Wiki Guy de Rambaud
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                           Château de La Bourdaisière

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Dubernad fait reconstruire de 1794 à 1799 un nouveau Château de La Bourdaisière de style Louis XVI-Directoire.

Les communs (à gauche) sont les seuls vestiges authentiques du passé (XVI e / XVIIe siècle. Le logis Babou (au centre) et le château Directoire bâti par Joseph Dubernad en 1796 (à droite) ont des façades Renaissance qui sont des copies commandées à Joseph Angellier.

Les douves et la porte italienne (XVIe siècle.

Du temps des Dubernad le château de La Bourdaisière compte déjà les communs, le logis des Babou et leur nouveau château, si ce n'est quelques démolitions et des placages abondamment sculptés (1839 - 1841)[1].

Le Château de La Bourdaisière, à Montlouis-sur-Loire, est d'abord la forteresse de La Bourgezière au XIVe siècle (1360) construite par le maréchal Le Meingre, dit Boucicault, sous-gouverneur de Touraine[2]. Les Babou décident en 1520, de faire construire le logis des Babou à cet emplacement - qui existe encore de nos jours, en ne conservant qu'une seule des anciennes tours médiévales.

Nicolas-Alexandre Gouffier, marquis de Crevecœur. Celui-ci fait construire dans la première moitié du XVIIe siècle, à l’emplacement de la basse-cour médiévale, un imposant bâtiment composé de deux ailes en équerres, et des écuries voutées de style toscan[3]. Celles-ci ne sont pas rasées par Choiseul et existent encore du temps de Dubernad et de nos jours.

Le célèbre ministre de Louis XV, Choiseul se retire à Chanteloup, près d'Amboise, après sa disgrâce en 1770. Mais le grand logis de La Bourdaisière ne l’intéresse pas, car il ne peut pas y chasser dans son parc avec un équipage. Choiseul ordonne donc entre 1770 et 1775 la démolition du château afin de priver son rival, le duc d'Aiguillon, de la vue qu'il en a depuis son propre château de Véretz. Il utilise en outre les pierres récupérées pour la construction du château et de la pagode de Chanteloup. Le Duc de Penthièvre qui l'acquiert ne parle d'ailleurs plus d'un château, mais de sa ferme.

Joseph Dubernad - ou du Bernad et pas Dubernat ou Dubernade - achète comme bien national les ruines et le parc déjà vendu en petites parcelles. Il construit accolé au pavillon Babou un élégant château dans un élégant château néo-classique de style Louis XVI, en 1796[4]. Le style dit par d'autres historiens Louis XVI-Directoire.

Puis, le château de La Bourdaisière est à nouveau détruit en partie par les acheteurs en 1802 (trois pont-levis et le donjon et une tour ronde arasée subsistants de l’époque médiévale en 1840). Le château néo-classique et même la maison du jardinier ou la conciergerie du XVIIe siècle, à l'entrée du domaine, sont rhabillés de fausses façades Renaissance[5]. Un mur qui n'a pas de rôle de soutien cache un mur médiéval[6].

L'ex-préfet Joseph Angellier remercie à peine Joseph Dubernad pour le travail accompli, et juge, à l'inverse de la Société archéologique de Touraine, son château très massif, sobrement décoré[7]. Néanmoins ce n’est qu’après que l'architecte Jean-Charles Jacquemin-Belisle ait rhabillé le château de Dubernad par un placage abondamment sculpté (1839 - 1841)[8], que le château acquièrent un aspect enfin unitaire, et apparaît ainsi comme un modèle de la Renaissance tourangelle[9].

Une partie du château et du parc sont inscrits aux monuments historiques depuis 1947. Le parc héberge aujourd'hui plusieurs lieux de conservation et de culture de plantes. Les Princes de Broglie redonnent au château son prestige.

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Le château de La Bourdaisière de nos jours (bâtiment ajouté par Dubernad à droite) et une partie du parc de 35 ha.

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LA BOURDAISIÈRE AVANT DUBERNAD[]

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La forteresse de Boucicault[]

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Bastion et entrée des douves (XIVe et XVe siècles.

Entrée du château de La Bourdaisière.

Ruines de la forteresse du XIVe siècle.

La Bourdaisière est citée dès 1310[10]. Un premier château est construit à La Bourdaisière vers 1360 par le maréchal Le Meingre, dit Boucicault. Ce sous-gouverneur de Touraine, fait édifier à l’emplacement même du château actuel une forteresse destinée à défendre les abords de Tours contre les assauts des anglais[11].

De cette forteresse médiévale subsistent les fossés, des douves sèches au nord et à l’est du château, une tour d’angle ainsi qu’un escalier à colimaçons descendant dans les douves au sud-est de la terrasse.

Cette forteresse se transmit par héritage pendant plusieurs générations jusqu’à sa première vente le 4 mai 1482 , vente dont l’acte est conservé aux archives départementales. La Bourdaisière fut alors achetée par le Maire de Tours de l’époque, Louis de La Mézière.

La première description du parc apparaît dans un contrat de vente de la seigneurie en 1482, où il est question de près, vignes, pâturages et garenne. De cette époque subsistent les douves sèches, qui entourent l’actuelle terrasse. Une tour ronde arasée est située à l’angle Sud-Est. Une seconde tour identique figure à l’angle Sud-Ouest, comme on l’aperçoit sur des dessins et gravures du début de XIXe siècle[12]. Elle a vraisemblablement été démolie vers 1840, à la même période que le petit donjon du Maréchal Boucicault, situé dans l’angle Nord-Ouest de la terrasse.

Les douves actuelles sont probablement moins profondes qu’elles ne l’étaient à l’origine, comme l’attestent les archères semi-enterrées, situées dans la douve Nord[13].

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La demeure des Babou[]

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Le château de Dubernad (à droite) n'existe pas en 1794. En plus de la demeure construite par les Babou (au centre), il reste le donjon de la forteresse et des pont-levis que les Angellier vont détruire.

Pierre de Champagne-Parcé, le 4 mai 1482, vend La Bourdaisière, contre 1.200 écus d'or à la Couronne, à Louis de La Mézière, maire de Tours en 1477-1478. Les descendants de Louis de La Mézière, ou plutôt leurs alliés, vont posséder La Bourdaisière pendant trois siècles, jusqu'en 1674. Marie Gaudin, fille de Victor, maire de Tours, hérite de La Bourdaisière. Courtisane de haute volée, maîtresse notamment de François Ier, Charles Quint et dit-on du pape Léon X, elle épouse le 28 avril 1510 Philibert Babou (1484 - 1557), surintendant des finances de François Ier.

Dès 1520 Babou et sa femme achètent plusieurs terres et seigneuries autour de Montlouis et obtiennent aussi un hôtel à Tours[14], soutenus, au début, par Louise de Savoie[15]. Les Babou décident de faire construire un château neuf à Montlouis, en ne conservant qu'une seule des anciennes tours médiévales.

C'est dans ce château que naît leur descendante, Gabrielle d'Estrées (maîtresse et favorite d’Henri IV), et ses sept sœurs, connues également pour leur rôle de courtisanes, ce qui vaut au château le surnom de clapier à putains[16].

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Gouffier, marquis de Crevecœur[]

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Le château de La Bourdaisière avant d'être rasé en partie par Choiseul en 1770/1775. Les écuries ne sont toutefois pas détruites, ni le pavillon Babou. Dubernad construit accolé à celui-ci un élégant château néo-classique, dans le style Louis XVI-Directoire, en 1796[17].

Vers 1691, un poète du nom d’Etienne Pavillon parle de la terrasse à perdre haleine de la maison de la Bourdaisière, d’où l’on contemple à loisir le Château de Véretz [18].

Toutes ces descriptions résultent des transformations opérées par le Marquis Nicolas-Alexandre Gouffier, marquis de Crevecœur. Celui-ci fait construire dans la première moitié du XVIIe siècle, à l’emplacement de la basse-cour médiévale, un imposant bâtiment composé de deux ailes en équerres, et des écuries de style toscan[19]. Celles-ci ne sont pas rasées par Choiseul et existent encore du temps de Dubernad et de nos jours.

C’est plus tard, vers 1650 qu’il fait bâtir un très grand logis au bord de la terrasse, relié au manoir des Babou. Ces superbes constructions entraînent son propriétaire à la ruine, et il doit vendre La Bourdaisière en 1674[20].

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Choiseul et La Bourdaisière[]

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Étienne-François duc de Choiseul-Stainville (1719 - 1785) fait don du château de Paradis à son intendant en 1779.

Vue du Château de Paradis, près de La Bourdaisière, autre ex-propriété de Choiseul, acheté par son frère, Salvat Dubernad.

Château de Mesvres à Civray-de-Touraine fait partie de l'ensemble acheté 304.800 livres, somme considérable.

Reconstitution du château de Chanteloup, construit avec les pierres de La Bourdaisière, comme sa célèbre Pagode.

Le château de Paradis est acquis en 1767 par le duc de Choiseul, auprès d’Alexis Duvau, Trésorier de France à Tours. Les documents d’archives précisent qu’il ne s’agit pas d’un achat mais d’un échange, le duc donnant la châtellenie d’Écueillé à Duvau en échange de la seigneurie de Paradis[21]. Une allée, tracée à travers la forêt d’Amboise, relie directement les deux châteaux, Paradis et Chanteloup[22]. Pour 304.800 livres, Salvat Dubernad et Marguerite [Lannux] Delachaume achêtent 115.600 livres un ensemble, cela veut dire Le Paradis avec Les Cartes, Mée, Mesvres et La Bourrellerie (fief noble à La Croix-en-Touraine). Le frère de Joseph Dubernard ajoute aux diverses dépendances du Château de Paradis le lieu de La Maison Blanche...[23]. Puis après avoir fait couper les ormeaux d'une pièce de quatre arpents dépendant des Cartes Salvat Dubernad retourne à Séville et le 1er thermidor an V (4 août 1797), il revend le domaine[24].

En novembre 1768, le Duc de Luynes, héritier du Château de La Bourdaisière, l’échange avec le Duc de Choiseul, qui lui apporte la baronnie de Saint-Mars la Pile. Ce dernier annexe La Bourdaisière à son immense duché. En 1770, Choiseul fait exécuter un plan de son duché, très précis et divisé en de nombreux feuillets, à la manière d’un cadastre. Ce plan est extrêmement intéressant car il nous montre dans son entier le domaine de La Bourdaisière, dont l’organisation reste inchangée depuis le XVIIe siècle.

Le fameux ministre de Louis XV, Choiseul se retire à Chanteloup, près d'Amboise, après sa disgrâce en 1770. Mais le grand logis de La Bourdaisière ne l’intéresse pas, car il ne peut pas y chasser dans son parc avec un équipage. Choiseul ordonne donc entre 1770 et 1775 la démolition du château afin de priver son rival, le duc d'Aiguillon, de la vue qu'il en a depuis son propre château de Véretz. Il utilise en outre les pierres récupérées pour la construction du château et de la pagode de Chanteloup.

Néanmoins, le 10 novembre 1776, soit huit ans après son acquisition, Choiseul passe avec Pierre Fillet, un marché pour le renouvellement du parque de la Bourdaisière. Par cet acte, ce dernier s’engage à nettoyer l’ensemble de la propriété et à y poursuivre, au milieu du parc boisé, à 500 mètres au Nord du Château, la plantation de châtaigniers entreprise en 1732[25]. Une partie de ces plantations se fait sur les anciennes vignes du Clos Madame, au nord du Château. Il reste toutefois beaucoup de vignes du temps de Dubernad.

Les héritiers de Choiseul, son frère Jacques-Philippe, sa sœur Charlotte-Eugénie, abbesse des chanoinesses de St-Louis/Ste-Marie de Metz, et leur autre sœur Béatrix s'étant désistée, vendent La Bourdaisière en 1786 à Louis-Jean-Marie de Bourbon (1725 - 1793), membre de la famille royale de France, petit-fils de Louis XIV, duc de Penthièvre, d'Aumale (1775), de Rambouillet (1737), de Gisors, de Châteauvillain, d'Arc-en-Barrois, d'Amboise, comte d'Eu, seigneur du duché de Carignan, amiral et grand veneur de France. Il comparait par fondé de pouvoir à l'assemblée de la noblesse de Touraine pour l'élection des députés aux États généraux, en 1789[26].

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Véretz avant la Révolution.

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DU TEMPS DES DUBERNAD (1794 - 1802)[]

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La Bourdaisière, et surtout son parc morcelé en petits lots lors de la vente des biens nationaux, sont sauvés des rigueurs de la Révolution par Joseph Dubernad et Henri Jacques Goüin-Moisant.

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Achat d'un bien national (1794)[]

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Comme l'assignat ne vaut plus rien et que le négoce avec l'outre-mer du fait de la maîtrise anglaise des mers est impossible, Joseph Dubernad achète La Bourdaisière et son parc.

Mademoiselle de Penthièvre et son père, dans un de leurs nombreux châteaux... Le duc avant les travaux de Joseph Dubernad appelle les ruines de La Bourdaisière, sa ferme.

Le frère de son futur gendre, Henri Jacques Goüin-Moisant (1758 - 1823).

La Chapelle du château de La Bourdaisière est d'abord la maison du jardinier. C'est l'ex-préfet Angellier qui lui donne cet aspect néo-gothique.

Avant la Terreur, Joseph Dubernad négocie à Morlaix, à Bayonne, en Touraine et en Anjou, à Cadix, Séville, en Asie et Amérique du Sud, des productions entre autres françaises. Par l'entremise des frères Goüin, une partie des importations de Dubernad, se vendent à Tours.

Le château de La Bourdaisière, propriété de la fille de Louis-Jean-Marie de Bourbon (1725 - 1793), la Duchesse d’Orléans, Adélaïde de Bourbon Penthièvre, épouse de Philippe-Egalité, est dit séquestré au nom de la République. Il est vendu comme bien national. Le domaine est mis aux enchères en Nivôse an III (décembre 1794).

Goüin-Moisant, ami, associé, future beau-frère de l'une des filles de Joseph Dubernad (en 1796)[27] dirige la Commission qui saisit et vend les biens nationaux du district de Tours. Comme l'assignat, la monnaie-papier des révolutionnaires, perd de plus en plus de sa valeur, soit 60 % en 3 ans, de 1790 à 1793, que la bourse est fermée, et que le négoce avec l'outre-mer du fait de la maîtrise anglaise des mers est impossible, Henri Jacques Goüin-Moisant signale à Dubernad la possibilité d’acheter un château. La ruine qui s’annonce de toutes les façades maritimes de la France fait que Joseph Dubernad préfère accroître son patrimoine immobilier ailleurs qu’à Morlaix. A l'époque il se dit négociant en vins et Breton.

Henri Jacques Goüin-Moisant, membre de la loge tourangelle La Concorde Écossaise, est maire de Tours en 1794/1795. Fils de banquier, il a l’habitude des bonnes affaires et signale à son ami la possibilité d’acheter le Château de La Bourdaisière, à Montlouis-sur-Loire, et peut-être son immense parc et ses vignes.

Le château de La Bourdaisière est vendu nationalement le 7 nivôse An II (11 décembre 1794), sur Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, veuve de Philippe d'Orléans, fille du duc de Penthièvre, qualifiée de déportée, dans le procès-verbal d'adjudication. Il est acheté au prix de 183,000 livres, par Joseph Dubernad, négociant à Morlaix (Finistère), qui acquiert également le parc de La Bourdaisière, clos de murs, et d'une étendue de 69 arpents, au prix de 110.000 livres[28]. Joseph Dubernad rachète la parc déjà vendu en plusieurs petits lots comme biens nationaux, mais aussi d'autres terres, dont des vignes[29][30][31].

Le 26 septembre 1798, l'administration réclame à Joseph Dubernad 24 francs, mais les frères Goüin, Augustin (son gendre) et Henri Jacques Goüin-Moisant, ses fondés de pouvoir, écrivent au préfet que Dubernad est en avances de 31 francs trop payés et le préfet annule sa dette. La somme est dérisoire, mais le préfet ne peut rien refuser à Henri Jacques Goüin-Moisant, Président du tribunal de commerce, ancien maire de Tours, nommé maire de Tours, par arrêté du Premier Consul Napoléon Bonaparte, le 2 mai 1800, mais il décline cet honneur.

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Dans les misérables ruines[]

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Le château du duc d'Aiguillon, à Véretz.

De La Bourdaisière, il ne reste en 1794 que de misérables ruines.

Les filles de Joseph Dubernad retrouvent dans les ruines de l'ancien château des Babou des lettres de François Ier à Marie Gaudin. Elles les détruisent. Il faut voir en cela un sacrifice fait par ces dames à la dignité de leur sexe, dont le roi chevalier ménageait peu la susceptibilité pudibonde[32].

Plusieurs historiens relatent la découverte de ces lettres dans les les misérables ruines du château de La Bourdaisière par mon ancêtre et sa soeur.

La Bourdaisière compte encore de nombreux recoins un peu secrets.

Françoise Gaudelet d'Armenonville, petite-fille de Dubernad, vit à La Bourdaisière ses premières années.

Le baron Angelier écrit :

Mes enfants ont joué dans leur enfance sur les décombres du château de la Bourdaisière, acquis, par leur grand-père, d'un possesseur qui avait commencé à en relever les ruines. Ils demandaient souvent pourquoi, dans ces débris, on trouvait des fûts de colonnes, des restes d'entablements, des fragments de corniches, des pierres couvertes d'arabesques et de dorures, et on répondait vaguement que cet édifice avait été construit par des familles puissantes; que sa destruction n'était pas l'œuvre du temps, mais qu'on devait l'attribuer à la pensée parcimonieuse de transformer cette œuvre de l'art en matériaux de construction pour l'embellissement d'un autre château sans renommée historique, que M. le duc de Penthièvre, qui l'a possédé, appelait sa ferme, pour ne pas l'assimiler au château d'Amboise, résidence si prolongée de Charles VIII...[33].

Plus que les Angellier, les enfants de Dubernad vivent dans les misérables ruines, dont parlent Jean-Louis Chalmel et Georges Touchard-Lafosse (1780 - 1847), laissées par Choiseul.

Selon Georges Touchard-Lafosse (1780 - 1847), auteur de La Loire historique, pittoresque et biographique: de la source de ce fleuve à son embouchure dans l'océan, Choiseul par petitesse d'esprit veut priver les habitants de Véretz, et surtout, de son château de Veretz, le duc d'Aiguillon, ennemi résolu de la maison de Choiseul,de la jouissance du magnifique point de vue qu'offre le château de la Bourdaisière[34]. Cette construction splendide fournit des matériaux à l'architecte Le Camus pour construire la belle pagode de Chanteloup[35].

Jean-Louis Chalmel écrit à propos de la pagode :

Mais d'autres matériaux auraient causé moins de regrets, et la feraient trouver encore plus belle[36].

Georges Touchard-Lafosse (1780 - 1847) écrit :

Mais apparemment la démolition de la Bourdaisière ne fut pas complète, peut-être le ministre mit-il quelque malice à laisser devant le château de Véretz quelques misérables ruines; toujours est il certain qu'après l'aliénation de cette terre par le domaine national, on trouva dans l'épaisseur du mur un cabinet qu'éclairait à peine une sorte de meurtrière et dont la porte avait été murée. Au milieu de cette petite pièce et sur une table vermoulue, reposait une caissette dont la première vue fit battre le coeur de tous ceux qui la découvrirent : leur joie fut de courte durée, ce coffre ayant été ouvert n'offrit qu'une liasse de lettres très lisiblement bien écrites et bien conservées. C'était la correspondance de François Ier avec Madame Babou, l’une de ses favorites. Tombée dans les mains de deux demoiselles, filles de M. Dubernade, acquéreur de La Bourdaisière, cette correspondance fut détruite. Peut-être y eut-il en cela un sacrifice fait par ces dames à la dignité de leur sexe, dont le roi chevalier ménageait peu la susceptibilité pudibonde[37].

Les filles de Joseph Dubernad sont :

¤ Henriette Dubernad (1778 - 1803), mariée à Augustin Raymond Gouïn, frère de Henri Jacques Goüin-Moisant, les fondés de pouvoir de Joseph Dubernad. Veuf très jeune il se remarie avec la fille de Denis Duquesne, médecin, sous-préfet de l'arrondissement de Morlaix, maire en 1795, belle-soeur de Jean Victor Marie Moreau de Lizoreux, général français de la Révolution, également feld-maréchal de Russie et maréchal de France à titre posthume.

¤ Elisabeth Dubernad (1783 - 1829) avec le Chevalier François Gaudelet d'Armenonville, banquier.

Ses filles ont 16 et 11 ans en 1794. Joseph Dubernad ayant voulu faire faire quelques changements, en charge M. Guyot, expert- géomètre à Tours. Il essaie bien de retrouver des lettres épargnées par ses filles. Mais en vain...

Jean-Louis Chalmel conclut cette affaire ainsi :

Cette perte est d'autant plus regrettable qu'il n'était pas impossible que beaucoup de ces lettres continssent des détails confidentiels qui auraient pu jeter quelques lumières sur certains faits historiques, ignorés ou mal connus[38].

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Dubernad construit un château[]

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Dubernad fait construire de 1794 à 1799 un nouveau château de La Bourdaisière.

Joseph Dubernad construit collé aux ruines de l'ancien château de La Bourdaisière un château de style Louis XVI-Directoire[39]. La ferme du duc de Penthièvre est effectivement réduite à des communs de style toscan du XVIIe siècle et un logis du XVIe siècle, dit Babou. Il le fait construire de 1794 à 1799 adossé au sud du manoir des Babou[40].

Dubernad bâtit, selon la Société archéologique de Touraine, un élégant château néo-classique, dans le style Louis XVI, en 1796[41].

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Dubernad sauve le parc[]

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Carte de Cassini, datant de 1780-1782. La Bourdaisière y est représentée de façon très schématique, avec un parc clos et deux parcelles de vignoble de forme carrée[42].

Le parc de La Bourdaisière clôturé est composé d'une cour, de vignes, de prés et bois de feuillus.

Plan du domaine après les travaux de Dubernad. Les vignes (en rouge) et les prés n'ont pas encore fait place aux résineux[43].

L’affiche annonçant la vente des biens de la femme de Philippe Egalité fournit nombre d’informations sur la propriété. Elle nous décrit le jardin haut comme un jardin ci-devant en cour, renfermé de douves. Le domaine comprend toujours des clos de vignes de 15,4 ha, ainsi qu’un canal, utilisé comme vivier. Le parc est quant à lui décrit comme un parc en bois en bon état s’étalant sur 45,6 ha dont 14 ha en châtaigniers (plantés en 1732 et 1777) et traversé d’allées bordées de quatre rangs de châtaigniers (dont au moins un existe encore actuellement)[44].

Joseph Dubernad acquiert le parc de La Bourdaisière, clos de murs, et d'une étendue de 69 arpents, au prix de 110.000 livres, mais aussi des vignes[45]. Mon ancêtre, Joseph Dubernad sauve le parc de 69 arpents (5.107 m² x 69 = environ 35 ha.)[46][47], car l’ensemble a été vendu comme bien national, mais en petits lots pour plaire au peuple. En effet, le 29 germinal An II (18 avril 1794), à la demande de la Société populaire et montagnarde de Tours, la propriété est divisée pour permettre à des acquéreurs moins fortunés d'en devenir propriétaires. Mais il rachète la totalité et pour cela Messieurs Guiot & Theroy qui lui réclament 606 francs pour les frais d'expertise le 26 nivose An II (15 janvier 1794).

Il se rend également acquéreur d’une partie du vignoble de Montlouis-sur-Loire. Il compose autour du château en se portant acquéreur de 34 adjudications un domaine de 100 hectares, qui va hélas être vendu après son décès, en 1799, par ses héritiers[48].

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Françoise Gaudelet d'Armenonville, épouse de Rambaud, puis comtesse d'Allonville, vit bébé de 1800 à 1802 au château de La Bourdaisière.

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LA BOURDAISIÈRE APRÈS DUBERNAD (1802 - 2021)[]

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Maquette du château de style Louis XVI-Directoire accolé au pignon Sud du logis du XVIe siècle, dit Babou. Mais du temps de la Restauration la façade de son château devient une copie du style Renaissance.

Dubernad vit la fin de sa vie, en grande partie retiré Montlouis-sur-loire, en Touraine, en son Château de La Bourdaisière, entouré de sa famille. Il gère ses affaires et son petit domaine de cent hectares, les vignes, le parc, les prés, les bois[49].

Le château est vendu par les héritiers de Dubernad le 5 Vendémiaire de l'An XI, (27 septembre 1802), à Joseph Angellier, ancien préfet, qui mène à La Bourdaisière une vaste campagne de restauration, parle de style grec pour le corps de logis de style Louis XVI-Directoire de Dubernad, même s'il rend hommage aux travaux de Joseph Dubernad[50].

Le Baron Angellier comble les douves, démolit les trois pont-levis et le donjon, subsistant de l’époque médiévale Il rêve de refaire les façades du château, en copiant le style Renaissance[51]. Il fait rhabiller le château Directoire d'une façade néo-renaissance[52] et même la façade du pavillon Babou ne ressemble plus à celles que l'on voit sur les gravures anciennes. Une maison de jardinier dans le domaine devient une chapelle néo-gothique.

Son fils, le baron Angellier épaule la terrasse d’un mur en briques de style Henri IV. [53]. On leur doit la plantation de magnifiques cèdres.

Très longtemps abandonnés le château et son parc sont acquis le 2 septembre 1991 par les Princes de Broglie qui font plus que les faire revivre.

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Les communs du château sont de style toscan.

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NOTES ET RÉFÉRENCES[]

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  1. Une dynastie d'architectes tourangeaux : les Jacquemin (1720-1869), bulletin de la Société archéologique de Touraine, t. XLV,‎ 1997, p. 257-280.
  2. HISTOIRE ET ÉVOLUTION AU FIL DES SIÈCLES
  3. Nicolas TOUTAIN, L’évolution du parc et du Château de la Bourdaisière du XVIe siècle à nos jours, novembre 2014.
  4. 'Une dynastie d'architectes tourangeaux : les Jacquemin (1720-1869), bulletin de la Société archéologique de Touraine, t. XLV,‎ 1997, p. 257-280.
  5. LES PLUS BEAUX CHATEAUX DE L'INDRE-ET-LOIRE
  6. APJRC, Association Parcs et Jardins Région Centre, Novembre 2014.
  7. La France du Patrimoine Mondial: Guide de voyage Les plus beaux sites classés - 2019, Jerome Sabatier.
  8. Une dynastie d'architectes tourangeaux : les Jacquemin (1720-1869), bulletin de la Société archéologique de Touraine, t. XLV,‎ 1997, p. 257-280.
  9. Une dynastie d'architectes tourangeaux : les Jacquemin (1720-1869), bulletin de la Société archéologique de Touraine, t. XLV,‎ 1997, p. 257-280.
  10. Montlouis à travers les siècles, Fernand Liaume, FeniXX. ISBN 2402266589, 9782402266581.
  11. HISTOIRE ET ÉVOLUTION AU FIL DES SIÈCLES
  12. Nicolas TOUTAIN, L’évolution du parc et du Château de la Bourdaisière du XVIe siècle à nos jours, : APJRC - Association Parcs et Jardins Région Centre Novembre 2014.
  13. Nicolas TOUTAIN, L’évolution du parc et du Château de la Bourdaisière du XVIe siècle à nos jours, : APJRC - Association Parcs et Jardins Région Centre Novembre 2014.
  14. AD d’Indre-et-Loire, E 57, 59, 60, 61
  15. Sylvie Le Clech-Charton, Chancellerie et culture au XVIe siècle : les notaires et secrétaires du roi de 1515 à 1547, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 1993, p. 104.
  16. Jean-François Solnon, Henri IV : le roi de cœur, émission Secrets d'histoire, 14 août 2012.
  17. Bulletin de la Société archéologique de Touraine, Guillaud-Verger (Tours) : 1997.
  18. Nicolas TOUTAIN, L’évolution du parc et du Château de la Bourdaisière du XVIe siècle à nos jours, : APJRC - Association Parcs et Jardins Région Centre Novembre 2014.
  19. Nicolas TOUTAIN, L’évolution du parc et du Château de la Bourdaisière du XVIe siècle à nos jours, novembre 2014.
  20. Nicolas TOUTAIN, L’évolution du parc et du Château de la Bourdaisière du XVIe siècle à nos jours, : APJRC - Association Parcs et Jardins Région Centre Novembre 2014.
  21. HOUEL Jean-Pierre-Louis-Laurent (Rouen, 1735 - Paris, 1813), Vue de Paradis près de Chanteloup
  22. HOUEL Jean-Pierre-Louis-Laurent (Rouen, 1735 - Paris, 1813), Vue de Paradis près de Chanteloup
  23. Bulletin de la Société archéologique de Touraine, Georget-Joubert (Tours) 1983.
  24. Bulletin de la Société archéologique de Touraine, Georget-Joubert (Tours) 1983.
  25. Nicolas TOUTAIN, L’évolution du parc et du Château de la Bourdaisière du XVIe siècle à nos jours, novembre 2014.
  26. Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine : par J.-X. Carré de Busserolle... Tome I Carré de Busserolle, Jacques-Xavier (1823-1904).
  27. Bulletin trimestriel de la Société archéologique de Touraine
  28. Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine : par J.-X. Carré de Busserolle,.... Tome I Carré de Busserolle, Jacques-Xavier (1823-1904).
  29. AD 37 et Carré de Busserolle Jacques Xavier, Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province... 1878, p. 349
  30. Mémoires de la Société archéologique de Touraine, t.27 (1878), p.349.
  31. Bulletin de la Société archéologique de Touraine, Guillaud-Verger (Tours) : 2010.
  32. Touchard-Lafosse Georges, Delahays Adolphe, La Loire historique, pittoresque et biographique: de la source de ce fleuve à son embouchure dans l'océan, v. 4, Nantes, Suireau, 1840-1843. p.135.
  33. Notice historique sur le château de la Bourdaisière depuis sa possession par la famille du maréchal de Boucicault Ier, au commencement du XIVe siècle, jusqu'à sa destruction en 1771 par M. le duc de Choiseul, ministre de Louis XV, Angellier, Bon. Éditeur  :  A. Mame (Tours) : 1850.
  34. Georges Touchard-Lafosse (1780 - 1847), Delahays Adolphe, La Loire historique, pittoresque et biographique: de la source de ce fleuve à son embouchure dans l'océan, v. 4, Nantes, Suireau, 1840-1843. p.135 et 136.
  35. Jean-Louis Chalmel, Histoire de Touraine depuis la conquête des Gaules par les Romains jusqu'à l'année 1790 ; suivie du dictionnaire biographique de tous les hommes célèbres nés dans cette province (1828), v.3, p.113 et 114
  36. Jean-Louis Chalmel, Histoire de Touraine depuis la conquête des Gaules par les Romains jusqu'à l'année 1790 ; suivie du dictionnaire biographique de tous les hommes célèbres nés dans cette province (1828), v.3, p.113 et 114
  37. Georges Touchard-Lafosse (1780 - 1847), Delahays Adolphe, La Loire historique, pittoresque et biographique: de la source de ce fleuve à son embouchure dans l'océan, v. 4, Nantes, Suireau, 1840-1843. p.135 et 136.
  38. Jean-Louis Chalmel, Histoire de Touraine depuis la conquête des Gaules par les Romains jusqu'à l'année 1790 ; suivie du dictionnaire biographique de tous les hommes célèbres nés dans cette province (1828), v.3, p.113 et 114
  39. Fastueux châteaux de la Loire, Jean-Baptiste Leroux, Catherine Grive, illustré par Jean-Baptiste Leroux, Petit Futé, 2009, p.60
  40. LES ORIGINES DE LA FRANC-MACONNERIE, Les Maçons Célèbres
  41. Une dynastie d'architectes tourangeaux : les Jacquemin (1720-1869), bulletin de la Société archéologique de Touraine, t. XLV,‎ 1997, p. 257-280.
  42. Nicolas TOUTAIN, L’évolution du parc et du Château de la Bourdaisière du XVIe siècle à nos jours, novembre 2014.
  43. Nicolas TOUTAIN, L’évolution du parc et du Château de la Bourdaisière du XVIe siècle à nos jours, : APJRC - Association Parcs et Jardins Région Centre Novembre 2014.
  44. Nicolas TOUTAIN, L’évolution du parc et du Château de la Bourdaisière du XVIe siècle à nos jours, novembre 2014.
  45. Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine, Tome I, Carré de Busserolle, Jacques-Xavier (1823-1904), Rouillé-Ladevèze (Tours) 1878-1884, p.349.
  46. Rambaud, Guy de, Pour l’amour du Dauphin, Anovi 2005, p.144
  47. Mémoires de la Société archéologique de Touraine, t.27 (1878), p.349.
  48. Caisso René, La vente des biens nationaux de seconde origine et les mutations foncières dans le district de Tours, 1792-1830, Bibliothèque nationale, 1977, p.81, 168, et 210.
  49. Caisso René, La vente des biens nationaux de seconde origine et les mutations foncières dans le district de Tours : 1792-1830, Documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, Département d'Indre-et-Loire, 1977, p. 210.
  50. Bulletin de la Société archéologique de Touraine, Guillaud-Verger (Tours), Éditeur  :  Georget-Joubert (Tours) 2010.
  51. LES PLUS BEAUX CHATEAUX DE L'INDRE-ET-LOIRE
  52. Bulletin de la Société archéologique de Touraine, Guillaud-Verger (Tours) : 2010.
  53. Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine : par J.-X. Carré de Busserolle,.... Tome I Carré de Busserolle, Jacques-Xavier (1823-1904).
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