, Miguel Ángel (2006). Historia Nobiliaria de la villa de Ariza. Revista Hidalguía, números 316-317. 2006.
  29. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  30. Lacarta Aparicio, Ana (2005). El marquesado de Ariza. pp 153-154. En Comarca de la Comunidad de Calatayud, Julián Millán Gil y Agustín Sanmiguel Mateo (Coordinadores). Gobierno de Aragón.
  31. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
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  34. Roberto Moreno Morrison. Guía Nobiliaria de España (1941-1944). Madrid: Diputación de la Grandeza, 1947, pp. 89-90.
  35. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  36. Prosper Mérimée, Pierre Pellissier, Tallandier ISBN 9791021002432
  37. Articles du révérend JW Hewison DD.
  38. Kirkpatrick/Kilpatrick/Gilpatrick
  39. Revue Britannique. Recueil International. 1853.
  40. Leopoldo Fernández de Angulo Gómez de las Cortinas. Annales de l'Académie Royale Matritense d'Héraldique et de Généalogie, 1133-1240, Nº. 22, 2019, p. 235-368.
  41. Leopoldo Fernández de Angulo Gómez de las Cortinas. Annales de l'Académie Royale Matritense d'Héraldique et de Généalogie, 1133-1240, Nº. 22, 2019, p. 235-368.
  42. Leopoldo Fernández de Angulo Gómez de las Cortinas. Annales de l'Académie Royale Matritense d'Héraldique et de Généalogie, 1133-1240, Nº. 22, 2019, p. 235-368.
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  44. Leopoldo Fernández de Angulo Gómez de las Cortinas. Annales de l'Académie Royale Matritense d'Héraldique et de Généalogie, 1133-1240, Nº. 22, 2019, p. 235-368.
  45. Leopoldo Fernández de Angulo Gómez de las Cortinas. Annales de l'Académie Royale Matritense d'Héraldique et de Généalogie, 1133-1240, Nº. 22, 2019, p. 235-368.
  46. Leopoldo Fernández de Angulo Gómez de las Cortinas. Annales de l'Académie Royale Matritense d'Héraldique et de Généalogie, 1133-1240, Nº. 22, 2019, p. 235-368.
  47. Leopoldo Fernández de Angulo Gómez de las Cortinas. Annales de l'Académie Royale Matritense d'Héraldique et de Généalogie, 1133-1240, Nº. 22, 2019, p. 235-368.
  48. Prosper Mérimée, Pierre Pellissier, Tallandier ISBN 9791021002432
  49. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) : 1957.
  50. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  51. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) :  1957.
  52. Prosper Mérimée, Pierre Pellissier, Tallandier ISBN 9791021002432
  53. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) :  1957.
  54. Les derniers feux de la monarchie, Charles-Éloi Vial · Perrin 2019.
  55. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  56. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  57. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  58. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  59. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  60. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  61. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  62. Burgos, Augusto de (1853). Blasón de España: libro de oro de su nobleza : reseña genealógica y descriptiva de la Casa Real, la grandeza de España y los títulos de Castilla : parte primera. Imprenta y estereotipía de M. Rivadeneyra.
  63. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  64. Leopoldo Fernández de Angulo Gómez de las Cortinas. Annales de l'Académie Royale Matritense d'Héraldique et de Généalogie, 1133-1240, Nº. 22, 2019, p. 235-368.
  65. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  66. Leopoldo Fernández de Angulo Gómez de las Cortinas. Annales de l'Académie Royale Matritense d'Héraldique et de Généalogie, 1133-1240, Nº. 22, 2019, p. 235-368.
  67. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  68. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  69. Eugénie, la dernière impératrice de France
  70. Eugénie, la dernière impératrice de France
  71. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) : 1957.
  72. Gentlemen, Bourgeois, and Revolutionaries Political Change and Cultural, de Jesus Cruz, 1996 Cambridge University Press
  73. Kirkpatrick of Closeburn (Memoirs), p.71.
  74. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  75. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) : 1957.
  76. Prosper Mérimée, Pierre Pellissier, Tallandier ISBN 9791021002432
  77. Prosper Mérimée, Pierre Pellissier, Tallandier ISBN 9791021002432
  78. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  79. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  80. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  81. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  82. Prosper Mérimée, Pierre Pellissier, Tallandier ISBN 9791021002432
  83. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) : 1957.
  84. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) : 1957.
  85. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  86. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  87. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  88. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) : 1957.
  89. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  90. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  91. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  92. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  93. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) : 1957.
  94. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  95. Prosper Mérimée, Pierre Pellissier, Tallandier ISBN 9791021002432
  96. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  97. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  98. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  99. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  100. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) : 1957.
  101. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  102. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) : 1957.
  103. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) : 1957.
  104. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) : 1957.
  105. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) : 1957.
  106. Duff, David (1981). Eugenia de Montijo y Napoleón III. Madrid: Rialp. pp. págs. 102-103. ISBN 84-321-2077-4.
  107. Duff, David (1981). Eugenia de Montijo y Napoleón III. Madrid: Rialp. pp. págs. 102-103. ISBN 84-321-2077-4
  108. L'impératrice Eugénie - Une vie politique, Maxime Michelet · Les éditions du cerf 2020. ISBN : 9782204137607.
  109. L'impératrice Eugénie - Une vie politique, Maxime Michelet · Les éditions du cerf 2020. ISBN : 9782204137607.
  110. L'impératrice Eugénie - Une vie politique, Maxime Michelet · Les éditions du cerf 2020. ISBN : 9782204137607.
  111. L'impératrice Eugénie - Une vie politique, Maxime Michelet · Les éditions du cerf 2020. ISBN : 9782204137607.
  112. L'impératrice Eugénie - Une vie politique, Maxime Michelet · Les éditions du cerf 2020. ISBN : 9782204137607.
  113. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  114. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  115. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) : 1957.
  116. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  117. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) : 1957.
  118. Vie espagnole de l'impératrice Eugénie, Mévil, André (1870-195.). (Paris) : 1957.
  119. Pierre Milza, Napoléon III, Perrin collection Tempus, 2006.
  120. Pierre Milza, Napoléon III, Perrin collection Tempus, 2006.
  121. L'impératrice Eugénie - Une vie politique, Maxime Michelet · Les éditions du cerf 2020. ISBN : 9782204137607.
  122. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  123. Leopoldo Fernández de Angulo Gómez de las Cortinas. Annales de l'Académie Royale Matritense d'Héraldique et de Généalogie, 1133-1240, Nº. 22, 2019, p. 235-368.
  124. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  125. Jacobo Fitz-James Stuart y Falco, XVIIe duc d’Albe, Noticias historicas y genealogicas de los Estados de Montijo y Teba según los documentos de sus archivos, l Madrid, 1915. Ce livre fait l’objet d’une recension très complète, notamment à la Real Academia de la Historia : Noticias históricas y genealógicas de los estados de Montijo y Teba según los documentos de sus archivos, publicado por el Excmo. Señor Duque de Berwick y de Alba, Madrid, 1915.
  126. MEMOIR RESPECTING THE FAMILY OF KIRKPATRICK OF CLOSEBURN
  127. Jean-Claude Lachnitt, Le Prince impérial, Napoléon IV, éd. Perrin, 1997, p. 21.
  128. Yon Jean-Claude, Le bond en avant économique, dans : , Le Second Empire. Politique, société, culture, sous la direction de Yon Jean-Claude. Paris, Armand Colin, « U », 2012, p. 107-129.
  129. L’Institut de Protection de la Mode Eugénie de Montijo
  130. L'impératrice Eugénie - Une vie politique, Maxime Michelet · Les éditions du cerf 2020. ISBN : 9782204137607.
  131. Le quartier de la Paix hier et aujourd'hui. La Renaissance de l’Art Français et des Industries du Luxe,‎ mai 1923, p. 297.
  132. L'impératrice Eugénie - Une vie politique, Maxime Michelet · Les éditions du cerf 2020. ISBN : 9782204137607.
  133. L'impératrice Eugénie et ses femmes / Th. René-Lafarge ; préface de M. Henry Bordeaux, Paris 1938.
  134. L'impératrice Eugénie et ses femmes / Th. René-Lafarge ; préface de M. Henry Bordeaux, Paris 1938.
  135. Impératrice Eugénie / Eugénie de Montijo (1826 - 1920)
  136. Victor Duruy
  137. Eugénie de Montijo, naïade de Biarritz et impératrice aux côtes de Napoléon III
  138. L’impératrice Eugénie au centre de la conférence. Alexandre de la Cerda.
  139. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  140. Et Eugénie créa Biarritz : l’exposition du centenaire de l’Impératrice
  141. Et Eugénie créa Biarritz : l’exposition du centenaire de l’Impératrice
  142. Et Eugénie créa Biarritz : l’exposition du centenaire de l’Impératrice
  143. Et Eugénie créa Biarritz : l’exposition du centenaire de l’Impératrice
  144. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  145. MÉMOIRES DE L’ACADÉMIE DE NÎMES IXe SÉRIE TOME LXXXVI Année 2012. Sabine TEULON LARDIC, Mireille à Arles (1899) et Carmen à Nîmes (1901).
  146. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  147. Alain GALOIN, Le bonapartisme social et humanitaire, Histoire par l'image
  148. Eugénie (1826 - 1920), Impératrice et trois fois régente
  149. LE CHOLÉRA À AMIENS (1866)
  150. LE FÉMINISME DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  151. LE FÉMINISME DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  152. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  153. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  154. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  155. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  156. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  157. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  158. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  159. Skovron Jean-Emmanuel, De qui Montijo est-il le nom ?. Pour une meilleure connaissance de la famille espagnole de l’Impératrice Eugénie, Napoleonica. La Revue, 2021/1 (N° 39), p. 54-85.
  160. LE FÉMINISME DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  161. LE FÉMINISME DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  162. LE FÉMINISME DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  163. LE FÉMINISME DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  164. LE FÉMINISME DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  165. Victor Duruy
  166. Victor Duruy
  167. Victor Duruy
  168. LE FÉMINISME DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  169. Maxime Michelet
  170. Eugénie (1826 - 1920), Impératrice et trois fois régente
  171. Eugénie (1826 - 1920), Impératrice et trois fois régente
  172. Eugénie (1826 - 1920), Impératrice et trois fois régente
  173. Eugénie (1826 - 1920), Impératrice et trois fois régente
  174. Maxime Michelet
  175. Le Petit Versaillais (10 mars 1899).
  176. LES TROIS RÉGENCES DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  177. LES TROIS RÉGENCES DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  178. LES TROIS RÉGENCES DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  179. LES TROIS RÉGENCES DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  180. Eugénie (1826 - 1920), Impératrice et trois fois régente
  181. LES TROIS RÉGENCES DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  182. NAPOLÉON III ET LA POLITIQUE DES NATIONALITÉS
  183. LES TROIS RÉGENCES DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  184. Eugénie (1826 - 1920), Impératrice et trois fois régente
  185. LES TROIS RÉGENCES DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  186. LES TROIS RÉGENCES DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  187. LES TROIS RÉGENCES DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  188. LES TROIS RÉGENCES DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  189. LES TROIS RÉGENCES DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  190. LES TROIS RÉGENCES DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  191. LES TROIS RÉGENCES DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  192. LES TROIS RÉGENCES DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  193. Peyron Elie. Le Rôle de l'Impératrice Eugénie ( en Septembre et Octobre 1870). In: La Révolution de 1848 et les révolutions du XIXe siècle, Tome 17, Numéro 87, Mars-avril-mai 1921. pp. 293-304.
  194. LES TROIS RÉGENCES DE L’IMPÉRATRICE EUGÉNIE
  195. Peyron Elie. Le Rôle de l'Impératrice Eugénie (en Septembre et Octobre 1870). In: La Révolution de 1848 et les révolutions du XIXe siècle, Tome 17, Numéro 87, Mars-avril-mai 1921. pp. 293-304.
  196. Eugénie (1826 - 1920), Impératrice et trois fois régente
  197. Ombres et mystères de l'histoire. Delorme, Philippe (1960-....). Paris : Tallandier ; Valeurs actuelles, DL 2018. ISBN : 979-10-210-3046-6 (br).
  198. Le Trocquer, Olivier. Des rites de l'événement à l'événement ritualise. L'effacement interprétatif d'une révolution, 4 Septembre 1870, Hypothèses, vol. 1, no. 1, 1998, pp. 31-39.
  199. L’impératrice Eugénie au centre de la conférence. Alexandre de la Cerda.
  200. Peyron Elie. Le Rôle de l'Impératrice Eugénie (en Septembre et Octobre 1870). In: La Révolution de 1848 et les révolutions du XIXe siècle, Tome 17, Numéro 87, Mars-avril-mai 1921. pp. 293-304.
  201. Peyron Elie. Le Rôle de l'Impératrice Eugénie (en Septembre et Octobre 1870). In: La Révolution de 1848 et les révolutions du XIXe siècle, Tome 17, Numéro 87, Mars-avril-mai 1921. pp. 293-304.
  202. Peyron Elie. Le Rôle de l'Impératrice Eugénie (en Septembre et Octobre 1870). In: La Révolution de 1848 et les révolutions du XIXe siècle, Tome 17, Numéro 87, Mars-avril-mai 1921. pp. 293-304.
  203. Peyron Elie. Le Rôle de l'Impératrice Eugénie (en Septembre et Octobre 1870). In: La Révolution de 1848 et les révolutions du XIXe siècle, Tome 17, Numéro 87, Mars-avril-mai 1921. pp. 293-304.
  204. L'impératrice Eugénie et la famille royale britannique
  205. Victor Duruy
  206. Eugénie (1826 - 1920), Impératrice et trois fois régente
  207. Eugénie (1826 - 1920), Impératrice et trois fois régente
  208. Paul Ganière, Revue du souvenir napoléonien, n° 362,‎ octobre 1988, p. 21-38.
  209. Généalogies du baron de l'Horme, article d'Allonville, Archives Départementales de la Haute-Marne.
  210. Eugénie (1826 - 1920), Impératrice et trois fois régente
  211. Alain Frerejean, Napoléon IV, un destin brisé (1856-1879), éd. Albin Michel, 1997.
  212. La pourpre et l'exil, L'aiglon et le Prince impérial, éditions de la Réunion des musées nationaux, 2004, page 218.
  213. La pourpre et l'exil, L'aiglon et le Prince impérial, éditions de la Réunion des musées nationaux, 2004, page 237.
  214. L’impératrice Eugénie L’obsession de l’honneur
  215. Eugénie (1826 - 1920), Impératrice et trois fois régente
  216. Eugénie (1826 - 1920), Impératrice et trois fois régente
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